Rimpfischhorn (4199m)

07 & 08 août 2016, Alpes pennines, Suisse

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : Täschalp

Orientation principale : nord-ouest

Cotation alpinisme : PD

Engagement : II

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2000 mètres

Compagnon : Fabien Lefaix

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Rimpfischhorn est un sommet de plus de 4000 mètres des Alpes pennines, proche de la frontière séparant la Suisse de l'Italie. Appartenant au massif des Mischabels, son arête sommitale dentelée lui donne un caractère et une allure uniques. La montagne possède deux sommets distincts, séparés par le Rimpfischsattel. Le point culminant, rocheux et marqué d'une croix métallique, est en général gravi l'été alors que le sommet d'hiver, entièrement glaciaire, constitue souvent l'objectif des skieurs de randonnée.

 

La cime propose deux voies normales, l'une partant de la Britanniahütte et l'autre de la Täschhütte. Les deux itinéraires offrent un magnifique parcours glaciaire, suivi d'une courte escalade mixte et exposée. Ayant fait demi-tour en octobre dernier, il est temps de reprendre ma revanche par le versant qu'il m'était inconnu jusqu'à présent, celui donnant sur Zermatt. Je propose à un nouveau compagnon de cordée, Fabien, d'aller dormir à la Täschhütte puis de tenter le sommet le lendemain.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

07 août 2016 

 

Ayant retrouvé Fabien chez moi à Thonon-les-Bains, nous co-voiturons jusqu'à Täschalp, petit hameau perché à 2200 mètres d'altitude. La première journée se résume à une très courte marche menant à la Täschhütte, cabane située à seulement 500 mètres en amont. Une large piste nous y mène, nous jouissons d'ores et déjà d'une vue incroyable sur le Zinalrothorn et le Weisshorn.

Peu de temps s'écoule lorsque nous arrivons au refuge. Entièrement rénové, nous profitons de l'après-midi pour siester et admirer la vue panoramique que nous offre la terrasse. Le coucher de soleil sur le Rimpfischhorn marque la fin de cette agréable journée et nous rappelle que nous devons aller dormir, la journée du lendemain promet d'être longue.

08 août 2016

 

À trois heures du matin, le réveil sonne. Un petit déjeuner consistant est vite avalé, il est déjà temps de se mettre en route. Sortis du refuge, nous suivons un sentier partant au sud-est, se redressant de plus en plus. Nous remontons ensuite le vallon discret de Chummibodmen, guidés par un cours d'eau qui serpente entre les rochers. De nuit, l'orientation n'est pas facile mais nous arrivons tout de même à rejoindre l'Alphubelgletscher, vers 3300 mètres. Revenus sur le caillou, nous perdons environ 140 mètres par une sente raide et poussièreuse, heureusement marquée de cairns. 

On prend désormais pied sur le Mellichgletscher, où nous laissons au nord le magnifique sommet de l'Alphubel. Le lever de soleil est absolument splendide, le Cervin et le Weisshorn captant en premier les rayons de soleil. De nombreuses crevasses sont évitées, au fur et à mesure que nous nous approchons de notre objectif. Un éperon issu de la face nord-ouest, avant de rejoindre le Rimpfischsattel, col perché à environ 4000 mètres d'altitude. Les vents sont puissants et les températures glaciales.

Nous raccourcissons la corde puis attaquons un raide couloir neigeux à l'est. À son sommet, nous bifurquons à gauche puis débutons les difficultés rocheuses. Au départ modérées, elles se corsent petit à petit. Alternances entre pentes de neige et murs rocheux résument parfaitement ce final alpin. La fine arête sommitale est gagnée, il ne nous reste plus qu'à franchir un dernier ressaut facile.

Le sommet, très étroit et marqué d'une croix métallique, est enfin sous nos pieds ! La vue y est sublime, nous voyons absolument toutes les cimes voisines. Le Strahlhorn, se dressant légèrement à l'est, me rappelle la belle ascension que j'avais réalisée à ski de randonnée, quatre mois auparavant.

 

Quelques dizaines de minutes plus tard, nous entamons la descente exposée par quelques pas de désescalade. Afin d'être les plus prudents possibles, nous décidons de faire des rappels. Revenus au couloir neigeux, une énorme pierre tombe sur ma corde et la sectionne en quatre. Au Rimpfischsattel, chanceux dans notre malchance de ne pas avoir été blessés, je coupe un brin de 25 mètres afin de pouvoir retraverser le glacier en toute sécurité.

Le retour promet d'être long et cuisant, surtout sur le glacier où les crevasses sont nombreuses et les ponts de neige ramollis par les températures élevées. Revenus sur un sol plus sûr, il est nécessaire de remonter la sente poussiéreuse descendue de nuit ce matin, l'effort est rude...

Le Rimpfischhorn est un 4000 à gravir absolument. Approche glaciaire et courte escalade intéressante, il offre toutes les facettes de l'alpinisme, dans un niveau de difficulté abordable.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".