Roignais (2995m)

18 février 2017, Beaufortain, France

 

Itinéraire : couloir nord-est

Configuration : boucle

Départ : les Échines-dessus

Orientation principale : nord-est

Cotation descente : 4.1

Exposition : 2

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2000 mètres

Compagnons :

  • Matthieu Pichet

  • Gabriel Voisin

 

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Roignais trône en plein cœur du département de la Savoie et domine la ville de Bourg-Saint-Maurice. Il constitue le point culminant du massif du Beaufortain, atteignant presque les 3000 mètres d'altitude. Malgré ce statut, il s'agit d'une montagne méconnue et délaissée par le grand public, se faisant régulièrement voler la vedette par le Grand Mont d'Arêches ou encore la Pierra Menta. Sa face est-sud-est offre un itinéraire de ski de pente raide, rarement en condition.

 

Le couloir nord-est représente la voie normale de la cime. En été, il s'agit d'une randonnée alpine très instable, de par la qualité médiocre de la roche. En hiver, l'itinéraire devient une longue ascension, propice au ski de randonnée. D'une approche longue et soutenue, elle continue par l'ascension du couloir proprement dit et se conclut sur une arête. Je propose à Gabriel de m'accompagner sur ce sommet, qui propose lui-même à son ami Matthieu.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve Gabriel et Matthieu à Montmélian, peu avant six heures du matin. Nous co-voiturons jusqu'aux Échines Dessus, sur les hauteurs de Bourg-Saint-Maurice. Prêts à en découdre, un portage d'une dizaine de minutes s'impose avant de chausser sur une longue route enneigée, appelée le "Grand Replat". Skis aux pieds, les hameaux de Mineurville et de Grandville sont successivement traversés, alors que les températures grimpent déjà en flèche.

En laissant l'esthétique fort de la Platte plus à l'est en amont, nous prenons de la hauteur sur de grands alpages, vierges de toutes traces. C'est au lieu-dit des Orgières que le Roignais apparait, avec son impressionnante face est-sud-est. Le chalet du Four est rejoint, après avoir parcouru une bonne distance. Il est désormais temps de descendre dans le vallon du Nant Blanc, puis de le remonter en direction du nord-ouest. Gabriel, en forme aujourd'hui, passe devant et trace l'itinéraire, sous une chaleur limite soutenable. Nous passons sur une esthétique crête enneigée, où un déchaussage s'avère obligatoire.

 

Un cirque, délimité par le Roignais et la Pointe de Combe Neuve, est gagné. À gauche, le magnifique couloir nord-est se dévoile. Sceptiques quant aux conditions nivologiques, nous serons prudents pour le reste de l'ascension. Quelques conversions plus tard, il est l'heure de fixer les skis aux sacs et de chausser les crampons. Je relaie mon collègue pour tracer et décide de rester proches des rochers, en rive gauche du couloir, où les accumulations de neige sont moins importantes. La partie supérieure est plus raide et plus technique, où le piolet n'est pas un luxe.

Je sors à la brèche et retrouve le soleil, en attendant quelque peu mes collègues. Une fois l'équipe au complet, Matthieu décide de s'arrêter là. Je suggère à Gabriel de me suivre, sur l'arête finale. Quelques pas d'escalade faciles et courtes traversées neigeuses résument parfaitement cette ultime étape. Il est cependant nécessaire de se concentration car la qualité du rocher est douteuse et l'exposition est parfois non négligeable.

Le sommet du Beaufortain est rejoint, la vue y est magnifique ! Seuls au monde, nous sommes littéralement écrasés par le massif du Mont-Blanc, trônant plus au nord. Au sud-est, c'est le Mont Pourri et la Vanoise qui font face alors qu'au sud-ouest, les Écrins découpent l'horizon au loin. La Pierra Menta, sommet emblématique du secteur, apparait timidement plus à l'ouest.

Quelques photos plus tard, nous désescaladons prudemment l'arête. Retrouvant Matthieu, nous chaussons les skis puis descendons à tour de rôle le couloir nord-est. Le haut est en poudre tassée, alors que le bas est moyennement fourni et est ponctué de cailloux. Nous descendons jusqu'à environ 2300 mètres, où Gabriel propose de remonter au col de la Leisette. En effet, nous sommes contraints dans tous les cas de regagner en hauteur pour retrouver le chemin de l'aller.

 

La montée est douloureuse et la chaleur s'est amplifiée. Une petite heure plus tard, nous arrivons au col puis skions jusqu'au fort de la Platte, sur une neige transformée. Le Grand Replat est rejoint au niveau du hameau de Mineurville, suite à quelques déchaussages obligatoires dus au manque de neige.

Le Roignais est sauvage et se mérite, surtout en hiver. L'approche est longue et l'orientation sud nécessite de partir tôt, afin de profiter des températures matinales. Le final sur l'arête donne un caractère alpin à la sortie.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".