Pic de Jallouvre & Pointe Blanche

03 novembre 2017, Bornes/Aravis, France

 

Sommets gravis, voies & cotations :

  • Pic de Jallouvre (2408m)

    • via ferrata, TD- >> arête des Bouquetins, PD​

  • Pointe Blanche (2438m)

    • voie normale, T4​

Configuration : boucle

Départ : chalets de Cuillery

Engagement : I

Orientation principale : sud-est

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1200 mètres

Compagnon : Robin Marquis

Présentation des sommets

 

 

Le Pic de Jallouvre est un sommet appartenant au massif des Bornes, et plus précisément à la chaine du Bargy. Connu pour ses nombreux itinéraires de randonnée et d'escalade l'été, il offre également de belles pentes skiables l'hiver. Notre montagne est dominée de près par le point culminant des Bornes, la Pointe Blanche. Ces deux cimes rocheuses sont séparées l'une de l'autre par l'esthétique et impressionnant col du Rasoir. Nombreux sont les bouquetins qui colonisent les lieux.

 

La "Tour du Jallouvre" est une via ferrata installée sur le versant sud du Pic. Cette dernière peut aboutir à son sommet, si l'on suit l'arête des Bouquetins. Il est ensuite possible de descendre au col du Rasoir et d'enchainer avec la Pointe Blanche, au prix d'un léger détour. Un dernier jour de beau temps est annoncé, avant de grosses chutes de neige. Je propose à Robin, nouvelle connaissance et montagnard aguerri, de m'accompagner pour cette sortie.

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Après avoir franchi le col de la Colombière en voiture, je redescends en direction du Petit Bornand. Trouvant facilement le parking de la via ferrata sur ma droite, je me gare et fais la connaissance de Robin. Équipés, le départ est donné vers les huit heures du matin. La météo semble parfaite, la journée risque d'être prometteuse. Il aurait été regrettable de ne pas profiter de ce dernier créneau, propice à ce genre d'ascension !

Une courte approche, passant à proximité des chalets de Cuillery, est nécessaire pour accéder au départ du parcours câblé. Ce dernier est rapidement gagné, sous un soleil déjà bien présent. Nous nous élevons désormais sur les barreaux, attachés à la ligne de vie grâce à nos longes spécifiques. La première section notable, "l'arche du Bouquetin", est devant nous. Il s'agit d'une traversée esthétique, passant sous une barre de surplombs rocheux. S'en suit le "devers du cul tourné", passage athlétique très raide. Une dizaine de minutes plus tard, nous gagnons la "passerelle du Gyapète", large pont népalais. Il précède le "pilier des courants d'air", section raide et gazeuse menant à la "passerelle au bostriche", maigre poutre en bois. La partie finale de la via ferrata se nomme "l'arête de la faim", facile et débonnaire.

 

Au sommet de l'itinéraire équipé, nous enlevons nos longes. Ici, il est possible de redescendre en vallée par un sentier. Pour sortir au sommet du Pic de Jallouvre, il est nécessaire de remonter au mieux son versant sud-est. Ce dernier, raide et ne présentant aucun itinéraire balisé, doit être remonté au mieux. Composé de petites sentes, de dalles rocheuses et de bancs herbeux, la progression n'est pas des plus agréables. Prenant notre mal en patience, nous venons butter contre la grande barre rocheuse qui conclut la face. Ici, il est obligatoire de trouver le point faible de la muraille. Il s'agit d'une vire discrète, menant à une cheminée facile. Un spit y est installé, utile pour les personnes voulant s'assurer pour gravir le passage exposé.

Sortant du versant chaotique, nous arrivons sur l'arête des Bouquetins, aboutissant naturellement au Pic de Jallouvre lui-même. Au nord-est, l'imposante Pointe Blanche fait son apparition et rend le panorama superbe ! À l'ouest, le lac de Lessy apparait comme une flaque d'eau. Nous progressons donc sur le fil rocheux, ponctué de ressauts faciles mais aériens. Prudemment, les difficultés modestes du parcours sont franchies. Escalade et désescalade aisées résument cette partie de l'ascension. À l'approche du point culminant, l'arête s'élargit.

Le sommet du Pic est sous nos pieds, la vue s'y fait tout bonnement somptueuse ! Au sud-ouest, nous sommes témoins de la belle chaine des Aravis alors qu'au sud-est, l'éternel massif du Mont-Blanc découpe l'horizon. Du côté nord, en direction du bassin Lémanique, le paysage est nettement moins escarpé. Nous saluons le premier randonneur du jour, avant de manger et de boire. En profitant dignement du paysage, je sens que les températures montent agréablement.

Nous entamons la descente par la voie normale de ce premier sommet. En prenant la direction nord-ouest, la perte d'altitude s'effectue sur un terrain raide. Nous arrivons ensuite au fameux "passage de la Cravatte", coupant le versant septentrional du Jallouvre plein est. Il s'agit d'une grande traversée de vires ne voyant jamais le soleil. Aujourd'hui, cette section exposée est enneigée, la prudence doit être au rendez-vous. En effet, un faux pas ici pourrait nous être fatal. 

Le col du Rasoir, séparant le Jallouvre de la Pointe Blanche, est rejoint. C'est ici que nous croisons un bon nombre de personnes, randonneurs comme coureurs. Les bouquetins peuplent également les lieux, la solitude de la matinée s'en est allée. Nous faisons une courte halte, où nous décidons de laisser les sacs à dos. Sans poids sur les épaules, la montée à la Pointe Blanche ne peut être que plus efficace.

L'itinéraire de cette dernière, se dessinant en amont du col, est considéré comme sa voie normale. Il se déroule au sein de son versant méridional escarpé. La première partie propose un ressaut rocheux, haut d'environ cinq mètres. Une fois franchi, il est nécessaire de surmonter quelques gradins rocheux instables, aboutissant à une cheminée facile. Celle-ci mène à gauche du vrai sommet, accessible par une crête large et aisée.

 

Le point culminant du massif des Bornes est coché ! Il est matérialisé par deux petites croix esthétiques. La vue, très similaire à celle du Pic du Jallouvre, est toujours somptueuse. Au nord-est, dans le prolongement de la chaine du Bargy, je distingue les pointes de Balafrasse et du Midi, ainsi que la silhouette du Grand Bargy. J'immortalise le panorama grandiose dont nous sommes témoins, en soufflant quelque peu.

Des images plein les yeux, nous débutons la descente prudemment. Il est primordial d'être très concentré pour rejoindre le col du Rasoir. Retrouvant nos sacs, nous dévalons les pentes très raides de la combe éponyme, entièrement minérale sur sa partie supérieure. Éprouvante pour les jambes, la perte d'altitude ne doit pas être négligée. Nombreuses sont les pierres qui roulent sous les pieds, il serait très facile de chuter sur ces sentes peu marquées. En aval, un chemin bien marqué fait son apparition et la végétation réapparait. À la sortie de la combe, nous  bifurquons à droite du col de la Colombière, afin de rejoindre l'asphalte puis nos voitures respectives.

Cet enchainement est fabuleux ! Il permet de réaliser une boucle très variée; combinant via ferrata et randonnée alpine. Selon la forme, il est tout à fait possible de raccourcir la boucle au sommet de la via ou du Jallouvre.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".