Pigne, Serpentine & Luette

08 & 09 mai 2014, Alpes pennines, Suisse

 

Sommets gravis, voies & cotations : 

  • Pigne d'Arolla (3796m)

    • ​Traversée Vignettes >> cabane des Dix, 3.1

  • Serpentine (3789m)​

    • Face nord, 4.3

  • Luette (3548m)

    • ​Voie normale, 2.2

Configuration : boucle

Départ : Arolla

Exposition maximale : 2

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1500 mètres

Compagnon : Boris Pivaudran

 

 

 

Présentation des sommets

 

 

Le Pigne est un sommet des Alpes pennines, dominant la station suisse d'Arolla. Il est très convoité par les skieurs de randonnée et constitue également la plus haute dépose d'héliski autour de Verbier. Il est facilement reconnaissable grâce à sa face nord imposante, offrant un itinéraire de ski de pente raide. Sa voisine moins connue, la Serpentine se situe légèrement au sud-ouest et est également une cime propice aux sports de glisse. Concernant la Luette, il s'agit d'une montagne moins haute, en amont de la cabane des Dix. Celle-ci trônant au nord-ouest des deux autres monts cités précédemment.

 

Initialement partis pour faire le Mont Blanc à ski avec Boris, le vent et les risques d’avalanches élevés nous ont poussé à partir du côté d’Arolla où les conditions sont a priori meilleures. C’est donc à Chamonix que nous décidons de changer de destination sans vraiment avoir d’idées précises en tête. Je propose à mon ami, venu de Paris, d'aller gravir le Pigne d’Arolla et d'enchainer le lendemain sur d'autres sommets, en dormant à la cabane des Vignettes. C'est donc à l'improviste que nous irons esquisser notre chemin dans ce vaste univers de neige et de glace.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

08 mai 2014

 

Nous arrivons à Arolla vers midi, où la vue sur le Mont Collon est d'ores et déjà magnifique. Très vite, nous découvrons l’objectif du lendemain, le Pigne. Le fait de dormir à la cabane des Vignettes me fait plaisir car cet endroit me rappelle ma première expérience en haute montagne, lorsque j’avais réalisé une partie de la fameuse traversée Chamonix-Zermatt en juillet 2010.

 

L'itinéraire débute en suivant les téléskis puis vers 2200 mètres d'altitude, il est nécessaire de se diriger au sud en suivant une moraine dominée par le glacier de Pièce. Lorsque nous prenons pied sur ce dernier, nous passons à proximité du Pigne d'Arolla où un sérac se décroche de la face nord, beau spectacle ! La pente devient de plus en plus prononcée au fur et à mesure que l'on s'approche du refuge, perché sur le col éponyme.

 

La bâtisse est gagnée peu de temps plus tard. Le réveil est réglé à six heures et demi du matin, une grasse matinée en montagne ! L'objectif du lendemain est de gravir le plus de sommets possibles, en commençant par le plus haut, le Pigne.

 

 

09 mai 2014

 

L'alarme sonne. Nous déjeunons rapidement puis sortons de l'esthétique cabane. Dehors, le mauvais temps règne et la neige tombe. Aujourd'hui, Boris et moi sommes les seuls à partir en direction du Pigne. Mon collègue passe devant moi et arrive à nous guider, malgré une visibilité plus que médiocre. Depuis le col des Vignettes, nous bifurquons au nord-ouest. En plein dans les nuages, nous atteignons un vaste col situé entre les cimes nord et sud du Pigne. La visibilité devient de mieux de mieux lorsque nous gravissons la dernière pente en aval du sommet septentrional, le plus haut. 

 

Une fois en haut, seuls les plus hauts sommets helvétiques tels que la Dent Blanche, le Cervin et le Weisshorn émergent du brouillard. Le vent est violent et nous pousse à nous remettre rapidement en activité. Nous revenons sur nos pas puis empruntons une petite arête neigeuse pour atteindre le sommet méridional. Une fois traversée, nous descendons skis aux pieds en direction de la Serpentine, toute proche.

 

Le deuxième mont coché, nous skions la face nord de la Serpentine, raide et gelée par endroit. L’imposant versant septentrional du Mont Blanc de Cheilon se dévoile sur notre gauche et apparait comme une immense pyramide rocheuse. Nous nous engageons dans un vallon en direction de la cabane des Dix qui s'avère être une impasse. En effet, une barre rocheuse de plus de 60 mètres nous attend en contre-bas. Boris, qui est devant moi, s’est arrêté pile devant et m’affirme qu'il faut tout remonter. Il est donc temps de mettre les skis sur le dos et de rejoindre le bon chemin, en brassant dans une neige profonde.

 

Sortis de cette galère, nous entamons une traversée pour rejoindre la bonne rive du glacier de Tséna Refien. Nous apercevons le refuge mais décidons d’enchainer avec la Luette. C'est à cet instant que je propose à Boris de dormir aux Dix, ce qui nous permettra de faire le Mont Blanc de Cheilon le lendemain.

 

La dernière montée est éprouvante pour moi, avec la journée que nous avons passée. En remontant le glacier éponyme, nous sommes rejoint à nouveau par le brouillard. 

 

Le troisième sommet est sous nos pieds ! Nous gagnons la cabane en skiant la voie normale de la Luette où nous apercevons nos traces qui se sont arrêtées juste avant la barre rocheuse ! Repos et ravitaillement résument le programme du soir.

 

Trois beaux sommets ont été gravis ! Lorsque les jours sont longs, au printemps, cet enchainement est idéal pour être en altitude et pour profiter d'un panorama grandiose !

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".