Petit Muveran (2810m)

03 août 2016, Alpes vaudoises, Suisse

 

Itinéraire : face NE puis versant SSW

Configuration : aller-retour

Départ : Ovronnaz

Orientation principale : sud

Cotation alpinisme : PD+

Engagement : II

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1300 mètres

Compagnons :

  • Julien Delale

  • Quentin Michaud

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Petit Muveran est une montagne des Alpes vaudoises, située en territoire helvétique. Encadrée par la Dent Favre au sud-ouest et par le Grand Muveran au nord-est, elle apparait comme une forteresse imprenable depuis la vallée du Rhône. Vues du nord, les deux cimes du même nom sont facilement reconnaissables, le Grand formant une imposante paroi et le Petit une dent pointue. Ces dernières ont été représentées en 1912 sur un tableau du peintre Ferdinand Hodler, vendu à plus d'un million de francs suisses en 2003.

 

Le Petit Muveran ne possède pas réellement de voies d'ascension officielles. Cependant, une combinaison entre la face nord-est et le versant sud-sud-ouest permet d'atteindre son sommet. Il s'agit d'une course d'alpinisme relativement exposée, où il est impossible de s'assurer. Trouvant cette montagne particulièrement esthétique, il m'est impossible de le laisser invaincu. C'est à deux amis, Julien et Quentin, que je propose cette sortie, où le but étant d'aller le plus haut possible, sans prise de risque inutile.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

En co-voiturant avec Julien depuis Thonon, nous retrouvons Quentin à Ovronnaz tôt dans la matinée. Au parking, le Petit Muveran prend d'ores et déjà le soleil. Notre journée débute en forêt, à l'abri du soleil, puis sur les pentes fleurie du vallon de Saille. L'objectif commun trône devant nous et s'impose comme une muraille rocheuse sévère, contrastant avec l'environnement paisible dans lequel nous sommes actuellement. Il est d'ici difficile de s'imaginer gravir les derniers mètres de la montagne, qui dominent d'immenses barres rocheuses...

 

En traversant les pâturages, nous gagnons un sentier de randonnée bien plus raide jusqu'au Plan Coupel. L'ambiance change petit à petit durant notre traversée vers le Plan Salentse. Effectivement, nous passons d'un univers végétal à une ambiance minérale, voire lunaire ! Sur un terrain peu commode, nous gagnons la Frête de Saille, où le bassin lématique se dévoile. Nous suivons la crête et longeons le versant nord-est du Petit Muveran, en traversant d'immenses éboulis par une pseudo-sente. Un névé plus tard, nous nous trouvons entre les barres rocheuses à droite et une tour rocheuse caractéristique à gauche, où nous descellons une échancrure.

Une fois gravie, nous arrivons dans le versant sud-sud-est du Petit Muveran. Désormais, nous surplombons les immenses barres rocheuses bien visibles depuis Ovronnaz. Le terrain est très délité, il est nécessaire de remonter vers l'ouest. Nous sommes au pied des derniers cent mètres. Le terrain est raide, très instable et exposé. Mes deux amis s'arrêtent ici, ils jugent le reste périlleux et n'ont pas tord du tout. Le moindre faux pas est proscrit, la chute serait impardonnable.

Je m'élance seul dans cette paroi, que je n'apprécie guère. La concentration est maximale, je suis déterminé pour aller en haut mais en prenant toutes les précautions nécessaires, comme à mon habitude.

 

Après une vingtaine de minutes à réfléchir sur chaque mouvement, je suis au sommet du Petit Muveran ! Heureux, je prends quelques photos des environs. Le Grand Muveran me rappelle des bons souvenirs de mon ascension en juillet 2015. Je ne tarde pas ici, je sais que la descente risque d'être encore plus délicate que la montée.

De nouveau concentré au maximum, je désescalade prudemment, sous le regard de mes amis. C'est à cet instant que je me rends vraiment compte de l'exposition de cette escalade. Avec quelques pitons et un brin de corde, l'engagement tomberait en flèche. Je retrouve Julien et Quentin, après avoir repris mon souffle. Nous revenons ensuite sur nos pas prudemment jusqu'à Ovronnaz. Sommet ou non, nous sommes ravis d'avoir passé cette journée dans ce magnifique massif des Alpes vaudoises.

Le Petit Muveran est, selon moi, une ascension sérieuse et périlleuse. L'approche s'effectue dans un cadre paisible et champêtre, qui contraste avec son ascension finale rocheuse et aérienne. À proscrire pour les personnes sujettes au vertige et celles n'ayant pas un pied sûr.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".