Tête de la Cicle (2552m)

25 janvier 2019, Beaufortain, France

 

Itinéraire : couloir ouest

Configuration : boucle

Départ : Notre-Dame-de-la-Gorge

Orientation principale : ouest

Cotation descente : 4.1

Exposition : 2

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2000 mètres

Fréquentation : assez fréquenté

Compagnon : Aurélie Dirickx

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Trifthorn est un sommet appartenant aux Alpes pennines, en Suisse. Il est situé sur l'arête reliant le Zinalrothorn au nord de l'Ober Gabelhorn, deux 4000 appartenant à la Couronne Impériale de Zinal.

En hiver, la montagne se fait beaucoup plus sauvage. Son tour constitue une magnifique balade en ski de randonnée, alors que sa face sud offre des itinéraires propices à la pente raide. La Dent d'Oche propose également son couloir du Pierrier, parallèle à la voie normale d'été. Il s'agit d'un itinéraire relativement soutenu, offrant une inclinaison de 45 degrés. Voulant profiter des bonnes conditions de neige, je propose à mon collègue Guillaume de m'accompagner, afin de découvrir ces lieux en plein mois de février.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve Gabriel et Matthieu à Montmélian, peu avant six heures du matin. Nous co-voiturons jusqu'aux Échines Dessus, sur les hauteurs de Bourg-Saint-Maurice. Prêts à en découdre, un portage d'une dizaine de minutes s'impose avant de chausser sur une longue route enneigée, appelée le "Grand Replat". Skis aux pieds, les hameaux de Mineurville et de Grandville sont successivement traversés, alors que les températures grimpent déjà en flèche.

En laissant l'esthétique fort de la Platte plus à l'est en amont, nous prenons de la hauteur sur de grands alpages, vierges de toutes traces. C'est au lieu-dit des Orgières que le Roignais apparait, avec son impressionnante face est-sud-est. Le chalet du Four est rejoint, après avoir parcouru une bonne distance. Il est désormais temps de descendre dans le vallon du Nant Blanc, puis de le remonter en direction du nord-ouest. Gabriel, en forme aujourd'hui, passe devant et trace l'itinéraire, sous une chaleur limite soutenable. Nous passons sur une esthétique crête enneigée, où un déchaussage s'avère obligatoire.

 

Un cirque, délimité par le Roignais et la Pointe de Combe Neuve, est gagné. À gauche, le magnifique couloir nord-est se dévoile. Sceptiques quant aux conditions nivologiques, nous serons prudents pour le reste de l'ascension. Quelques conversions plus tard, il est l'heure de fixer les skis aux sacs et de chausser les crampons. Je relaie mon collègue pour tracer et décide de rester proches des rochers, en rive gauche du couloir, où les accumulations de neige sont moins importantes. La partie supérieure est plus raide et plus technique, où le piolet n'est pas un luxe.

Je sors à la brèche et retrouve le soleil, en attendant quelque peu mes collègues. Une fois l'équipe au complet, Matthieu décide de s'arrêter là. Je suggère à Gabriel de me suivre, sur l'arête finale. Quelques pas d'escalade faciles et courtes traversées neigeuses résument parfaitement cette ultime étape. Il est cependant nécessaire de se concentration car la qualité du rocher est douteuse et l'exposition est parfois non négligeable.

Le sommet du Beaufortain est rejoint, la vue y est magnifique ! Seuls au monde, nous sommes littéralement écrasés par le massif du Mont-Blanc, trônant plus au nord. Au sud-est, c'est le Mont Pourri et la Vanoise qui font face alors qu'au sud-ouest, les Écrins découpent l'horizon au loin. La Pierra Menta, sommet emblématique du secteur, apparait timidement plus à l'ouest.

Quelques photos plus tard, nous désescaladons prudemment l'arête. Retrouvant Matthieu, nous chaussons les skis puis descendons à tour de rôle le couloir nord-est. Le haut est en poudre tassée, alors que le bas est moyennement fourni et est ponctué de cailloux. Nous descendons jusqu'à environ 2300 mètres, où Gabriel propose de remonter au col de la Leisette. En effet, nous sommes contraints dans tous les cas de regagner en hauteur pour retrouver le chemin de l'aller.

 

La montée est douloureuse et la chaleur s'est amplifiée. Une petite heure plus tard, nous arrivons au col puis skions jusqu'au fort de la Platte, sur une neige transformée. Le Grand Replat est rejoint au niveau du hameau de Mineurville, suite à quelques déchaussages obligatoires dus au manque de neige.

Le Roignais est sauvage et se mérite, surtout en hiver. L'approche est longue et l'orientation sud nécessite de partir tôt, afin de profiter des températures matinales. Le final sur l'arête donne un caractère alpin à la sortie.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".