Grande Jumelle, Gardy & Grammont

30 octobre 2015, Chablais, Suisse

Sommets gravis, voies & cotations : 

  • Grande Jumelle (2215m)

    • ​arête ouest, T4

  • Mont Gardy (2201m)

    • ​face est, F

  • Grammont (2172m)

    • ​versant sud, T2

Configuration : boucle

Départ : le Flon

Engagement maximal : II

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1900 mètres

Compagnon : Pierre Beraneck

Présentation des sommets

 

 

Les sommets surplombant Vouvry se situent dans le massif du Chablais suisse. Le Grammont, le plus connu et le plus populaire d'entre eux, représente l'un des plus beaux belvédères du lac Léman. La Grande Jumelle domine ce dernier de quelques dizaines de mètres au sud-ouest et offre une randonnée plus aérienne, sur son arête occidentale. Elle est bien visible depuis la vallée du Rhône et trône comme une reine depuis le lac du Tanay. Le Mont Gardy, plus discret, relève de l'alpinisme facile si on le gravit par son versant oriental. Il se dresse à l'est de la Grande Jumelle et en est séparé par le Mont Valeur.

 

En cet automne 2015, où les conditions sont restées estivales à basse altitude, je propose à mon ami Pierre d'aller faire un tour dans ce magnifique coin des Alpes. Nous essayerons de gravir ces trois sommets à la journée, à un rythme efficace et soutenu. Ayant déjà atteint le Grammont par mauvais temps en 2013, je suis désireux d'aller y admirer la vue par bonne visibilité et d'aller escalader les cimes voisines.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Arrivés au Flon vers huit heures du matin, nous nous préparons pour débuter cette longue et belle journée. Par une large route carrossable, nous atteignons rapidement le col de Tanay et le magnifique lac du même nom, perchés respectivement à 1440 et 1408 mètres d'altitude. Ce dernier est dominé par l'esthétique rocher de la Tâche. N'ayant tous les deux jamais gravi la Grande Jumelle, nous décidons de commencer notre promenade par celle-ci.

 

Nous traversons donc le hameau du Tanay en direction de l'ouest. Les températures sont fraiches, ce qui nous permet de progresser agréablement. En empruntant le sentier en rive droite, nous arrivons au point 1760 où il est nécessaire de prendre un sentier plus pentu, menant à l'est. Ce dernier nous conduit au chalet de la Combe, à 1911 mètres d'altitude. La progression s'effectue désormais sur un sentier moins visible et plus raide. De nombreux bouquetins sont présents et se marient parfaitement avec les hautes cimes enneigées, visibles au loin. Arrivés à une antenne météo, nous prenons enfin pied sur l'arête occidentale de notre premier objectif, large mais quelque peu enneigée. Certains pas sont relativement exposés en versant nord.

 

Au sommet, la vue y est absolument somptueuse ! Au nord, le bleu roi du lac Léman contraste avec les couleurs d'automne des arbres. Au sud, les hauts sommets alpins découpent l'horizon tels que le Mont Blanc, le Grand Combin, la Dent Blanche et j'en passe ! Nous immortalisons les lieux avant de revenir aux chalets de la Combe, en contrebas.

 

Nous nous y posons pour manger et boire avant de s'attaquer au Mont Gardy. Nous sortons des sentiers battus pour arriver au pied de l'imposante montagne. Pierre décide de m'attendre ici, je montrerai donc seul. Le couloir d'accès, situé proche d'un rognon rocheux détaché de la montagne, n'est pas évident à trouver. Ce dernier étant gras et parfois enneigé, je fixe mes crampons aux chaussures. Une vieille corde usée est installée, mais je préfère ne pas tirer dessus. Une fois le couloir franchi, j'atteins l'arête sud-est. Cette dernière est rocheuse et est entrecoupée de bancs herbeux.

 

Je gagne le sommet, offrant une vue bien similaire à la Grande Jumelle. Quelques photos plus tard, je désescalade prudemment l'arête, facile mais très exposée. De retour dans le couloir, la concentration doit être maximale pour ne pas dévisser. Je sors la corde de mon sac pour revenir en toute sécurité au pied des difficultés, grâce à un rappel de 15 mètres. Je retrouve mon ami Pierre puis revenons sur nos pas afin de partir pour le Grammont. Nous trouvons un raccourci et empruntons un tunnel pour remonter jusqu'au col des Crosses. D'ici, nous traversons horizontalement pour atteindre le pied de l'arête nord-ouest qui aboutit au point culminant.

 

Le dernier sommet est atteint au coucher de soleil, le spectacle est absolument sublime ! Le vent se lève quelque peu, les températures baissent et la luminosité se fait de plus en plus faible. Nous nous dépêchons donc pour redescendre en vallée. Le parking est regagné de nuit, vers 18 heures.

 

Cette boucle est tout bonnement superbe. D'un dénivelé et d'une distance conséquents, il est nécessaire de partir tôt et de ne pas trainer sur l'itinéraire.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".