Mont Dolent (3823m)

29 & 30 mars 2017, Mont-Blanc, Suisse

 

Itinéraire : face sud

Configuration : aller-retour

Départ : la Fouly

Orientation principale : sud

Cotation descente : 3.3

Exposition : 2

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2220 mètres

Fréquentation : assez fréquenté

Compagnon : Stéphane Mégevand

Présentation du sommet

 

 

Le Mont Dolent est un sommet appartenant au massif du Mont-Blanc. Trônant au nord-est de ce dernier, il a la particularité d'être situé à la fois en territoires suisse, français et italien. Il est entouré à 360 degrés par d'imposants glaciers; celui d'Argentière au nord-ouest, celui de l'A Neuve au nord-est, celui du Dolent au sud-est et celui de Pré de Bar au sud-ouest. La cime offre de nombreux itinéraires d'alpinisme, variées en termes de styles et de difficultés, dont sa fameuse arête Gallet.

Sa face sud constitue la voie la plus facile et se prête parfaitement à la pratique du ski de randonnée. Elle se conclut par un couloir raide de neige puis par une arête effilée. Ainsi, pour toucher la vierge sommitale installée sur les 3823 mètres de la montagne, il s'agit d'une sortie alliant ski et alpinisme. Les conditions étant très bonnes dans le secteur, je propose à mon ami Stéphane de m'accompagner sur le Dolent, en dormant au bivouac Cesare Fiorio à mi-chemin.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

29 mars 2017

 

Je retrouve Stéphane chez moi à Thonon-les-Bains. Après un petit-déjeuner copieux à la maison, nous co-voiturons jusqu'à la Fouly, charmant petit village suisse du val Ferret. Voiture garée, nous débutons l'ascension skis aux pieds, vers 14 heures. L'objectif de l'après-midi se résume à rejoindre le bivouac cité précédemment, perché à environ 2800 mètres d'altitude. Nous avons prévu d'y passer la nuit, afin de couper la course en deux.

Après un long replat, où la vue sur le Tour Noir est déjà panoramique, la large combe des Fonds est gagnée. C'est sous des températures printanières agréables que la prise d'altitude s'effectue tranquillement. Bien chargés, le rythme adopté est lent mais agréable sous ce soleil radieux. Nous laissons le vallon accueillant le glacier du Dolent et le sommet lui-même sur notre droite, menant aux voies techniques de la montagne. Une pause s'impose avant de rejoindre le Petit col Ferret, dominé par la Tête de Ferret au sud-est.

Une fois atteint, une traversée plus exposée au nord-ouest est obligatoire pour rejoindre les pentes dominées par le glacier de Pré de Bar. Nous contournons actuellement la Pointe Allobrogia, le sentiment d'isolement devient ici très fort. Aucune installation humaine n'est visible à 360 degrés. À cet endroit, uniquement les masses rocheuses et glaciaires des cimes sont de sortie. Parmi elles, c'est l'Aiguille de Triolet qui s'impose le plus droit devant. Il est quasiment 18 heures lorsque le bivouac Cesare Fiorio est rejoint, composé de deux petites cabanes. La plus grande, celle en bois, sera notre maison pour la nuit.

 

Faire fondre de l'eau pour cuisiner et pour remplir les bouteilles compose le programme de la soirée. Seuls au monde ce soir, la sensation d'isolement est encore plus forte. Le réveil est réglé à sept heures. Effectivement, il est inutile de partir trop tôt, la neige doit être revenue par le soleil pour pouvoir être skiable à la descente.

30 mars 2017

 

Après une courte nuit, le réveil sonne à l'heure prévue. Quelques barres énergétiques, faisant office de petit-déjeuner, sont avalées. En sortant du refuge, je découvre un lever de soleil somptueux ! Les pentes du Dolent sont d'ores et déjà peuplées de monde. Tous les prétendants du sommet sont partis dans la nuit de la Fouly pour grimper, ils sont plus courageux que nous !

 

Skis aux pieds, nous remontons plein nord les pentes soutenues au dessus du gîte. Après quelques glissades sur une neige regelée, il est préférable de mettre les couteaux sous les skis. Conversion sur conversion, la hauteur est vite prise sur ce terrain raide. Effectivement, aucune zone de plat n'existe réellement entre le bivouac et le Dolent. Le glacier de Pré de Bar est rapidement rejoint. Je distingue les silhouettes imposantes des Grandes Jorasses et du Mont Blanc, émergeant derrière les Monts Rouges de Triolet. 

 

Un petit ressaut neigeux nécessite un déchaussage vers 3400 mètres, la pente étant trop raide pour continuer à faire des conversions. En amont, une petite pause est nécessaire avant de rechausser les skis. Le Dolent n'est plus très loin mais nous savons que les difficultés techniques sont devant nous. À 3600 mètres environ, au pied du final alpin, les skis sont déposés.

 

Crampons aux pieds et piolet à la main, nous suivons les marches formées dans la neige par les nombreux passages. En contournant un éperon rocheux par sa gauche, un couloir de neige de 150 mètres doit être remonté. La pente de neige est ponctuée d'un verrou mixte, donnant accès à l'arête sommitale. Très effilée, il est nécessaire d'être parfaitement attentif. Sous le sommet, une statue vierge nous rappelle que la victoire est proche.

Le point culminant est enfin atteint ! Se dire que l'on se trouve à la fois en France, Suisse et Italie à la fois donne un caractère unique à ce sommet. De plus, la vue centrale dont nous jouissons est de toute beauté. Les cimes majeures du massif du Mont-Blanc trônent à l'ouest, tandis que les montagnes valaisannes et italiennes se dressent à l'est et au sud.

Après une quinzaine de minutes, nous revenons prudemment aux skis. En effet, la neige devient de plus en plus molle et la désescalade pourrait vite devenir problématique si l'adhérence d'une neige dure n'est plus de la partie. Fatigués mais heureux, nous chaussons puis skions quasiment d'une traite jusqu'au bivouac, les conditions nivologiques étant excellentes. Je retrouve le matériel de cuisine au gîte, avant d'entamer l'ultime descente jusqu'à la Fouly.

Le Mont Dolent est une véritable course de haute montagne. Faisable à la journée ou en deux jours, à pied ou à skis, il est cependant primordial de rester lucide pour atteindre le véritable point culminant de la cime.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".