Néron (1298m)

20 mai 2014, Chartreuse, France

 

Itinéraire : traversée sud >> nord

Configuration : boucle

Départ : Narbonne

Orientation principale : sud-ouest

Cotation alpinisme : F

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1000 mètres

Compagnon : Mylène Deffrennes

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Néron est une montagne appartenant au massif préalpin de la Chartreuse. Fortement individualisée, elle trône au nord de la ville de Grenoble. Le 27 juillet 2003, elle reçoit deux impacts de foudre provoquant un incendie important, rendant le chemin classique de descente très instable. Le 14 août 2011, un éboulement d'une ampleur rare se déclenche en versant est. La trainée engendrée par ce phénomène, suivant le couloir Godefroy, est toujours bien visible depuis Grenoble. L'accès à son sommet est précédé d'une randonnée dans la forêt très dense qui l'entoure à sa base.

 

La traversée sud-nord est un itinéraire pour randonneurs expérimentés ou alpinistes débutants. Le fil rocheux n'est jamais très technique mais la chute y est proscrite. Deux monde bien distincts se confrontent lorsque nous progressons sur l'arête; celui de la montagne et celui de la ville, surplombée d'environ 1000 mètres. Je propose ce parcours esthétique à Mylène, désireuse de découvrir ce type de course ludique.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Nous partons de Grenoble vers six heures du matin. Il suffit de conduire une dizaine de minutes avant d'arriver au village de Narbonne, point de départ pour gravir le Néron. Sans topo précis, il serait très difficile de trouver le cheminement complexe qui permet d'arriver au pied des arêtes. Il est tout d'abord nécessaire de trouver la maison 2575 pour bifurquer au nord-ouest, dans la forêt dense qui encercle la montagne.

 

Le sentier est raide et peu visible à cause de la végétation omniprésente. En arrivant au pied de la paroi rocheuse de la cime, je découvre les nombreuses mains courantes, installées à flanc de paroi. La vire que nous devons traverser est exposée et lorsque nous prenons de la hauteur, la vue sur la forêt y est très aérienne. Un pont en bois a également été installé. Il s'agit de la passerelle Hyppolyte Müller, signalée par une plaque métallique. Il est ensuite nécessaire de crapahuter pendant une vingtaine de minutes pour accéder à l'extrémité sud de la montagne.

 

Le soleil se dévoile lorsque nous rejoignons le belvédère Lucky Luke. Le vent se lève, il n'y a plus rien pour nous protéger. La suite du parcours, réputée très étroit, apparait d'ici large et tranquille. Cette impression change radicalement lorsque nous gravissons la deuxième bosse du Néron. La croupe a laissé place à l'esthétique arête rocheuse qui nous attend.

 

Nous nous encordons avant de débuter la longue traversée. Le début de la course alterne traversées exposées et courts passages d'escalade faciles. Nous arrivons à la fameuse rampe oblique de 15 mètres qui doit être gravie. Les prises sont bonnes et le passage n'est pas si exposé que cela. Nous atteignons ensuite la petite croix du Néron où est écrit "débonnaire mais redoutable". Cette dernière ne marque pas le point culminant du chainon.

 

Le passage le plus aérien nous fait ensuite face. Nous devons le franchir en prenant l'arête rocheuse à pleines mains. Le parcours se transforme ensuite en une sorte de canyon. Ce dernier est rapidement derrière nous et aboutit sous l'ultime ressaut rocheux, en aval du plus haut point étant le sommet sud. En l'atteignant, je découvre un modeste cairn. Nous nous remettons rapidement en route vers le nord, afin d'y gravir le sommet septentrional. C'est celui-ci qui marque la fin de cette magnifique traversée, matérialisée par une petite croix rouge.

 

Revenir à la civilisation depuis le sommet du Néron est relativement dangereux du fait de la raideur et de l'instabilité du terrain. Les nombreux incendies ayant touché la montagne n'ont fait qu'empirer l'endroit. Sachant que nous nous trouvons en amont de barres rocheuses, la concentration est importante et un faux pas pourrait mener à la catastrophe. Je pensais que les arbres pourraient être les seuls éléments sur lesquels nous pouvions compter mais lorsque je m'appuie sur l'un d'entre eux, il s'arrache du sol et dévale le précipice en contrebas. Revenus sur un chemin plus clément, nous nous perdons à maintes reprises. Le hameau de Ripaillères est rejoint, nous sommes désormais contraints à marcher encore une vingtaine de minutes pour revenir à la voiture.

 

Cette randonnée alpine est selon moi la plus belle du massif de la Chartreuse. Une hivernale devrait la rendre encore plus intéressante sur le plus technique et sûrement plus esthétique.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".