Strahlhorn (4190m)

22 mars 2016, Alpes pennines, Suisse

 

Itinéraire : arête ouest-nord-ouest

Configuration : aller-retour

Départ : Felskinn

Orientation principale : nord-ouest

Cotation descente : 2.3

Exposition : 1

Place dans la cordée : en second

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1320 mètres

Compagnon : Quentin Butin

Présentation du sommet

 

 

Le Strahlhorn est un sommet glaciaire trônant à l'est des Alpes pennines, atteignant quasiment les 4200 mètres d'altitude. Situé à proximité de la frontière italienne, il est dressé à mi-chemin entre les massifs du Mont Rose et des Mischabels. Grâce à ses pentes douces, le géant helvétique est très accessible sur le plan techniquement. Ainsi, il est souvent gravi en guise de premier 4000 par les alpinistes débutants. Le Strahlhorn possède deux voies normales, se rejoignant à l'Alderpass, col perché à 3789 mètres.

 

La plus fréquentée des deux commence de la station de Saas Fee et passe par la Britanniahütte, construite à 3030 mètres. Grande classique en termes de ski-alpinisme, cette dernière consiste à remonter le long de l'Allalingletscher, avant de s'élever sur les flancs nord de la montagne. Ayant gravi l'Alphubel la veille avec Quentin, nous désirons conclure ces deux jours de beau temps par cet itinéraire réputé magnifique.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Suite à l'ascension de l’Alphubel et d’une courte nuit à la Britanniahütte, nous nous réveillons le lendemain à plus de 3000 mètres d’altitude. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous sortons sur la terrasse panoramique du refuge, le ventre plein. Il est six heures du matin et l’obscurité totale commence à faiblir à l’horizon, le spectacle est grandiose !

 

Skis aux pieds, nous entamons par 120 mètres de descente et gagnons l'Hohlaubgletscher, situé en aval. C’est à cet instant que je constate l’existence d’un vent du nord plutôt saisissant ! Rapidement, les peaux de phoques sont fixées aux skis, il est l’heure de gagner en hauteur.

 

Plus au sud-ouest, nous rejoignons l’Allalingletscher, long et plat. La progression est ici bien plus rapide, facile et agréable à skis sur un terrain enneigé qu’à pieds l’automne ! Effectivement, je m’étais rendu à l’Allalinpass quatre mois auparavant et l’avancée était nettement plus laborieuse !

 

Un lever de soleil somptueux compose la suite de cette matinée magique. Les rois du secteur, le Strahlhorn et le Rimpfischhorn s’embrasent déjà ! Nous laissons l’imposante muraille rocheuse de ce dernier et prenons la direction de l’Alderpass. C’est à cet endroit où nous cogitons, à l’abri du terrible vent, à la suite de l’ascension.

 

Une trentaine de minutes s’écoule lorsque nous prenons la décision de continuer. En gagnant le début de l’arête ouest-nord-ouest, la pente se raidit et la neige devient dure. Les skis sont troqués contre les crampons, pour une marche plus efficace. Le terrain glaciaire s’adoucit et suite à une lutte acharnée avec le vent et le froid, le sommet se dessine droit devant !

 

Cinquante mètres sous la croix sommitale, nous laissons les sacs à dos puis gagnons le point culminant du Strahlhorn ! La vue sur le Cervin et sur l’ensemble du Mont Rose est magique et à cette altitude, je remarque que les nuages remontent rapidement. L'ambiance est magique mais trainer ici pourrait devenir problématique concernant l'orientation pour la descente.

 

Quelques photos plus tard, nous retrouvons les skis puis descendons prudemment en évitant les nombreuses crevasses. Sur le chemin du retour, un bon nombre d’alpinistes ayant abandonné à cause des conditions extrêmes reviennent au refuge. De retour sur l’Hohlaubgletscher, nous remontons péniblement à la Britanniahütte, avant de rejoindre l’immense domaine skiable de Saas Fee.

 

Cette ascension, bien que souvent fréquentée, reste un must en termes de ski-alpinisme ! La configuration du Strahlhorn se prête parfaitement à cette pratique et réserve des points de vue incroyables sur l’ensemble des montagnes du Valais !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".