Mont Émilius (3559m)

22 août 2016, Grand Paradis, Italie

 

Itinéraire : arête sud

Configuration : aller-retour

Départ : Pila

Orientation principale : sud

Cotation alpinisme : F

Engagement : I

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2200 mètres

Compagnon : Quentin Michaud

Présentation du sommet

 

Le Mont Émilius est une montagne rocheuse d'Italie, perchée au nord du massif du Grand Paradis. Elle est gravie pour la première fois en 1826, par le chanoine valdôtain George Carrel. Magnifique belvédère sur les hauts sommets des Alpes, cette dernière domine la ville d'Aoste et la vallée éponyme. Son arête occidentale propose une longue via ferrata d'altitude, menant jusqu'au sommet de la cime. Par beau temps, il est possible d'apercevoir la mer de Ligurie depuis ses 3559 mètres, où une croix et une statue de la vierge trônent.

 

Sa voie normale n'est qu'une affaire de randonnée alpine ou d'alpinisme facile. Cependant, il est nécessaire de réaliser un dénivelé important pour atteindre le point culminant. Il est possible de couper l'ascension en deux, en passant une nuit au refuge d'Arbolle, construit à 2507 mètres. Ayant découvert l'Émilius en 2013, durant l'ascension du Bec de Tos à ski, mon désir d'ascension sur ce sommet était réel. Je propose à Quentin de m'accompagner dans cette excursion, de manière rapide et légère.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve mon ami Quentin à Martigny, à environ quatre heures et demi du matin. Franchissant le col du Grand Saint-Bernard, nous basculons en Italie et co-voiturons jusqu'à la station de Pila. Quel plaisir d'arriver aux aurores, avec un magnifique lever de soleil sur le toit des Alpes, le Mont Blanc ! Sous de basses températures, nous adoptons d'entrée de jeu un rythme soutenu.

 

Le début de la randonnée s'effectue sous un télésiège, à cette heure-ci fermé, sur des pistes de VTT. Au pas de course, la station d'arrivée de la remontée mécanique est vite rejoint. Nous gagnons un sentier sur notre gauche puis rejoignons l'esthétique lac de Chamole, à 2311 mètres d'altitude. À ce stade, il est nécessaire de contourner l'étendue d'eau puis de rejoindre le chemin remontant un alpage, au sud-est. Le rythme est gardé jusqu'à gagner le col di Chamole, où le Cervin fait son apparition ! Plus proche, le Mont Émilius entre également en scène.

 

Nous descendons quelques dizaines de mètres raides, avant de rejoindre le refuge d'Arbolle. Une courte pause s'impose, utile pour se ravitailler. Derrière la bâtisse, le sentier est suivi jusqu'à une bifurcation. À droite, le col Garin est accessible et à gauche, c'est pour l'Émilius. Sans changer d'objectif, nous gagnons en dénivelé sur un terrain de plus en plus lunaire. Derrière nous, la Grivola se montre. Quelle belle montagne élancée, où j'ai été contraint de faire demi-tour en 2012... Nous rencontrons le lac Gelé, puis traversons un grand névé qui descend légèrement.

Désormais, l'objectif est de gagner le col des 3 Capucins, reconnaissable par ses petites tours dont il est composé. Le terrain devient ingrat, la progression est ralentie par l'instabilité et la raideur de la pente. Une fois gagné, le massif du Mont Rose se dévoile face à nous, bien plus loin au nord-est. L'arête sud, le dernière obstacle, est sur notre gauche. C'est ici que nous croisons quelques personnes en amont, qui ont surement dû dormir au refuge.

 

Nous laissons les bâtons ici puis entamons cette dernière section. Bien que très simple, il s'agit de l'endroit le plus technique de l'ascension. Les possibilités y sont nombreuses, il est cependant préférable de progresser sur le versant oriental de cette large arête. Quelques pas d'escalade pimentent cette belle journée, l'altitude et les 2300 mètres de dénivelé commencent à se faire ressentir...

Après une petite heure de souffrance supplémentaire, le sommet est gagné ! La vue est absolument incroyable, nous avons l'impression d'observer Aoste depuis le ciel ! Toutes les hautes cimes des Alpes sont visibles, quelles soient italienne, suisses ou françaises. La vierge sommitale regarde en direction du Mont Blanc, nous rappelant qu'il nous domine encore de quasiment 1300 mètres. Quelques personnes arrivent depuis la via ferrata de l'arête ouest, alors que d'autres redescendent.

 

Une vingtaine de minutes s'écoulent lorsque nous entamons le long retour. C'est par de grosses chaleurs que nous regagnons péniblement le point de départ, Pila.

 

Le Mont Émilius est idéal pour les personnes en quête d'efforts physiques, sans prendre de grands risques objectifs. La vue récompensera grandement les longues heures de montée, en plein cœur du massif du Grand Paradis.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".