Pécloz (2197m)

13 février 2019, Bauges, France

 

Itinéraire : couloir sud-ouest >> Grande Faille

Configuration : boucle

Départ : Bellevaux

Orientation principale : nord

Cotation descente : 5.2

Exposition : 3

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1650 mètres

Fréquentation : assez fréquenté

Compagnons :

  • Clément Jeunet-Brun

  • Romain Rubin

Présentation du sommet

Avec ses 2197 mètres d'altitude, le Pécloz représente le troisième plus haut sommet des Bauges, après l'Arcalod et la Pointe de la Sambuy. C'est une montagne proposant de nombreux itinéraires, réalisables à pied comme à ski. Parmi les voies d'été, il possible d'atteindre son point culminant par des randonnées peu difficiles, où alors par des traversées d'arêtes sérieuses. En hiver, son couloir sud-ouest est la ligne la plus fréquentée par les skieurs, offrant une pente d'environ 40 degrés sur 300 mètres.

La Grande Faille est un couloir propice au ski de pente raide, se dessinant en face nord. Très étroit, il peut être complété par la voie "De Profundis". Celle-ci est une autre entaille du même versant, située au pied de la ligne en question et bien plus difficile d'accès. Clément et Robin, ami d'amis, désirent descendre la Grande Faille. Me proposant la sortie, je me joins volontiers au petit groupe. L'accès étant difficile à cerner depuis le bas, nous la skierons à vue en remontant préalablement le couloir sud-ouest.

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve Clément à Cruseilles, à sept heures et quart. Après avoir fait rapidement sa connaissance, nous nous mettons en route. Nous récupérons son ami Romain au passage, avant d'entrer dans le massif sauvage des Bauges. À proximité du hameau de l'École, nous gagnons une route enneigée, nous menant jusqu'au Pont de Carlet. Sous des températures bien froides, les préparatifs sont finalisés. Quelques randonneurs à ski peuplent déjà les lieux.

À bon rythme, nous commençons par longer le fleuve du Chéran sur une route, se dessinant à notre gauche. À la bifurcation côtée 862 sur la carte, il est nécessaire d'opter pour le chemin de droite, se dirigeant vers le sud-ouest. Plus loin, nous empruntons un petit pont traversant le ruisseau de la Lanche puis le chemin partant à gauche. J'immortalise la jolie chapelle de Notre-Dame-de-Bellevaux, confortablement installée dans cette forêt.

En progressant toujours dans la direction sud-est, nous gagnons le vallon de la Lanche. Celui-ci accueille une vieille avalanche, d'ampleur considérable. Plus haut, au point côté 1348 mètres d'altitude, le chemin d'été partant au nord-est est gagné. Par une traversée parfois exposée, nous nous rapprochons du chalet d'Armenaz. Le Pécloz, droit devant, est déjà bien éclairé par le soleil. Sous celui-ci, la pente se prononce et nécessite de nombreuses conversions pour pouvoir être gravie. Derrière nous, c'est le Beau Molard et ses nombreux couloirs neigeux qui trône.

À proximité du chalet d'Armenaz, enfin au soleil, nous nous dirigeons en direction du couloir sud-ouest. Une grande pente de neige doit être remontée, avant de rejoindre la ligne susmentionnée. L'entrée de celle-ci est étroite et se dessine entre des rochers. Nous continuons le plus haut possible en réalisant des conversions, afin de limiter le portage. La pente devient ensuite trop raide pour continuer skis aux pieds. Crampons fixés aux chaussures, nous grimpons la pente de 40 degrés, sous une chaleur écrasante. Des skieurs, eux aussi en quête de la Grande Faille, nous relaient pour la trace.

L'arête sommitale du Pécloz, esthétique et effilée, est rejointe. À ma gauche, l'impressionnante face nord de la cime se dévoile et plonge dans l'abime. Difficile de se dire qu'il faudra se lancer dedans pour cerner la Grande Faille, l'objectif de cette journée. Clément, ainsi que les autres skieurs, sont d'ores et déjà sur le point culminant. Romain décide de nous attendre au pied de l'arête. Quant à moi, je rechausse les crampons et remets les skis sur le sac. Prudemment, je traverse le fil. Je retrouve le petit groupe puis décide de continuer seul, jusqu'à toucher la croix en bois du Pécloz.

La troisième plus haute montagne des Bauges est sous mes pieds ! Plus au nord, les imposants masses du Trélod et de l'Arcalod me font face. Cela me rappelle de beaux souvenirs (couloir nord du Trélod et arête nord de l'Arcalod en 2016). Au nord-est, inutile de rappeler que le massif du Mont-Blanc domine toujours le paysage. Prudemment, je retraverse l'arête dans le sens inverse et rejoint Clément. Ensemble, nous retrouvons Romain.

Nous enlevons les crampons, retirons les peaux et chaussons les skis. À ce moment-là, d'autres skieurs plongent dans la face nord. Nous les voyons disparaitre au loin. Nous nous engageons à notre tour dans ce versant, peu rassurant. En effet, d'immenses barres rocheuses sont devant nous, ce versant piégeur renferme une unique ligne skiable : la Grande Faille ! En suivant de manière stricte les traces des anciens skieurs, nous trouvons l'entrée de cette merveille naturelle !

L'entrée de la Grande Faille est devant nous ! Quelle joie de savoir que nous allons skier dans cette entraille, si esthétique ! C'est dans une ambiance unique que Romain enchaine le premier les virages exposés de la rampe d'accès. Chacun notre tour, nous entrons dans cette entaille. Sur une pente moyenne de 50 degrés, nous nous appliquons durant nos virages, pour éviter de faire une erreur pouvant coûter cher.

Le couloir, rectiligne et raide, est désormais en neige dure. Effectivement, l'étroitesse des lieux et les nombreux passages d'anciens skieurs ne laissent plus de possibilités d'avoir de la neige poudreuse. Les virages sautés s'enchainent, entrecoupés de pauses photo. Effectivement, la beauté des lieux ne peuvent laisser indifférents !

À la sortie de ce magnifique couloir, sourires jusqu'aux oreilles, nous décidons d'enchainer quelques virages dans la combe suspendue dans laquelle nous nous trouvons. Après avoir profité au maximum, il est temps de remonter à l'épaule ouest du Pécloz. Conversions sur conversions dans un terrain bien raide, nous gagnons en altitude. La-dite épaule est gagnée. Nous nous engageons sur une section délicate, où nous descendons en escalier sur des touffes d'herbe gelées, skis aux pieds.

L'entrée couloir nord du Claret, sur notre droite, est cernée. Un par un, nous gagnons cette grande combe, offrant une pente notable. Dans une neige restée poudreuse et froide, les virages s'enchainent aisément, sur quasiment 1000 mètres de dénivelé. La dernière partie du couloir s'affine, proposant une étroiture facile à surmonter. Nous arrivons directement au Chéran. 

 

L'ultime obstacle de la journée consiste à traverser le court d'eau, afin de rejoindre la route forestière sous le hameau de Rière Bellevaux. Nous déchaussons les skis, traversons la rivière puis rechaussons. En poussant un peu sur les bâtons, nous retrouvons le croisement coté 862. La route de droite est ainsi la première empruntée de la journée, ramenant naturellement au parking.

Le Pécloz est un sommet magnifique. Son couloir sud-ouest constitue l'un des accès les plus simples pour atteindre son sommet en hiver. La Grande Faille nécessite une maitrise du ski de pente raide, où l'erreur n'est pas permise.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".