Nadelhorn (4327m)

25 & 26 août 2015, Alpes pennines, Suisse

 

Itinéraire : arête nord-est

Configuration : aller-retour

Départ : Saas-Fee

Orientation principale : nord-est

Cotation alpinisme : PD

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2600 mètres

Compagnon : Bruno Roch

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Nadelhorn est une cime suisse appartenant au massif des Mischabels, au cœur des Alpes valaisannes. Son nom proviendrait du trou dans la roche, situé en aval de son sommet. Ce dernier est bien visible depuis le Festijoch, col situé plus au sud. Notre montagne appartient à la Nadelgrat, aux côtés de la Lenzspitze, du Stecknadelhorn, du Hohbärghorn et du Dirruhorn, tous culminant à plus de 4000 mètres. La première ascension datant de 1858 avait pour but d’installer une balise de mesure. En montant toujours plus haut, les alpinistes ont atteint le sommet sans le savoir.

 

Son arête nord-est, la voie normale, propose un parcours glaciaire très esthétique. Peu difficile sur le plan technique, il est néanmoins long et parfois exposé. Ce magnifique itinéraire offre, entre autres, une vue imprenable sur la face nord-nord-est de la Lenzspitze. Bruno me propose de réaliser cette course sur deux jours, en dormant à la Mischabelhütte. Nous découvrirons ainsi un secteur des Alpes qui nous est inconnu jusqu'à présent !

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

25 août 2015

 

Je retrouve Bruno à l'entrée de Saas-Fee, dans la matinée. Voitures garées, nous empruntons la remontée mécanique d’Hannig, afin d'écourter l’approche du premier jour de 500 mètres de dénivelé environ. Malgré les nuages, j’entre-aperçois l’Allalinhorn et l’Alphubel, deux 4000 dominant la jolie station suisse.

 

Depuis l'arrivée de la télécabine, la première partie de l'approche s’effectue sur un sentier de randonnée esthétique et agréable, traversant les alpages au sud-ouest. Dominés par une barre de séracs en amont sur quelques mètres, nous gagnons le point 2448 faisant la jonction entre le chemin sur lequel nous sommes et celui venant de Saas Fee. D’ici, nous bifurquons plein ouest sur un terrain de plus en plus raide et minéral.

 

À partir de 2860 mètres, il est nécessaire de gravir la longue arête rocheuse du Schwarzhorn. Très bien équipée, la progression demande cependant de l’attention car cette dernière est parfois exposée. D’ici, il nous reste 500 mètres de dénivelé environ, sécurisés par des échelles et des mains courantes. Nous gagnons de la hauteur dans un brouillard épais.

 

Après une longue ascension, nous atteignons enfin la Mischabelhütte, perchée à 3340 mètres d’altitude. Une petite sieste s’impose avant d’aller cuisiner. Effectivement, n’ayant pas réservé avec la demi-pension, nous devons préparer notre dîner sur la terrasse panoramique du refuge. Les impressionnants versants orientaux de la Lenzspitze et du Dom se dressent droit devant. Le ventre plein, il est temps d'aller dormir de nouveau pour avoir un maximum d'énergie le lendemain.

 

 

26 août 2015

 

Le réveil sonne avant trois heures du matin. Nous petit-déjeunons rapidement puis sortons du refuge en constatant que la météo est parfaite. Un ciel étoilé, l'absence du vent et des températures agréables nous donnent une motivation sans égale pour cette journée qui s'annonce grandiose ! Il est tout d’abord obligatoire de remonter la fin de l’arête rocheuse jusqu’à prendre pied sur le glacier. La progression nocturne sur ce terrain est pénible mais efficace.

 

En rejoignant le Hohbalmgletscher, nous nous équipons puis prenons la direction du nord. Les premières lumières apparaissent, et nous laissent apercevoir l'impressionnante et somptueuse face nord-nord-est de la Lenzspitze, à notre gauche. Le terrain est plat puis se redresse significativement. Nous franchissons prudemment une immense rimaye lorsque le soleil se lève derrière le Weissmies et donne aux montagnes la couleur rose matinale que j'aime tant !

 

À 3850 mètres d’altitude, nous rejoignons l'arête nord-est en gagnant le Windjoch, col séparant le Nadelhorn de l'Ulrichshorn. D'ici, la suite de la course parait interminable ! Cette dernière section est essentiellement neigeuse et peu technique. Les quelques ressauts rocheux, pouvant être esquivés sur la droite, ne posent aucun problème. Cependant, certains passages sont exposés et un faux pas sur les vires neigeuses nous plongerait dans un abime considérable. Les 100 derniers mètres, sous le sommet, sont mixtes et plus techniques.

 

Nous arrivons enfin au sommet du Nadelhorn ! Très étroit, nous touchons la croix sommitale chacun notre tour. Je découvre l'immense face glaciaire du Dom des Mischabels. Les conditions y ont l'air excellentes. C'est décidé, j'irai la semaine prochaine  La vue sur l'ensemble Weisshorn-Bishorn est également superbe.

 

Nous ne tardons pas à revenir sur nos pas car la descente promet d'être très longue ! Revenus au refuge, sous des températures très élevées, nous faisons une petite halte puis redescendons directement jusqu'à Saas-Fee d'une traite.

 

Le Nadelhorn est un sommet qui se mérite. Malgré une faible difficulté technique, une bonne endurance et une acclimatation sont préférables pour gravir la montagne !

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".