Kilimandjaro (5895m)

Du 08 au 13 août 2017, Grand Rift, Tanzanie

 

Itinéraire : voie Machame

Configuration : traversée

Départ : porte Machame

Orientation principale : sud

Cotation randonnée : T3

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 4095 mètres

Fréquentation : très fréquenté

Compagnons :

  • Vincent Febvet, Stéphane Mégevand

  • Grégoire Stevenson, Honest Ngowi

  • Freddy Ngowi, 9 porteurs 

Présentation du sommet

 

 

Le Kilimandjaro, parfois orthographié Kilimanjaro, trône au nord-est de la Tanzanie et représente le point culminant de l'Afrique. Il fait donc partie du célèbre défi des Seven Summits, consistant à gravir la plus haute montagne de chaque continent. Le géant africain est un triple volcan éteint; composé du Shira, du Mawenzi et du Kibo. C'est ce dernier qui marque les 5895 mètres d'altitude, constituant le sommet le plus proéminent de la planète. Le Kilimandjaro offre quelques glaciers à proximité de son cratère, en phase de retrait accéléré. Il appartient à un parc national, où les règles sont strictes et où il est obligatoire d'être accompagné de guides et de porteurs. Chaque année, pas moins de 30 000 personnes tentent l'ascension de la cime, par ses différentes voies d'accès. Parmi elles, nous pouvons citer la Marangu, la Lemosho, la Shira, la Rongai, l'Umbwe et la Machame.

La dernière évoquée représente l'un des itinéraires les plus empruntés, jugé souvent comme le plus esthétique. Afin d'atteindre le point culminant bien acclimaté, ce parcours nécessite six jours complets. Il débute à la porte Machame, d'une altitude égale à 1800 mètres, et se conclut par la descente de la voie Mweka. Cette traversée majeure est composée d'une multitude de paysages, allant de la jungle tropicale à un environnement minéral ponctué de glace. Continuant mon projet des Seven Summits, l'envie de gravir le Kilimandjaro est réelle. J'arrive à composer un groupe d'amis, motivés pour m'accompagner dans cette aventure. Vincent, Stéphane et Grégoire ont signé pour être mes compagnons de voyage.

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Deux jours auparavant, nous avions atterri à Nairobi, capitale du Kenya. La journée du lendemain s'est déroulée essentiellement dans un bus, traversant la savane et nous menant en Tanzanie. Après avoir réglé les formalités à la frontière de Namanga, nous sommes arrivés à la ville d'Arusha où nous avons rencontré Honest, guide local anglophone. Pour ma part, je le connais un peu car j'échange avec lui via Internet depuis quelques mois. J'avais obtenu son contact grâce à mon ami Laurent, avec lequel il avait gravi le toit de l'Afrique en octobre dernier. Il nous guidera de bas en haut, avec son cousin Freddy, sur la même montagne.

Jour 1 : porte Machame (1800m) > camp Machame (2835m)

Dans la matinée d'aujourd'hui, comme prévu, un minibus nous récupère devant notre hôtel. Neuf porteurs et nos deux guides  en sortent et nous saluent. Le véhicule plein à craquer, nous gagnons la ville de Moshi deux heures plus tard, dernière étendue urbaine avant de rejoindre le pied du Kilimandjaro. Nous nous arrêtons brièvement dans une station service, afin d'acheter quelques collations avant le grand départ.

La porte Machame, point de départ de la voie éponyme, est gagnée peu de temps après. À cet endroit, nombreux sont les touristes qui attendent leurs autorisations, obligatoires pour gravir le point culminant. C'est ici que nous nous rendons compte à quel point la montagne est populaire. Honest s'occupe des démarches administratives et nous fait signer le registre du parc national. Légèrement en amont, les porteurs des différentes compagnies de trekking vérifient le poids de leurs sacs. En théorie, chacun d'entre eux ne doit pas transporter plus de 15 kilogrammes. En voyant leurs paquetages, il est impossible d'y croire.

 

Les autorisations pour grimper dans la poche, Honest nous donne nos déjeuners, minutieusement rangés dans des boites. Nous franchissons ensuite les barrières métalliques, donnant accès au véritable point de départ de la voie. C'est Freddy qui nous accompagne durant cette journée. Honest et les porteurs nous rejoindront directement au camp Machame. Le programme de l'après-midi consiste à gravir 1000 mètres de dénivelé positifs, pour une distance d'environ 11 kilomètres. 

 

Le début de l'ascension se déroule sur une large piste, serpentant dans une forêt tropicale peuplée de singes. Un écriteau en bois se dresse sur la droite du chemin, souhaitant bonne chance à tous les prétendants du sommet. Le rythme adopté est relativement lent, les charges sur nos épaules étant conséquentes. Effectivement, nous avons décidé de porter chacun toutes nos affaires personnelles. Pour notre expédition, les porteurs auront déjà le matériel de bivouac, ainsi que toute la nourriture nécessaire pour la semaine de marche.

 

Malgré une vitesse plutôt basse, nous doublons un nombre incalculable de touristes, n'ayant pourtant trois fois rien sur le dos. C'est à cet instant que nous cernons la mentalité des étrangers venus ici. Porter le moins possible, tout donner aux porteurs, être dans le luxe et s'offrir un sommet sans trop de souffrance, voilà comment je résumerais leur vision. En amont, lorsque la partie boisée se fait de moins en moins dense, les neiges du Kilimandjaro apparaissent au loin ! Le contraste entre celles-ci et la verdure environnante est très esthétique.

Le camp Machame est rejoint en milieu d'après-midi. À chaque fin d'étape, il est obligatoire de re-signer le registre du parc. Les touristes ont un carnet spécifique, tandis que les guides en ont un autre. Nous faisons la connaissance de Jérémy, autre français ayant gravi le Mont Kenya la semaine passée. Parmi la foule, Honest nous retrouve et nous fait signe de le suivre. Notre campement a été installé par les porteurs un peu plus loin. Ces derniers ont leur propre tente, accueillant également nos deux guides. Pour nous, deux autres tentes plus petites sont à notre disposition.

Le diner est servi dans la tente des locaux, dans une abside qui nous est réservée. Au menu, pommes de terre sautées et poulet frit avec popcorn en entrée, que demander de plus ? Le ventre plein, je m'installe dans la tente avec Vincent. Lecture, écriture  et rigolades composeront le reste de la nuit.

 

 

Jour 2 : camp Machame (2835m) > camp Shira Cave (3750m)

 

Le réveil sonne, il est environ sept heures du matin. En sortant, je constate que la météo est parfaite. Les températures sont plus qu'agréables et le soleil semble bel et bien de la partie. Un petit-déjeuner consistant est pris dans la tente des guides et porteurs, au même endroit. Nous préparons ensuite les sacs, sans nous préoccuper des tentes. En effet, les porteurs ont entre autres la responsabilité d'installer et de désinstaller le campement, un luxe dont je ne suis pas habitué dans les Alpes !

Prêts à en découdre, nous suivons Honest et Freddy. L'itinéraire, se redressant et s'affinant significativement, est d'ores et déjà noir de monde. Les embouteillages y sont fréquents et il est parfois délicat de dépasser les personnes plus lentes. Ayant gagné de la hauteur, la végétation se fait plus timide et la vue plus dégagée. Ainsi, nous pouvons apercevoir derrière nous la silhouette du Mont Meru, deuxième plus haut sommet de Tanzanie. Ce dernier émerge de la mer de nuages qui s'est formée en aval, que nous surplombons largement.

Une pause s'impose en amont, sur un rognon rocheux large et plat. Désormais, les arbres ne sont plus monnaie courante et sont petit à petit remplacés par un univers minéral, parsemé de lichen et de bruyères. Parfois, quelques autres espèces intrinsèques à l'endroit surgissent, comme les esthétiques séneçons géants. La suite du programme se déroule sur une ancienne coulée de lave, où la pente devient parfois franche. Sous le camp Shira Cave, il est nécessaire de réaliser une traversée à flanc, sur notre gauche.

Les efforts se concluent en début d'après-midi. La vue sur le versant occidental du Kilimandjaro est imprenable depuis ce second camp ! Le sommet parait encore bien haut et lointain. Honest nous fait signe de le suivre, afin d'apporter une nouvelle fois notre signature. Une fois fait, nous gagnons nos tentes respectives, déjà installées par les porteurs. Sieste et lecture résument la fin de journée, en attendant l'immense plat de pâtes promis par nos guides en guise de diner.

Jour 3 : camp Shira Cave (3750m) > Lava Tower (4695m) > camp Baranco (3900m)

 

Nous nous réveillons une nouvelle fois à sept heures, après une nuit glaciale. Désormais, le soleil se fait radieux et nous motive plus que jamais pour continuer notre avancée. Petit-déjeuners avalés et sacs à dos sur les épaules, nous suivons Freddy. L'altitude remet vite à l'ordre quant au rythme adopté, relativement rapide. La végétation, déjà bien timide en ces lieux, disparait presque totalement plus haut. Ce n'est qu'après une demi-heure d'effort que la barre des 4000 mètres est franchie, une première pour mon ami Stéphane !

 

Sous l'imposante face ouest du Kilimandjaro, dominant l'horizon droit devant, nous prenons pied dans l'immense Alpine Desert. Il s'agit d'un longue étendue rocailleuse et poussiéreuse, guère pentue. Cette dernière mène à un col abritant le camp de la Lava Tower, antécime notable du géant africain se dressant à l'est de notre position. Le cheminement pour y accéder reste évident, il suffit de suivre les hordes de personnes peuplant la montagne. Honest nous rattrape sur la route sans aucune difficulté.

Le col, bondé de tentes, est sous nos pieds vers onze heures. Honest est d'accord pour nous emmener sur la Lava Tower, en guise d'échauffement pour la suite. Rares sont les personnes qui s'aventurent sur les pentes de la proéminence rocheuse, très escarpée par endroits. En laissant les sacs au camp, surveillés par Freddy, la montée sera plus efficace et plus plaisante. Après quelques pas d'escalade ludiques, nous gagnons tous ensemble le sommet, perché à quasiment 4700 mètres d'altitude ! Après quelques photos, nous revenons prudemment sur nos pas et retrouvons Freddy.

Une longue descente nous sépare désormais du prochain camp, celui du Baranco. D'abord dans un décor lunaire, celui-ci redevient plus vivant au fur et à mesure que nous perdons en hauteur. Avant d'en terminer avec cette journée fatigante, la végétation locale surgit à nouveau vers les 4000 mètres d'altitude, avec un passage très esthétique sous les séneçons géants.

Le camp est gagné vers 15 heures. Il s'agit du plus grand rencontré jusqu'à maintenant. En effet, beaucoup de voies se rejoignent ici, dont la Machame, la Lemosho et la Umbwe. Après la signature habituelle, je profite d'un coucher de soleil inoubliable sur le Kilimandjaro. Je retrouve Stéphane, Vincent et Grégoire, discutant avec Jérémy et trois autres personnes. Parmi elles, nous faisons la connaissance d'un autre français, Basile, ainsi que celle de deux sœurs allemandes, Elena et Sofia. C'est avec ce petit groupe que nous finissons la soirée, en jouant aux cartes après avoir mangé une plâtrée de riz importante.

 

 

Jour 4 : camp Baranco (3900m) > camp Barafu (4673m)

Six heure et demie marquent le début de cette quatrième journée. Dehors, la silhouette du Kilimandjaro est violemment balayée par les vents, l'ambiance haute montagne est au rendez-vous. Comme à son habitude, nous petit-déjeunons très correctement. Sacs prêts, nous nous mettons en marche et traversons l'immense camp.

Plus à l'est, nous buttons au pied de l'obscur Baranco Wall, constituant la section la plus raide de la voie Machame. Il est également appelé le Breakfast Wall, en raison des personnes vomissant leur petit-déjeuner à cause de l'effort. Les bouchons y sont fréquents car certains passages nécessitent de poser les mains, l'inexpérience de beaucoup parle d'elle-même. Même sur ces sections plus exigeantes, les guides et porteurs eux, ont une facilité étonnante à grimper. Malgré le poids important sur leurs dos et le matériel obsolète qu'ils utilisent, ils n'ont aucun mal à doubler.

 

En amont de l'obstacle, nous faisons une courte pause sur une plateforme rocheuse. Le terrain se fait moins technique désormais. La prochaine étape consiste à gagner le camp intermédiaire de Karanga, en alternant montées et descentes, longeant la face sud du toit de l'Afrique. Le temps est mitigé, la visibilité au loin n'est pas optimale. Suite à une perte d'altitude plus conséquente, suivie d'une énième montée plus raide, le camp cité précédemment est gagné. Nous y déjeunons, désormais loin des températures agréables, puis reprenons rapidement notre marche pour ne pas geler.

Motivés pour en finir, nous attaquons la dernière pente du jour, douce, longue et régulière. Vers 4400 mètres, j'aperçois quelques personnes au loin sur ma droite, descendant de la voie Mweka. Notre itinéraire vient ensuite buter contre une paroi rocheuse plus loin, présente juste en aval du camp Barafu. Un cheminement astucieux permet d'éviter les difficultés.

 

Après une cinquième signature, nous nous reposons dans nos tentes déjà installées, à quasiment 4700 mètres d'altitude. Le diner est servi à 18 heures. Honest nous briefe ensuite sur la journée du lendemain. Il estime que nous avançons vite et que nous pouvons atteindre le sommet en quatre heures d'ici. Inutile donc de partir à minuit pour voir le lever de soleil, comme habituellement. Il nous affirme qu'un départ à deux heures serait optimal, en sa compagnie et celle de Freddy. Revenant au camp Barafu sur le retour, nous laisserons donc un maximum d'affaire, afin d'être le plus léger possible. À 20 heures, tout le monde est couché. L'excitation mélangée à la fatigue et à l'angoisse, voilà ce que l'on ressent avant un grand sommet...

Jour 5 : camp Barafu (4673m) > Kilimandjaro (5895m) > camp Mweka (3100m)

Le réveil sonne, il est une heure et quart du matin. C'est le jour J, cela faisait tellement longtemps que nous attendions cela ! Impatients comme des enfants, nous nous préparons avec hâte, malgré la toute petite nuit passée et le manque crucial de sommeil. L'un des porteurs nous amène gentiment quelques biscuits et du thé dans nos tentes. Le ventre à moitié plein, il est grand temps de partir à l'assaut du Kilimandjaro !

 

C'est dans le brouillard de la veille, resté accroché à la montagne, que nous commençons la marche un peu avant deux heures. Ralentis de manière significative par la haute altitude, notre rythme n'est cependant pas si mauvais. Effectivement, après quelques dizaines de minutes d'effort, nous doublons déjà un bon nombre de personnes. Au fur et à mesure que nous grimpons le versant sud-est de la cime, par de nombreux lacets poussiéreux, la fatigue se prononce. Le souffle est court, les maux de tête sont déjà présents chez moi.

 

Le moral remonte grandement lorsque nous sortons des nuages, à environ 5300 mètres d'altitude. Quant aux températures, elles chutent d'un coup. L'ambiance se fait désormais glaciale, sous un ciel étoilé sans égal ! La nuit noire est éclairée par les nombreuses frontales des randonneurs, en amont et en aval de notre position.

La face se conclut au Stella Point, à 5756 mètres d'altitude, matérialisé par un écriteau en bois. Nous sommes désormais au bord de l'immense cratère du toit de l'Afrique. La fin est proche, nous le savons et sommes déjà émus. Les premières lueurs du jour apparaissent à l'horizon, le vent est parfois violent. C'est à cet instant que nous apercevons pour la première fois les glaciers du Kilimandjaro, sur notre gauche. Les derniers mètres se déroulent sur une crête sommitale facile, très esthétique. Elle s'aplanit sur la fin et se conclut au point culminant, où un attroupement de personnes s'est formé droit devant.

Le sommet est atteint vers six heures et demie ! L'émotion est forte, je verse une larme devant le spectacle grandiose dont je suis témoin. Le ciel change de couleur toutes les minutes. Un quart d'heure s'écoule lorsque le soleil apparait au loin, en amont de la mer de nuages qui nous entoure à 360 degrés. Je prends chacun de mes amis dans mes bras, avant de remercier chaleureusement nos deux guides. J'immortalise les lieux maintes fois, en faisant diverses photos de groupe avec le panneau qui matérialise le plus haut point  du continent. Dessus, il est écrit "Uhuru Peak", signifiant "sommet de la liberté" en langue swahilie. La cerise sur le gâteau est d'apercevoir un spectre de Brocken, phénomène optique assez rare, s'étant formé dans le ciel.

Après avoir passé un moment unique à quasiment 6000 mètres d'altitude, je demande à Honest et Freddy de réaliser un léger détour, afin d'admirer de plus près l'un des glaciers. Avec leur accord, nous perdons une quarantaine de mètres de dénivelé, avant de traverser une zone de pénitents. Au pied du mur de glace, les lieux sont encore sublimes !

 

Quelques photos plus tard, nous remontons au bord du cratère puis débutons le long retour à la civilisation. Le Stella Point est vite retrouvé, où nous croisons un bon nombre de personnes exténuées. Honest et Freddy nous montrent une voie de descente parallèle à celle empruntée à la montée, essentiellement composée de petites roches volcaniques. Ainsi, il est possible de descendre très vite, en glissant sur le sol meuble. Le camp Barafu est regagné vers le coup des neuf heures, où nous souffrons quasiment tous de migraine. Pour ma part, les maux de tête sont limite soutenables. Fatigué, je m'écoule dans ma tente, où je somnole deux petites heures.

Au réveil, la douleur n'est passée chez personne. Honest nous conseille de manger rapidement, puis de rejoindre rapidement des altitudes plus raisonnables. La suite du programme consiste à rejoindre la voie Mweka, en contrebas du camp Barafu, puis de l'emprunter sur le sens de la descente jusqu'au camp éponyme, à 3100 mètres d'altitude.

Les sacs lourds à nouveau sur nos épaules, nous suivons Honest et Freddy. Après une heure de descente environ, nous gagnons un camp intermédiaire de la voie Mweka, à un peu moins de 4000 mètres. Une courte pause s'impose en ces lieux, où la végétation a repris ses droits. La silhouette volcanique du Kilimandjaro apparait dans notre dos, la vue est digne d'une carte postale ! Nous enchainons rapidement la descente au camp Mweka, 800 mètres en aval, sous les arbres. Les maux de tête se dissipent puis disparaissent totalement.

Heureux de notre journée, nous signons le registre puis rejoignons les porteurs et notre campement. Il s'agit de la dernière soirée sur cette immense montagne. Nous profitons de celle-ci pour échanger nos impressions, nos ressentis entre nous, mais aussi avec les guides. Honest et Freddy ont été contents d'avoir guidé un groupe jeune et fort, en reprenant leurs qualificatifs. La soirée se conclut par un bon repas et par de nombreuses parties de coinche.

Jour 6 : camp Mweka (3100m) > porte Mweka (1640m)

Étant bien reposés, nous émergeons peu après sept heures. Un petit-déjeuner plus tard, les pensées toujours obnubilées par le panorama sommital d'hier, les guides et les porteurs nous chantent l'hymne officielle du Kilimandjaro. Cette dernière célèbre notre victoire et le bon déroulement de l'expédition. L'expression "Hakuna Matata", rythmant le chant et signifiant "pas de problème" en swahili, souligne l'atmosphère détendue du lieu. 

 

Déjà nostalgiques de cette merveilleuse aventure, il est temps de quitter définitivement le volcan. Il ne suffit plus que de descendre 1200 mètres de dénivelé, en forêt tropicale jusqu'à la porte Mweka, sur un terrain parfois raide et boueux. Sur notre chemin, nous rencontrons un hollandais inconscient, porté par trois locaux. Ce dernier a fait un mal aigu des montagnes vers 5000 mètres cette nuit, et a été redescendu jusqu'ici. Inutile de préciser que les secours en hélicoptère n'existent pas ici. Un rappel à l'ordre, soulignant la vulnérabilité de l'être humain face aux éléments, que nous ne sommes pas prêt d'oublier.

La porte Mweka est gagnée rapidement en matinée. Une ultime signature est nécessaire pour clore officiellement l'ascension. Nous retrouvons le minibus de l'allée, nous conduisant à Moshi. Il est de coutume de laisser un pourboire à chacun des guides et porteurs. Nous respectons donc cette tradition avec plaisir, avant de saluer et de remerciement une énième fois nos porteurs. Concernant Honest et Freddy, ils nous accompagneront le reste du séjour, qui se conclura par deux jours de safari.

Revenus à Arusha, la douche à l'hôtel tant attendue est salvatrice, après six jours d'effort sans réellement se laver. Honest revient nous remettre les diplômes officiels du Kilimandjaro. Heureux d'avoir réussi tous ensemble, cette ascension restera longtemps gravée dans ma mémoire. Il est temps d'aller se reposer, avant de profiter du parc Manyara et du cratère du Ngorongoro !

La montée du Kilimandjaro, bien que très populaire, demande néanmoins une réelle condition physique pour pouvoir en profiter pleinement. Sans aucune difficulté technique, la voie Machame représente un itinéraire somptueux pour tous les amateurs de grande randonnée ! Une aventure sportive et humaine à conseiller sans modération !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".