Mont Blanc (4810m)

31 juillet & 01 août 2011, Mont-Blanc, France

 

 

Itinéraire : par les trois Monts

Configuration : aller-retour

Départ : téléphérique de l'Aiguille du Midi

Orientation principale : nord

Cotation alpinisme : PD+

Engagement : III

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1660 mètres

Compagnon : Alexis Beal

 

 

 

Présentation du sommet

Le Mont Blanc, plus haut sommet des Alpes et d’Europe occidentale, trône entre la France et l'Italie du haut de ses 4810 mètres. Il est visible jusqu'à 300 kilomètres de distance, par temps clair. Sa première ascension remonte au 8 août 1786. Elle est réussie par le guide Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard revenu aveugle; sans lunettes de soleil, ni corde, ni piolet, ni crampons. L'Everest des Alpes jouit d'un immense versant nord glaciaire, où se dessinent les voies d'ascension les plus faciles. Son versant sud lui, comporte des itinéraires bien plus engagés. Quelque soit la voie empruntée, une bonne condition physique et une acclimatation à l'altitude sont nécessaires. Chaque année, entre 2000 et 3000 alpinistes atteignent le sommet.

La voie des trois Monts est l'une des plus faciles techniquement. Elle est cependant moins fréquentée que la voie normale car plus longue et plus dangereuse. Effectivement, il est nécessaire de traverser la face nord du Mont Blanc du Tacul, dominée par d'immenses séracs. Les alpinistes doivent ensuite atteindre le col du Mont Maudit par une pente raide de neige. Une fois franchie, ils redescendent au col de la Brenva pour remonter le Mur de la Côte jusqu'au sommet. L'idée de gravir le Mont Blanc représente à mes yeux un rêve. N'ayant personne pour m’accompagner, je décide de trouver quelqu'un sur Internet. Après plusieurs tentatives, je trouve Alexis; partant pour l’ascension par cette voie.

 

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

31 juillet 2011

 

Je rencontre mon compagnon de cordée au parking du téléphérique de l’Aiguille du Midi. Nous prenons ensuite la remontée mécanique nous propulsant à plus de 3700 mètres d’altitude, une première pour moi ! Arrivés à la station intermédiaire du Plan de l’Aiguille, la vallée de Chamonix paraît déjà loin derrière. Nous changeons de télécabine pour établir le second tronçon. Le temps est sublime, je suis pressé de marcher !

 

L’ambiance haute-montagne est omniprésente, le paradis est à portée de main ! Pour la première fois, je découvre les hautes cimes du massif. L'Aiguille Verte, les Grandes Jorasses, la Dent du Géant, le Mont Blanc du Tacul et j'en passe. Enfin équipés pour attaquer la traversée de la fine arête de la Vallée Blanche, une chose inimaginable se produit. Alexis se rend compte qu’on lui a volé son piolet pendant que nous étions occupés à fixer nos crampons. Il réussit à rattraper le touriste qui s’était servi chez les alpinistes, suite à un sprint au dessus de 3700 mètres ! Après cet incident, nous nous mettons en marche.

 

La traversée de l'arête est impressionnante. Les croisements entre les personnes qui montent et celles qui descendent sont délicats. Nous décidons de nous promener sur le glacier pour aller rejoindre la première Pointe Lachenal, en guise d'échauffement et d'acclimatation. En effet, il est à peine midi et nous avons amplement le temps de découvrir ces lieux magiques. Nous traversons l'immense col du Midi sous une chaleur étouffante puis grimpons une pente raide de neige avant d'atteindre le sommet. La vue sur les séracs suspendus du Tacul y est grandiose !

 

Nous redescendons de la Pointe Lachenal et gagnons le refuge des Cosmiques, perché sur un éperon rocheux à 3616 mètres d'altitude. Nous déposons nos affaires dans la chambre qui nous est attribuée et sortons sur la terrasse. La vue y est somptueuse et aérienne sur la vallée et sur l'immense glacier des Bossons. Nous observons également le tracé du lendemain qui se dessine en face nord du Tacul. Nous sympathisons avec des anglais d’un certain âge qui ont réalisé de belles courses durant leur vie. Pour eux, le Mont-Blanc du Tacul est l’objectif du lendemain. Nous mangeons le repas du soir avec appétit puis allons nous coucher. Le réveil est prévu pour deux heures du matin.



01 août 2011

 

Avec le manque d’acclimatation et l'excitation, je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. Après un petit-déjeuner conséquent, il est l’heure de s’équiper. Il est un peu moins de trois heures du matin lorsque nous quittons le refuge pour poser les pieds sur le glacier. Nous retraversons le col du Midi et nous dirigeons en direction de la face nord du Mont-Blanc du Tacul. L’ambiance est indescriptible, les lampes frontales des premiers alpinistes sont devant nous et les lumières de la vallée de Chamonix derrière ! Les températures et l'absence de vent sont très agréables. Nous savons qu'il y d'importants séracs en amont, nous adoptons donc un rythme rapide sur cette première partie de la course. D'importantes crevasses doivent être traversées sur la partie haute de la face. Nous arrivons à l’épaule du Tacul, à 4075 mètres d'altitude.

 

Nous nous engageons désormais dans une courte descente pour rejoindre le col Maudit. Au loin, nous distinguons les premières lueurs du jour. Le soleil colore timidement la scène et c’est à ce moment-là que je me rends compte de la hauteur à laquelle nous nous trouvons déjà. Lorsque nous arrivons au passage clef de la course, le lever de soleil se pointe. La pente de 55 degrés pour rejoindre le col du Mont Maudit se trouve juste au dessus de nous. Ce passage est équipé d'une corde fixe, où nous pouvons y mettre quelques dégaines afin de sécuriser la progression. À cet endroit, la chute est interdite. 

 

Une fois gravie, le jour s’est entièrement levé et on aperçoit enfin l’objectif, le toit de l’Europe occidentale ! Il reste encore une longue distance à parcourir. Nous devons descendre jusqu’au col de la Brenva, à 4360 mètres d'altitude. Après cinq minutes de pause, nous continuons vers le sommet. Il s'agit de la face nord-est du Mont-Blanc, le Mur de la Côte, qui remonte jusqu'à son sommet. Nous avançons à bon rythme jusqu'à 4400 mètres, où nous commençons à ressentir les effets de l’altitude. Alexis revient d’une semaine à la mer et pour ma part, je n'ai aucune acclimatation suffisante. Le sommet du Mont Blanc paraît si proche, il ressemble à une vulgaire colline enneigée d'ici. En dépassant les 4650 mètres d’altitude, je me fais la réflexion que nous sommes au dessus de tous les autres sommets des Alpes, ayant dépassé la hauteur de la Pointe Dufour. La fin de l'ascension parait interminable.

 

Arrivant au but, je suis étonné du sommet, il s’agit d’une crête neigeuse et non d'un dôme. Je suis heureux d'être ici, mon premier Mont Blanc ! En étant statique, nous ressentons le froid glacial qui règne ici. Je me précipite pour sortir mon appareil photo et mitrailler pendant que d’autres téléphonent, étonnant ! Je distingue les sommets autour de moi et certains paraissent ridicules d'ici. Le Buet par exemple ressemble à une motte de terre, pourtant imposant depuis la vallée. En ces instants, j’ai l’impression d’être en avion avec les pieds sur terre, les nuages paraissent bien bas par rapport à nous.

 

Après une vingtaine de minutes inoubliables, nous redescendons par le même itinéraire. Le soleil cogne fort et malgré la crème solaire, nous bronzons à grande vitesse. Nous revenons au fameux passage technique, situé en aval du col du Mont Maudit. Nous descendons prudemment à tour de rôle. L'endroit est exposé et la concentration doit être maximale. De retour à l'épaule du Tacul, je découvre les nombreuses crevasses et séracs cohabitant en face nord. Une fois le col du Midi atteint, nous sommes contraints de remonter 200 mètres de dénivelé pour reprendre le téléphérique, une rude épreuve après avoir gravi le Mont Blanc sans sommeil ! Grâce au téléphérique, le retour en vallée est rapide.

 

Course classique, mythique et tellement belle ! Il est cependant nécessaire de s'y aventurer par conditions stables, la traversée de la face nord du Tacul n'est pas sans risque. Outre les nombreux séracs, cette dernière est également réputée pour être très avalancheuse...

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".