Weissmies (4023m)

07 & 08 novembre 2015, Alpes pennines, Suisse

 

Itinéraire : arête sud-est

Configuration : aller-retour

Départ : Saas-Almagell

Orientation principale : sud-est

Cotation alpinisme : PD-

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2360 mètres

Fréquentation : peu fréquenté

Compagnon : ​Maxence Pioteyry

Présentation du sommet

Le Weissmies est un sommet appartenant aux Alpes pennines. Culminant à 4023 mètres, ses masses glaciaires contrastent avec l'immensité rocheuse de son voisin, le Lagginhorn. Ces deux derniers forment avec le Fletschhorn, plus haut 3000 des Alpes, un chainon montagneux à l'est de la vallée de Saas. Notre cime est un classique en termes d'alpinisme ou en ski de randonnée car son accès est grandement facilité par les remontée mécaniques. Situées sur le versant nord, elles offrent un accès direct à 3100 mètres d'altitude. Ainsi, l'ascension peut se faire un ou deux jours, en dormant à la Weissmieshütte à l’arrivée des télécabines.

 

L’arête sud-est, considérée comme l’ancienne voie normale, est peu difficile techniquement mais bien plus sauvage que le versant septentrional. Ayant de magnifiques conditions en ce mois de novembre, je propose à mon ami Maxence d’aller gravir le Weissmies par cet itinéraire. Escalader une montagne si haute en cette saison avancée serait une belle réussite. De plus, les couleurs automnales rendront surement la sortie encore plus grandiose !

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

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07 novembre 2015

 

Je gare à la voiture au petit village de Saas-Almagell, point de départ de la course. Sacs minutieusement préparés, nous partons pour le refuge d’hiver de l’Almagellerhütte, perché à 2894 mètres d'altitude. À cette période de l’année, inutile de préciser que le vrai gîte, situé juste à côté, est fermé. La première partie de la progression se déroule sur un sentier raide en lacets, surplombé par maintes cascades et sous-bois. C'est en pénétrant en forêt que je m'émerveille devant la couleur orangée des arbres, qui contraste avec la blancheur du massif enneigé des Mischabels trônant derrière nous !

 

En quittant la partie boisée, la pente devient moins raide et ce jusqu’à l’Almagelleralp, premier refuge présent sur l’itinéraire. D'ici, nous empruntons un sentier en rive droite de la vallée, variante la plus raide pour gagner de la hauteur. Les versants nord, sombres et enneigés, se différencient des adrets, secs et ensoleillés. Sur la partie supérieure de l'itinéraire, le chemin se fait de plus en plus timide. Nous rencontrons la neige en aval du refuge où nous croisons trois personnes, également originaires de Thonon-les-Bains. Ces derniers tenteront également l’ascension de l'arête sud-est du Weissmies le lendemain.

 

Nous gagnons la bâtisse d’hiver à 2890 mètres d’altitude, situé à 50 mètres du grand. Le Strahlhorn, le Rimpfischhorn, l’Allalinhorn, l’Alphubel et le massif des Mischabels trônent comme des rois plus à l'ouest. Pour ma part, une sieste s’impose avant de dîner. Au réveil, j'assiste à un coucher de soleil, faisant rosir les montagnes des alentours. En soirée, un italien et deux suisses allemands nous rejoignent au gîte. Un repas lyophilisé de plus au compteur, il est temps d'aller dormir car demain, le réveil est prévu pour cinq heures moins le quart.

 

 

08 novembre 2015

 

En plein milieu de la nuit, nous prenons un rapide petit-déjeuner avant de sortir du refuge. Le ciel grandement étoilé, présage de beau temps, nous donne une motivation sans égal pour gagner rapidement en altitude. En amont de la cabane, la neige est déjà présente sur l’itinéraire. Partant les premiers, je trace péniblement dans une neige inconsistante; parfois profonde, parfois gelée. Les températures sont basses mais l'effort fournit nous fait rapidement oublier le froid.

 

Il est six heures et demie lorsque nous atteignons le Zwischbergenpass, à 3260 mètres d'altitude. Ici, les premières lueurs du jour apparaissent à l'horizon. L'italien de la veille, nous ayant dépassé, me remercie pour la trace et prend la relève. Il est l'heure de chausser les crampons pour traverser en direction du sud-est. Un segment d'arête neigeuse doit être franchi avant de descendre sur la droite pour rejoindre le grand névé caractéristique de la course. C’est lorsque nous prenons pied sur ce dernier que le soleil fait son appareil, rendant le paysage encore plus féérique ! Certains grands lacs d’Italie sont mêmes visibles derrière nous ! La montée dans la pente de neige est raide, longue et pénible.

 

Nous rejoignons le pied de l’arête rocheuse, vers 3700 mètres d'altitude, où nous nous encordons pour progresser en toute sécurité. Le terrain est facile et peu exposé, rendant l'escalade agréable et ludique. Nous avançons à bon rythme en corde tendue, sur le fil de l'arête. À 3950 mètres, l'itinéraire redevient neigeux mais aussi plus large. Nous gravissons l'antécime du Weissmies par un court ressaut avant de traverser l'ultime arête neigeuse de la course.

 

Arrivés au sommet, nous sommes heureux d’avoir réussi ! Le panorama est à couper le souffle ! Les cimes imposantes du Mont Rose, les nombreux 4000 dominant Saas-Fee mais aussi les Alpes bernoises se dressent à l'horizon. Une pause s'impose pour contempler et savourer ces instants uniques ! Une vingtaine de minutes plus tard, nous entamons la descente jusqu'au refuge puis jusqu'à Saas-Almagell.

 

La position centrale du Weissmies en fait un belvédère magnifique sur tous les autres sommets voisins. L'arête sud-est constitue bel et bien une course splendide et facile, sûrement plus intéressante et moins fréquentée que la voie normale du versant nord !

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".