Pointe de Chaborgne (2754m)

28 janvier 2018, Mont-Blanc, France

 

Itinéraire : couloir nord

Configuration : aller-retour

Départ : les Contamines, la Frasse

Orientation principale : nord

Cotation descente : 4.2

Exposition : 2

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1490 mètres

Compagnons :

  • Geoffroy Bonnet

  • Raphaël Salomon

Présentation du sommet

La Pointe de Chaborgne est un sommet atteignant les 2754 mètres d'altitude, appartenant à la partie sud-ouest du massif du Mont-Blanc. Elle est dominée de près par l'imposante Aiguille de la Bérangère, connue pour être l'une des composantes de la traversée mythique des Dômes de Miage. En été, notre montagne ne propose aucune randonnée agréable et notable. En hiver cependant, cette dernière offre de nombreuses lignes skiables, dominant l'esthétique combe d'Armancette.

Parmi elles, son couloir nord est la plus remarquable. D'une hauteur d'environ 450 mètres et incliné à plus de 40 degrés en moyenne; cet itinéraire est devenu un classique du val Montjoie. Par ailleurs, c'est le seul qui aboutit véritablement sur le point culminant en question. Ayant un magnifique créneau météo annoncé; je propose cette sortie à mes amis Geoffroy et Raphaël. Nous profiterons ainsi des bonnes conditions nivologiques actuelles.

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve Geoffroy devant chez lui, à proximité de l'agglomération d'Annemasse. Quarante minutes plus tard, Raphaël entre en jeu à Marigner et nous amène à la Frasse, sur les hauteurs des Contamines-Montjoie. Dès le parking, la vue sur le Mont Joly est somptueuse. Skis aux pieds, nous débutons notre ascension, grandement motivés par la météo du jour. Le départ est donné peu après huit heures du matin, sous un ciel d'un bleu immaculé.

 

Les premiers mètres de dénivelé s'effectuent sur le chemin agréable de la Côte d'Auran. L'enneigement se fait continu, excepté sur quelques courtes portions en forêt. Vers 1500 mètres, nous dépassons les chalets d'Armancette, légèrement masqués par les arbres. En amont, c'est le lac éponyme qui est rejoint, invisible à cette période de l'année. C'est ici que nous rencontrons trois randonneurs à ski, également en quête de pentes.

 

Plein sud, nous nous élevons dans la combe d'Armancette, où le terrain se raidit de plus en plus. Le manteau neigeux, sur lequel nous progressons actuellement, a reçu la pluie des jours précédent. Il est ainsi gondolé, le rendant très esthétique. Face à nous, les nombreuses lignes skiables du secteur strient les cimes, dont le couloir nord convoité. En visuel donc, nous nous dirigeons sans mal en direction de celui, en enchainant les conversions.

 

Le pied de l'itinéraire est rejoint. Les conditions de neige étant très bonnes, nous gardons les skis aux pieds malgré la pente notable. Ainsi, nous prenons de la hauteur dans ce toboggan neigeux, coincé entre deux éperons rocheux. Heureux de limiter le portage au maximum, nous faisons une petite pause à mi-couloir. Protégés d'éventuelles coulées par une barre rocheuse en amont, nous mangeons et buvons rapidement.

Plus haut, la pente se fait trop importante pour garder les skis aux pieds. Nous les troquons donc avec les crampons. La section la plus raide, inclinée à 45 degrés environ, est surmontée facilement. Plus haut, le terrain se fait soutenu mais légèrement moins raide. Il est nécessaire de continuer tout droit, puis de traverser le couloir par la droite.

 

Ainsi, le col 2730 est sous nos pieds. Enfin au soleil, la vue se dégage significativement vers le Beaufortain et la Vanoise. Tout proche, légèrement au sud-ouest, se dresse notre sommet. D'ici, il apparait comme une petite proéminence neigeuse. Nous remettons les skis aux pieds et traversons un segment d'arête neigeux, large et facile. S'en suit l'ultime ressaut, où il est nécessaire de faire quelques conversions techniques, avant d'en finir définitivement.

Le sommet de la Pointe de Chaborgne est sous nos pieds ! Au nord-ouest, nous profitons d'une vue aérienne sur la vallée de l'Arve, emprisonnée de part et d'autre par les massifs des Aravis à sa gauche, et celui du Haut Giffre à sa droite. Bien plus proche de nous, au nord-est, ce sont les masses imposantes de l'Aiguille de Bionnassay, des Dômes de Miage et de l'Aiguille de la Bérangère qui trônent. Quand au sud, c'est le Beaufortain et la Savoie qui découpent l'horizon. Au premier plan, les Aiguilles de la Pennaz s'y dressent tout particulièrement.

Prêts à descendre, nous revenons au col 2730, avant de basculer un par un dans le toboggan neigeux à notre gauche. Ce dernier alterne les passages de poudre tassée avec des sections en neige plus dure. Cependant aujourd'hui, rien n'est à jeter dans ce beau couloir. Raphaël, comme à son habitude, franchit les difficultés en télémark. La partie la plus raide, quelque peu étroite, est négociée sans souci par chacun. S'en suit la partie inférieure de la ligne, offrant de la neige fraichement tombée.

Le couloir derrière nous, la combe se fait cependant infâme à descendre. Nous sommes passés d'une neige froide et poudreuse à une croûte inskiable. En forêt, le terrain ne se fait guère meilleur. Je décide même de déchausser à quelques endroits, allant plus vite à pied qu'à ski. Malgré ce terrain chaotique, le parking est vite rejoint, sourires aux visages. 

Le couloir nord de Chaborgne constitue une magnifique sortie. L'approche paisible précède la longue montée de la combe puis de l'itinéraire lui-même. S'en suit un final très esthétique, sur un segment d'arête très facile.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".