Mont Fuji (3776m)

25 mai 2014, Honshu, Japon

 

Itinéraire : Yoshida Trail

Configuration : aller-retour

Départ : Kawaguchiko 5th station

Orientation principale : nord-est

Cotation alpinisme : F

Engagement : III

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1500 mètres

Compagnon : Manon Aubert

 

 

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Mont Fuji, également connu sous les noms de "Fujiyama" ou de "Fujisan", est le point culminant du Japon. Il s’agit d’un volcan sacré dominant le sud-ouest de l’île d’Honshu, faisant partie de la ceinture de feu du Pacifique. Malgré sa dernière éruption de 1707, il est toujours considéré comme actif. Les conditions climatiques pouvant être extrêmes, la montagne reste cependant une destination touristique majeure, surtout en période estivale. Chaque année, elle accueille entre 100 000 et 200 000 randonneurs qui tentent l'ascension. Le 22 juin 2013, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Étant une dizaine de jours au pays du Soleil-Levant, la tentation de gravir ce sommet est omniprésente. Sa voie normale, grande pente homogène en face nord-est, est divisée en 10 étapes et ne présente aucune difficulté technique. Cependant, à cette période de l'année où la cime est enneigée, il est nécessaire d'avoir des chaussures chaudes et des crampons pour progresser. Après avoir trouvé tant bien que mal un magasin louant de l’équipement à Tokyo, nous partons pour l’escalade du volcan. Nous dormirons la veille en auberge de jeunesse près du Fuji, à Kawaguchiko.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

Nous nous réveillons vers cinq heures du matin, après une bonne nuit de sommeil à l'auberge. Après un petit-déjeuner rapide, nous retrouvons notre taxi dehors, négocié la veille à la gare routière de Kawaguchiko. Le village étant désert à cette heure-ci, nous avons bien fait de réserver un moyen de transport, suite à notre trajet en bus depuis la capitale. Même si ce n'est pas la manière la plus économe, il s'agit de l'unique possibilité pour gagner rapidement le point de départ. Effectivement, en cette saison, les bus ne circulent pas aussi tôt dans la matinée.

 

Le Fuji se dresse devant nous et le jour est déjà bien présent, nous sommes bel et bien au pays du Soleil-Levant ! La route s'achève à 2300 mètres d'altitude, à la cinquième station. L'approche a été grandement écourtée, les cinq premières étapes ont été évitées. Le prix du taxi est cependant exorbitant; 150 euros pour moins d'une demi-heure ! Il est quasiment six heures du matin lorsque nous nous mettons en marche. Officiellement, le volcan sacré est fermé de septembre à juin, lorsque la neige est présente sur l'itinéraire. Un grand panneau est installé pour nous le rappeler.

 

Aujourd'hui, seulement quelques skieurs et nous-mêmes tentent l'ascension. Nous commençons à progresser sur une large piste, où le sommet du Fuji parait très proche, sur notre droite. L'uniformité de la pente rend la perspective trompeuse et fausse grandement les distances. En traversant un tunnel faisant office de paravalanche, nous gagnons la face nord-est où la pente se raidit. Plus de 1400 mètres de face monotone nous attendent, nous pouvons d'ores et déjà distinguer le bord du cratère !

 

La montée n'est pas si esthétique que cela. En effet, les nombreux aménagements, pistes et refuges, ont grandement privé la montagne de son caractère sauvage. Heureusement, les paysages derrière nous composent joliment l'horizon, le lac de Yamanako est visible en contrebas. Les gîtes présents sur la voie, appelés stations, sont tous fermés en cette saison. 

 

Continuant notre avancée, nous rencontrons la neige et devons chausser les crampons pour plus de sécurité. Quel bonheur de retrouver ce matériel après quatre mois sans montagne ! Nous avançons vite et la vue que nous avons sur la vallée devient de plus en plus aérienne. La dernière pente est raide et longue, sa fin est marquée par deux statues de lions et un Torii. Ce portail japonais traditionnel délimite l'enceinte sacrée de la montagne et nous informe que la fin est proche. 

 

Arrivés à la dixième station, la dernière, nous découvrons de nombreux monuments en pierre mais surtout le vrai sommet situé en face. Il est donc nécessaire de contourner le cratère, de 600 mètres de diamètre et de 250 mètres de profondeur. La mer de nuages que nous surplombons, les roches volcaniques et le cratère enneigé rendent la traversée plaisante et photogénique.

 

Après une demi heure environ, nous atteignons le toit du Japon ! Heureux d'avoir relevé le défi, je suis cependant déçu d'être à côté d'une station météo, masquant en partie le panorama. Un pilier, où des signes japonais sont gravés, matérialise le point culminant. Le vent et le froid nous pousse à ne pas trainer et à entamer au plus vite la descente qui promet d'être longue !

 

Il est temps de faire demi-tour, par le bord occidental. Nous finissons donc le tour du cratère en regagnant la dixième station avant de replonger dans la face nord-est. La descente est épuisante et je commence à ressentir le mal des montagnes qui se manifeste par des nausées et une migraine. En effet, vivre quatre mois à Singapour pour les études ne m'a pas aidé à m'acclimater correctement. De retour au point de départ, où les touristes ont pris possession des lieux, nous prenons un bus et revenons à Kawaguchiko. 

 

Le Fuji est à recommander pour tous les amateurs de sommets mythiques. Tant représenté sur les cartes postales et sur les tableaux artistiques, son ascension n'est cependant pas des plus belles.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".