Kinabalu (4095m)

16 & 17 mars 2013, Bornéo, Malaisie

 

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : Timpohon Gate

Orientation principale : sud

Cotation randonnée : T3

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2230 mètres

Compagnon : Manon Aubert

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Kinabalu constitue le point culminant de la Malaisie, situé au nord de l'île de Bornéo. Il s'agit de la cime la plus élevée entre la chaine de l'Himalaya et la Nouvelle Guinée. Elle possède une importante biodiversité, rendue possible grâce à un climat et à une géologie uniques. La forêt qui l'entoure renferme un bon nombre d'espèces endémiques, telles que des plantes carnivores ou des orchidées sauvages. L'immense partie boisée est dominée par un vaste plateau rocheux, où ressortent neuf sommets dont le Low's Peak, le plus haut.

 

L'ascension de ce dernier représente une longue randonnée en altitude, réputée magnifique. À seulement deux heures d’avion de Singapour, où j’étudie actuellement avec Manon, l’envie de gravir le géant malais est plus qu’omniprésente. Cependant, il est obligatoire d’avoir un guide agrée pour pouvoir entrer dans le parc national, où se trouve la montagne. Grâce à une offre "all included" que nous payons, la logistique sera facilitée une fois sur place.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

16 mars 2013

 

Arrivés à Kota Kinabalu la veille, nous nous réveillons le matin à l'hôtel. Comme prévu, un minibus nous attend devant et nous conduit jusqu'au parc national de la montagne. La route est très belle et j'aperçois l'immense masse rocheuse du Kinabalu depuis la vallée. Une fois au pied de l'imposante cime, un guide local nous est attribué. Ce dernier nous remet des bracelets, nous autorisant à grimper. Le point de départ est rejoint, le Timpohon Gate. À cet endroit, des gardes vérifient nos permis d'ascension et nous ouvrent l'immense portail, donnant accès au sentier de randonnée. Nous constituons un groupe de quatre; un philippin, le guide, Manon et moi-même.

 

La première partie de la randonnée se déroule dans une jungle tropicale, où je découvre des plantes que je n’avais jamais vu de ma vie ! L'itinéraire est très bien balisé car tous les 500 mètres, un panneau en bois nous communique la distance parcourue et l'altitude. Très vite, Manon et moi adoptons un rythme plus rapide que nos collègues. Nous leur donnons donc rendez-vous directement au refuge dans lequel il est prévu de passer la nuit.

 

La progression est agréable, malgré une chaleur humide et fatigante qui règne. Après deux heures et demi de marche, nous gagnons le refuge Laban Rata, perché à 3353 mètres. Sortis de la forêt, Manon et moi distinguons désormais les hauts sommets rocheux du Kinabalu. Malgré la hauteur à laquelle nous nous trouvons, je n'ai absolument pas l’impression d’être en montagne. En effet, la végétation est toujours de la partie et la neige est inexistante ! Seul les nuages, que nous surplombons, peuvent nous rappeler que nous sommes relativement haut.

 

En entrant dans la bâtisse, qui s'apparente plus à un hôtel qu'autre chose, je découvre un confort inattendu. Il y a de vrais lits, des douches dignes de ce nom et même un buffet pour le repas du soir, du jamais vu à une telle altitude ! J’en profite pour acheter des cartes postales et les écrire. Après un dîner plus que copieux, nous admirons un coucher de soleil somptueux. Il est temps d’aller dormir car le réveil est fixé à deux heures du matin.

 

 

17 mars 2013

 

L'alarme sonne. Nous prenons un petit-déjeuner rapide puis sortons dehors où je découvre un ciel parfaitement étoilé. La cime est réputée pour être très fréquentée. Il faut donc partir parmi les premiers ou avoir un meilleur rythme afin d'être bien placé pour admirer le lever de soleil depuis le sommet. Nous donnons rendez-vous au guide et au philippin pour ne pas être ralenti durant notre ascension.

 

Le rythme adopté est bon mais il ne faut pas non plus que l’on arrive trop tôt. En effet, rester statique à plus de 4000 mètres en pleine nuit avec notre maigre équipement ne serait pas agréable. Nous doublons beaucoup de personnes avant d’arriver à une section équipée de cordes fixes. La végétation tropicale a laissé place à un univers minéral. Après avoir dépassé un autre point de contrôle, où il est obligatoire de montrer son bracelet, j'aperçois un écriteau où est écrit "world highest via ferrata". Cette dernière se situe sur l'un des sommets secondaires du Kinabalu. Nous progressons désormais sur de grandes dalles lisses, le sommet n’est plus très loin.

 

Après une escalade très facile, nous arrivons au sommet principal, le Low’s Peak ! Ici, un panneau indique son altitude. Il est quatre heures et demi du matin et il fait encore nuit noire. Deux personnes sont arrivées avant nous, l'une faisant une prière et l’autre vomissant. Nous sommes prêts à attendre le lever de soleil dans le froid, avec nos vêtements achetés sur un marché chinois en Australie. Heureusement que nous trouvons un endroit entre deux gros rochers, nous abritant du vent. Le sommet se peuple de plus. Les premières lumières apparaissent au loin, nous découvrons le magnifique paysage qui nous entoure ! Le lever de soleil est grandiose et restera longtemps gravé dans ma mémoire ! Un moment magique qui nous a coûté une bonne hypothermie !

 

Lorsque nous descendons légèrement, nous rencontrons notre guide et le philippin. Nous leur donnons rendez-vous au pied de la montagne. Il est désormais temps de revenir à la civilisation, par le même itinéraire. Durant le long retour, nous découvrons l'esthétique chemin que nous avons emprunté de nuit. Une magnifique mer de nuage se distingue à l’horizon.

 

De retour au Timpohon Gate, on nous remet un de diplôme pour avoir gravi le sommet. Nous regagnons Kota Kinabalu en minibus pour prendre l'avion et revenir à Singapour, la tête pleine d'images ! Quelle expérience inoubliable !

 

Le Kinabalu est une magnifique montagne et est sans doute l'une de mes plus belles randonnées jusqu'à présent. Un 4000 très esthétique et abordable, pour toute personne en forme physiquement.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".