Mont Tondu (3196m)

19 juin 2017, Mont-Blanc, France

 

Itinéraire : par le col du Tondu & l'arête est

Configuration : aller-retour

Départ : chalets des Lanchettes

Orientation principale : sud

Cotation alpinisme : PD

Engagement : II

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1250 mètres

Compagnons :

  • Robin Georges

  • Julien Miard

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Mont Tondu constitue la cime qui trône à l'extrême sud-ouest du massif du Mont-Blanc, tout proche donc de celui du Beaufortain. La montagne est composée d'un sommet principal rocheux, ainsi que d'une antécime neigeuse appelée Pain de Sucre. Les deux proéminences sont séparées par une courte arête effilée. La voie normale du Tondu est une longue ascension, techniquement facile et souvent divisée en deux jours. Débutant du Cugnon, sur les hauteurs de Saint-Gervais-les-Bains, les alpinistes ont le choix de dormir au refuge de Tré la Tête ou plus haut, à celui des Conscrits.

 

L'itinéraire démarrant de la vallée des Glaciers est bien moins fréquenté que la voie normale. Ce dernier peut être réalisé en une seule journée, la distance à parcourir étant nettement moins importante. Il passe à proximité du refuge Robert Blanc, avant d'emprunter le col du Tondu et l'arête orientale. Désirant gravir la montagne depuis un moment, je propose à Robin de m'accompagner dans ce coin des Alpes que je ne connais pas. Julien, ami parapentiste, se joindra à nous et tentera de décoller du haut du Pain de Sucre dans la matinée.

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Partis à deux heures et demi du matin de Thonon, où je retrouve Robin devant chez moi, nous rencontrons Julien à Albertville. Une fois l'équipe au complet, nous gagnons à deux voitures le terminus de la vallée des Glaciers, matérialisé par les chalets des Lanchettes. Julien désirant décoller en parapente du Pain de Sucre, il pourra ainsi repartir sans devoir nous attendre avec son véhicule.

 

Avec un départ à quasiment 2000 mètres d'altitude, le froid et le vent se font déjà ressentir. L'ascension débute à sept heures et s'effectue premièrement sur un sentier large. Nous sommes dominés par de nombreuses cascades, sans oublier la reine du secteur, la fameuse Aiguille des Glaciers. Les lieux sont d'ores et déjà magnifiques et très sauvages. Pour ma part, je m'émerveille surtout devant la Grande Écaille, sommet rocheux élancé. Seuls au monde, nous progressons rapidement sur une moraine et laissons le glacier des Lanchettes en contrebas sur notre gauche. Les températures grimpent en flèche et le vent s'est dissipé.

 

En laissant le refuge Robert Blanc légèrement plus à l'est, nous remontons quelques dalles faciles et sections enneigées. Ces dernières mènent à une sente peu marquée, nous conduisant naturellement sous le col du Tondu. Désormais, il est nécessaire de franchir une barre rocheuse imposante, cependant bien fournie en mains-courantes. Grâce à ces équipements, la prise de hauteur est aisée et aboutit à des gradins herbeux et rocheux, faciles à franchir mais quelque peu exposés.

 

Arrivés au col du Tondu, la suite de l'itinéraire se dessine et apparait comme somptueux ! Il est désormais nécessaire de gagner le Pain de Sucre, antécime neigeuse de l'objectif du jour. Normalement, il serait plus commode de descendre sur le glacier du Tondu pour gagner le Pain de Sucre, par un col bien marqué. Nous optons cependant pour traverser entièrement l'arête orientale, afin de pimenter l'ascension avec quelques pas d'escalade faciles.

Julien décide d'adopter un rythme plus soutenu pour avoir une chance de décoller dans la matinée, les vents étant plus favorables qu'en après-midi. Nous le retrouvons au sommet du Pain de Sucre, déjà victorieux du Tondu. Les préparatifs pour son vol étant faits, il décolle sous un décor de rêve. Pour Robin et moi, envieux de notre camarade, il nous reste la partie la plus technique de la journée. L'arête rocheuse, séparant le Pain de Sucre du Tondu, commence à se dessiner droit devant.

Prudemment, nous débutons la courte traversée. Jamais difficile, l'attention doit néanmoins être au rendez-vous car un faux pas pourrait nous faire plonger très bas. Un passage de l'arête doit être pris à pleines mains et s'enchaine avec une section exposée en versant nord, où il faut descendre quelque peu pour retrouver le fil. Nous croisons beaucoup de cordées venant pour la plupart de la voie normale, empruntant le glacier de Tré la Tête.

Le sommet est gagné vers dix heures et demi. La vue est tout bonnement incroyable, nombreux sont les cimes savoyardes et haut-savoyardes qui découpent l'horizon ! Au sud, il s'agit du Mont Pourri et de la Grande Casse qui dominent l'horizon. En direction du nord-est; les Dômes de Miage, Bionnassay, le Mont Blanc et l'Aiguille des Glaciers font face. Les lacs Jovets, 1000 mètres en aval à l'ouest, apparaissent d'ici comme deux flaques d'eau.

Après maintes photos du spectacle, où aucun nuage n'a entravé le panorama, nous revenons prudemment sur nos pas jusqu'au Pain de Sucre. Crampons aux pieds, je propose à Robin d'emprunter le glacier du Tondu jusqu'au col éponyme, afin de gagner du temps. Nous sympathisons avec deux personnes d'Arêches avec lesquelles nous partageons le retour en vallée. Sous le col du Tondu, nous retrouvons les mains-courantes pour descendre la barre rocheuse. Une fois l'exposition diminuée, il ne suffit plus que de suivre l'itinéraire de montée, serpentant sur la moraine puis dans les alpages.

Le Mont Tondu est idéal pour toute personne désirant découvrir le milieu de l'alpinisme. Il offre un final alpin et aérien, entre les massifs du Mont-Blanc et du Beaufortain. L'itinéraire depuis la vallée des Glaciers est bien plus court que celui démarrant du Cugnon, en termes de distance et donc de durée.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".