Pleureur (3704m)

05 septembre 2018, Alpes pennines, Suisse

 

 

Itinéraire : par la Grande Ashle

Configuration : aller-retour

Départ : Mauvoisin

Orientation principale : sud-ouest

Cotation randonnée : T5

Dénivelé positif : 1900 mètres

Conditions rencontrées : bonnes

Fréquentation : non fréquenté

Compagnon : Gilles Caldor

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Pleureur est un sommet appartenant au massif des Alpes pennines, en Suisse. Il est perché entre le val de Bagnes et le val des Dix, dominant dignement le barrage de Mauvoisin. La construction marque d'ailleurs le terminus de la première vallée citée. En outre, elle représente le plus haut barrage voûte d'Europe, avec ses 250 mètres de hauteur. La cime suisse susmentionnée peut être gravie par le nord. Il s'agit d'une course d'alpinisme facile, où il est possible de dormir au bivouac des Pantalons Blancs.

 

Sa voie normale consiste à partir de Mauvoisin. Elle est réputée pour être l'une des plus hautes ascensions des Alpes, dénuée de terrain glaciaire. Il s'agit d'une longue randonnée en altitude, se déroulant dans un environnement exposé et délité. Recherchant un compagnon pour cette excursion, je contacte Gilles, montagnard avec qui j'ai échangé sur Internet et par téléphone. Nous nous retrouverons ce mercredi, afin de profiter du beau temps et de tenter de gravir le Pleureur.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

Je rencontre Gilles à Martigny. Après avoir fait rapidement sa connaissance, nous partons à deux voitures en direction du val de Bagnes. Effectivement, le co-voiturage depuis ici s'avère compromis, toutes les places de parking étant privées. Je laisse donc mon véhicule plus loin, au niveau du hameau de Lourtier. Ensemble, nous gagnons le fond de vallée, vers 1850 mètres d'altitude. Les préparatifs sont réalisés sous des températures relativement basses.

 

Prêts à en découdre, le départ est donné vers les huit heures. Premièrement, nous suivons les indications pour le barrage, en empruntant un sentier qui se dessine au milieu d'un alpage. Celui-ci rejoint la route menant à l'édifice, interdite au public. Au pied de l'immense construction, nous entrons dans sa première galerie d'accès. Elle est défendue par une petite porte, puis par un tourniquet automatique de sécurité. À l'intérieur, une longue montée froide et humide nous fait face. Des photos historiques sont accrochées sur les murs, relatant la naissance du barrage. Plus haut, nous rencontrons des statues d'ouvriers, très réalistes. J'ai l'impression d'être dans un musée, drôle d'ambiance !

Nous ressortons dehors, pour re-rentrer aussitôt dans une seconde galerie. Elle accueille un large chemin goudronné, conduisant à la gigantesque retenue d'eau. De nouveau à l'air libre, le lac de Mauvoisin fait sa grandiose apparition, au sud. Au loin, j'admire le Mont Gelé. Désormais, il faut traverser le barrage pour gagner la rive orientale du bassin d'altitude. S'en suit une série de tunnels. À la sortie du troisième, une vieille échelle sur notre gauche doit être empruntée. Plus haut, nous traversons une belle terrasse, précédant une seconde échelle à gravir.

 

Je découvre la très belle vire caractéristique, plus au sud. Cette dernière, fine et exposée, est sécurisée par des câbles. Elle donne accès à une croupe herbeuse suspendue, offrant de nombreux lacets à surmonter. Elle est dominée en amont à l'est, par la cascade du Gietro. Ce cours d'eau est issu du glacier éponyme, trônant dignement plus haut. Vers 2500 mètres, nous rencontrons un croisement de chemins. En optant pour celui de gauche, nous nous dirigeons en direction du nord-ouest. Dix minutes plus tard, je me rends compte que ce n'est pas le bon itinéraire. Revenus au croisement, il est nécessaire de prendre plus de hauteur. Au pied d'une imposante barre rocheuse, il faut la suivre par le nord.

Le premier passage câblé, permettant de franchir le mur rocheux, est enfin cerné ! Très raide et glissante, cette section doit être négociée avec prudence. En amont, nous trouvons un sentier facile, menant à un second passage câblé. Le terrain redevient ensuite plus facile. Quelques instants plus tard, nous faisons face à une échelle suspendue de 12 mètres, à éviter par la droite. L'environnement se fait de plus en plus minéral, les végétaux se faisant de plus en plus rares.

 

Nous atteignons la désagréable moraine du Giétro. Nous la suivons pendant un bon moment, tout en prenant notre mal en patience. Elle aboutit sur un replat, faisant face à un grand pierrier. Une halte s'avère nécessaire, afin de photographier les cimes voisines. À ma droite, je reconnais le Mont Blanc de Cheilon et la magnifique Ruinette, que j'avais atteints il y a quelques temps. Plus au nord, je distingue une sente marquée, menant sur l'arête sud-ouest du Pleureur. Nous progressons en serpentant sur un terrain très raide et délité. Nombreuses sont les pierres qui tombent sous nos pieds. La Grande Ashle, antécime du Pleureur, est contournée sur sa droite. Nous arrivons à une brèche, équipée d'une caméra.  

 

À environ 3200 mètres d'altitude, une pause s'impose sur le début de l'arête sud-ouest. Après avoir mangé et bu, il est temps d'affronter l'ultime obstacle de la journée. Prudemment, nous remontons l'arête, en contournant les principaux ressauts par la droite. La roche pourrie et l'exposition de certains endroits imposent une grande concentration. Plus haut, perchés sur un beau gendarme, des bouquetins se reposent et nous observent. Le spectacle est grandiose ! Sur la partie supérieure de l'arête, le terrain se redresse. Quelques pas d'escalade faciles s'imposent, et aboutissent à une section bien plus facile, à flanc de falaise. Il s'agit de la porte d'accès au plateau sommital. Ce dernier accueille l'extrémité sud-ouest du glacier du Pleureur.

Le large sommet de la montagne, matérialisé par une petite croix métallique, est enfin sous nos pieds ! Au nord, la vue sur le val de Bagnes est très aérienne ! Au sud, les nuages entravent malheureusement le panorama. Par temps dégagé, les lieux doivent tout simplement être grandioses. Nous mangeons et buvons, avant de s'asseoir un bon moment. Il est primordial de se reposer un peu, avant d'attaquer le très long retour à la civilisation.

Après avoir profité du point culminant pendant vingt minutes, il est temps d'entamer le retour. L'arête sud-ouest est retraversée dans le sens opposé. Nous devons être encore plus attentif qu'à la montée. D'ici, le lac de Mauvoisin apparait bien petit devant nous. S'en suit le contournement de la Grande Ashle, puis la descente exigeante jusqu'à la moraine du Giétro. Successivement, nous retrouvons la partie équipée en mains courantes, la vire sécurisée, le barrage, les traversée des tunnels et les galeries.

Le Pleureur se mérite vraiment. L'ascension jusqu'à son point culminant est très longue et possède de nombreux obstacles. C'est une randonnée à haute altitude, technique et parfois exposée sur l'arête. La qualité exécrable de la roche demande une attention perpétuelle, surtout sur la partie supérieure de l'itinéraire.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".