Dufoursptize & Nordend

16 & 27 août 2019, Alpes pennines, Suisse

 

 

Itinéraire : Spaghetti Tour

Configuration : boucle

Départ : Punta Indren

Cotation alpinisme : PD+

Engagement maximal : III

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2050 mètres

Fréquentation : très fréquenté

Compagnon : ​Sylvain Godelu

Présentation du massif

 

 

Le Mont Rose est le second plus haut massif des Alpes, précédé par celui du Mont-Blanc. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, son nom proviendrait des mots rouésa ou rouja issus du patois valdôtin, signifiant glacier. Il se localise entre le canton suisse du Valais et le val d'Aoste italien. Cet imposant royaume de neige comporte 18 sommets culminant à plus de 4000 mètres, dont la Dufourspitze étant la plus haute montagne helvétique. En général, les cimes du Mont Rose sont peu difficiles sur le plan technique mais proposent d'esthétiques itinéraires, propices à l'alpinisme et au ski de randonnée. De par leur proximité les unes des autres, il est facile d'en gravir plusieurs à la journée. Au sommet de la Signalkuppe se dresse le plus haut refuge d'Europe, la cabane Margherita, perchée à 4554 mètres d'altitude.

 

En 2015, avec mon ami Laurent, nous avions réalisé une partie de la grande traversée du Mont Rose. Après quatre jours consécutifs, nous avions gravi 14 des 18 sommets de plus de 4000 mètres. Du côté suisse, la tempête du troisième jour avait rendu la Dufourspitze et la Nordend inaccessibles, en raison de la neige fraiche. Quant au côté italien, nous avions négligé la Punta Giordani, jugée un trop éloignée du programme, ainsi que le Corno Nero. Ce dernier présentait une rimaye infranchissable. Je décide ainsi d'aller compléter le versant italien, avec mon ami Sylvain. Connaissant ces deux sommets, il n'a cependant pas eu l'occasion d'atteindre la Zumsteinspitze et la Signalkuppe. Nous essayerons donc de cocher ces quatre cimes durant ce week-end d'Août, sur deux jours.

Galerie

Récit de l'ascension

 

15 août 2019

 

Je rencontre Mickaël sur l’aire d’autoroute du Grand Saint Bernard.

La première cime, matérialisée par une statue de vierge, est atteinte vers 13 heures ! L'endroit n'est pas large, surtout que d'autres alpinistes gagnent les lieux à cet instant. Le vent se fait extrême, certaines rafales sont violentes. D'ici, j'ai l'impression d'être littéralement écrasé par les montagnes plus hautes du Mont Rose, au nord. Parmi elles, je peux re-citer la Pyramide Vincent, toute proche. Plus loin à droite; le Corno Nero, la Ludwigshöhe, la Parrotspitze et la Signalkuppe paraissent gigantesques !

Après avoir profité de cet instant privilégié, nous désescaladons les rochers sommitaux puis regagnons le versant neigeux gravi. Légèrement plus bas, à l'abri, Sylvain me propose de se poser un peu. Un déjeuner plus tard, nous perdons efficacement en altitude. Vers 3300 mètres, le glacier Indren est traversé vers l'ouest. Nous cernons ensuite l'itinéraire menant aux refuges Citta di Mantova et Gnifetti. Ils sont défendus par une barre rocheuse, devant être surmontée. Celle-ci est équipée en cordes fixes, facilitant et sécurisant son escalade. Beaucoup de personnes montent aujourd'hui.

À la terrasse de Citta di Mantova, la vue se fait grandiose ! Des Alpes italiennes jusqu'au massif du Mont Blanc, il serait vraiment impossible de reconnaitre toutes les montagnes se dessinant droit devant. Affaires posées au sous-sol, nous nous enregistrons auprès des gardiens. Atteint d'une migraine d'altitude depuis peu, je vais tenter de me reposer. Une bonne sieste plus tard, nous descendons dans l'esthétique salle à manger, très bien décorée et proposant une vue imprenable sur les Lyskamm. Nous cuisinons des pâtes et du minestrone, puis remontons immédiatement commencer notre nuit.

16 août 2019

 

Le réveil marque les deux heures et demie du matin. Affaires prêtes, nous descendons dans la salle à manger pour avaler un petit déjeuner conséquent. Nous avons conscience que la journée va être très longue et éprouvante.

 

Le sommet de la Dufourspitze, point culminant de Suisse et du Mont-Rose, est sous mes pieds ! À 4634 mètres d’altitude, le froid se fait réellement ressentir.

 

Désirant en finir avec les sommets de plus de 4000 du Mont Rose, il ne me reste plus qu’à atteindre la Nordend. Pour se faire, il est nécessaire de rejoindre le Sibbersattel, col situé entre la Dufourspitze et la Nordend. Pour l’atteindre, des cordes fixes étaient présentes. Désormais, les mains courantes ont été retirées. Nous trouvons un relai chainé, sur lequel nous descendons en rappel.

 

De retour au refuge, les affaires restantes sont reprises. Sacs à nouveau lourds, nous enchainons rapidement avec la descente sur le Gornergletscher.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".