Mont Pourri (3779m)

23 avril 2017, Vanoise, France

 

Itinéraire : par le col des Roches

Configuration : aller-retour

Départ : les Arc 2000

Orientation principale : nord-ouest

Cotation descente : 4.1

Exposition : 2

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1850 mètres

Compagnons :

  • Julie Navillod

  • Jean Tezenas

Présentation du sommet

Précédé par la Grande Casse, le Mont Pourri constitue le deuxième plus haut sommet de la Vanoise. Cette imposante montagne glaciaire, fortement isolée, trône sans égale au nord du massif. Son arête septentrionale aboutit au Mont Turia, alors que la méridionale se conclut au Dôme la Sache. Notre cime offre de nombreuses voies d'ascension, réalisables à pied ou à skis. Les itinéraires les plus techniques se dessinent au sein de sa face sud, s'apparentant à une grande paroi rocheuse.

Au printemps, l'itinéraire partant des Arc 2000 et empruntant le col des Roches est idéal pour la pratique du ski-alpinisme. Il peut s'effectuer en boucle en réalisant la descente par le glacier du Geay. Les conditions étant bonnes actuellement, je décide de retourner en Savoie, après avoir gravi l'Albaron et la Pointe de Charbonnel cette semaine. Je propose à mes amis Julie et Jean de m'accompagner sur ce magnifique sommet, afin de profiter du créneau de beau temps annoncé.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve Jean à Albertville, vers cinq heures du matin. Voiture chargée, nous co-voiturons jusqu'à Moûtiers et rejoignons notre amie Julie. Une fois l'équipe au complet, les Arc 2000 sont gagnés vers les sept heures. Le massif du Mont-Blanc, trônant juste en face et dominant tout le reste comme à son habitude, reçoit d'ores et déjà les premiers rayons de soleil. Le spectacle est grandiose et la hâte de commencer cette belle journée printanière est de plus en plus forte !

Skis aux pieds, nous remontons premièrement plein sud les pistes désertes de l'immense station, en direction du lac Marlou. L'étendue d'eau à proximité, il est ensuite nécessaire de bifurquer vers le sud-est. C'est sous le télésiège du Grand Col que le soleil fait son apparition et nous réchauffe quelque peu. Le Grand Col, légèrement amont de la remontée mécanique, est atteint peu de temps après. L'endroit abrite le bivouac sommaire éponyme, offrant une vue panoramique sur les monts des Alpes grées.

La prochaine étape de la matinée consiste à gravir le glacier du Grand Col, jusqu'au col des Roches. Le vent se lève et s'avère très froid. Conversions sur conversions, la prise de hauteur est efficace. Par une traversée ascendante gauche, nous esquivons une barre de séracs et troquons ensuite les skis contre les crampons. En effet, la pente sous le col des Roches se fait de plus en plus prononcée et une glissade ici pourrait s'avérer très douloureuse.

Nous atteignons le lieu cité précédemment, dominé par son célèbre et esthétique rocher en forme de cheval. Trois personnes occupent déjà les lieux et descendent en rappel pour rejoindre le glacier du Geay, constituant la suite du parcours. Il serait possible de désescalader l'endroit mais l'exposition serait alors excessive. Effectivement, quelques barres rocheuses et couloirs raides de neige composent la descente de l'endroit. L'un des alpinistes nous propose d'utiliser leur corde afin de nous faire gagner du temps. Nous acceptons l'offre avec plaisir. 

Une fois avoir pris pied sur le glacier du Geay, je rends la corde au groupe et les remercie. Nous décidons de garder les crampons aux pieds et de finir l'ascension ainsi. En effet, le terrain va se faire relativement raide et gelé, inutile de s'ennuyer avec des conversions douteuses. Julie, en forme, passant devant et trace. Pour ma part, je commence à sentir le manque de sommeil, un réveil à deux heures et demi du matin n'est jamais très reposant. Le haut de la face ouest du Mont Pourri est remontée jusqu'au l'Épaule. La magnifique silhouette de la Grande Casse apparait subitement au sud, le spectacle est grandiose !

Vers 3700 mètres d'altitude, je dépose skis et bâtons au pied de la courte arête sommitale. Jean et Julie décident d'emmener les leurs sur le point culminant et de descendre directement à skis. Nous croisons une petite dizaine d'alpinistes en ces lieux, où les croisements se font aisément. Effectivement, l'arête s'apparente plus à une crête débonnaire qu'à un véritable final alpin.

Le sommet est atteint vers midi. La vue sur le massif du Mont-Blanc est imprenable ! 2000 mètres en contrebas, j'aperçois le lac du Chevril, apparaissant ici comme une vulgaire flaque d'eau. Dans la même direction, le Dôme de la Sache et ses imposants glaciers nous font face. Les paysages sont magnifiques, il n'y a rien de pourri sur ce Mont Pourri !

Julie et Jean se ravitaillent pendant que je commence à désescalader l'arête prudemment. La concentration doit être au rendez-vous, une glissade pourrait me plonger dans l'abysse interminable du versant sud que je tutoie actuellement. Revenus à mes skis, je range crampons et piolet. Je regarde Jean et Julie descendre directement du sommet. Une fois l'équipe de nouveau au complet, nous skions le versant ouest du Mont Pourri, en évitant crevasses et séracs.

 

De retour au col des Roches, nous décidons de le remonter plutôt que de faire la boucle par le glacier du Geay. En effet, cela aurait été tentant mais le bas n'a pas l'air d'être bien enneigé. Afin d'éviter un moment de portage, nous partons sur l'aller-retour par le glacier du Grand Col. Jean, le plus aguerris en escalade d'entre nous, remonte en haut et installe une corde. Julie et moi-même le rejoignons peu de temps plus tard, assurés grâce à lui. La descente du glacier du Grand Col se fait agréable. Les pistes du domaine des Arcs, fermé à cet époque, sont revenues par le soleil et sont également très plaisantes à descendre.

 

Le Mont Pourri est un belvédère somptueux sur un bon nombre de montagnes des Alpes. Sa situation de sommet isolé donne une impression de hauteur saisissante. Malgré une approche sous les télésièges, la seconde partie de l'ascension est très esthétique.
 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".