Tour Ronde & Aiguille de Toule

16 juin 2013, Mont-Blanc, France

 

Sommets gravis, voies & cotations :

  • Tour Ronde (3792m)

    • ​Face est, PD+

  • Aiguille de Toule (3534m)

    • ​Face ouest, PD

Configuration : boucle

Départ : refuge Torino

Engagement maximal : II

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 750 mètres

Compagnon : Olivier Lefez

Présentation des sommets

 

 

La Tour Ronde est une montagne localisée en plein cœur du massif du Mont-Blanc. Sa proximité avec le téléphérique italien, reliant directement Courmayeur au refuge Torino, en fait une montagne populaire. Elle offre de nombreuses voies d'ascension, variées en termes de difficultés techniques. Parmi elles, sa face nord glaciaire est réputée pour sa raideur et son esthétisme. Notre cime est également convoitée par les skieurs de pentes raides, avec entre autres son couloir Gervasutti. L'Aiguille de Toule en est un sommet voisin, plus petit.

 

La voie normale de la Tour Ronde se dessine en face est. Elle alterne passages neigeux avec de courtes portions en mixte. À la fin de d'été, lorsque la face est trop sèche, les alpinistes passent généralement par l'arête sud-est rejoignant le col Freshfield. Ce dernier se trouve également sur l'itinéraire de la voie normale, en amont du versant oriental. Après avoir gravi les Aiguilles Marbrées la veille et ayant dormi à Torino, nous tenterons avec Olivier de gravir ce sommet et de passer rapidement par celui de l'Aiguille de Toule.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Nous partons du refuge à quatre heures 50 du matin. Dehors, l'ambiance est glaciale. Nous sommes cependant déjà émerveillés du paysage alentour, visible grâce aux premières lueurs du jour. Je distingue l'impressionnante silhouette de la Dent du Géant, trônant au nord-est. Le col des Flambeaux, situé à 3407 mètres, est rapidement gagné. À 360 degrés, nous sommes cernés par les géants du massif tels le Mont Blanc, le Grand Capucin, le Tacul, l'Aiguille du Midi, l'Aiguille Verte et j'en passe !

 

La trace est correcte, malgré la grande quantité de neige encore présente à cette époque. Certaines personnes sont à pied, d’autres à skis. Lorsque le soleil se lève, nous rejoignons le pied de l’impressionnante face orientale de la Tour Ronde. Au dessus de la rimaye, la pente est raide et le soleil cogne déjà très fort, il faudra donc se dépêcher pour ne pas redescendre dans une neige trop transformée. Effectivement, l'orientation de la face en fait un itinéraire encore plus exigent sur le plan horaire.

 

Sous le col Freshfield, nous gravissons un passage neigeux incliné à 50 degrés, prisonnier entre les rochers. Une fois le col atteint, la vue sur le Mont Blanc est magnifique. Son versant italien, très sauvage est digne d'un paysage himalayen, est très impressionnant. Ses sommets voisins sont également somptueux; l'Aiguille Noire, l'Aiguille Blanche, les Dames Anglaises et le Grand Pilier d'Angle se dressent droit devant. Désormais, il ne suffit plus que de suivre une arête neigeuse, aboutissant au bastion rocheux sommital.

 

Le sommet est atteint ! Une statue de vierge y trône telle une reine, au beau milieu de ce massif si renommé. Le panorama est grandiose. Malgré le fait que nous sommes quasiment à 3800 mètres d’altitude, le Mont Blanc paraît encore très haut. L’arête Kuffner au Mont Maudit et la Pointe Androsace sont bien visibles et me donne des idées pour la suite.

 

Nous adoptons un rythme soutenu pour désescalader la face, avant qu'elle ne soit trop transformée par les chaleurs. Nous l'abordons au sud du col Freshfield, car la voie de montée est jugée périlleuse avec les conditions du jour. Il n'est cependant que huit heures du matin. 

 

Revenus à la rimaye, nous gravissons rapidement l’Aiguille de Toule par sa face ouest. La pente de neige est raide et le dénivelé s'avale rapidement. Nous revenons ensuite par sa face et son col orientaux jusqu'au refuge Torino, avant de retrouver la civilisation grâce au téléphérique de la Pointe Helbronner.

 

La Tour Ronde est un véritable belvédère sur l'ensemble des sommets du massif. De par sa proximité avec le refuge Torino, il est facile de la gravir sans trop d'effort physique par sa voie normale. Il est cependant nécessaire de partir tôt, afin de minimiser les risques.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".