Iztaccíhualt (5230m)

28 août & 29 août 2014, cordillère néovolcanique, Mexique

 

Itinéraire : arête sud

Configuration : aller-retour

Départ : refuge Altzomoni

Orientation principale : nord

Cotation alpinisme : F

Engagement : III

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1450 mètres

Compagnons :

  • Janos Amman

  • Pierre Taslé

  • HG México

 

 

Présentation du sommet

 

 

L'Iztaccíhuatl est un volcan situé à 70 kilomètres de Mexico, de plus de 5000 mètres d'altitude. Il représente le troisième plus haut sommet du pays et se situe au nord du Popocatepelt, son voisin actif. Les deux cimes font partie du même parc national, le Izta-Popo Zoquiapan National Park. Le nom de notre montagne provient du nahuatl, signifiant "femme blanche". En effet, dans la mythologie aztèque, ses quatre pics représenteraient la tête, la poitrine, les genoux et les pieds d'une femme endormie.

 

La voie normale, l'arête méridionale, est une coures d'alpinisme peu technique. Étant cinq mois au Mexique pour étudier, je suis désireux de gravir les plus hauts sommets du pays. Je commencerai donc par celui-ci, dans un but d'acclimatation pour le Pico de Orizaba, plus haut volcan d'Amérique du Nord. Pierre et Janos, deux amis de mon échange universitaire, sont d'accord pour venir m'accompagner. Je décide également de partir avec une agence de professionnels, HG México.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

28 août 2014

 

Le rendez-vous est donné devant chez moi à Mexico, où nous rencontrons nos guides locaux. Ces derniers nous conduisent en dehors de la capitale, où nous nous arrêtons dans un supermarché sur la route. Le coffre plein de nourriture, nous traversons ensuite le charmant village d'Amecameca et enfin le Paso de Cortés, à 3600 mètres d'altitude. Il s'agit du col séparant les deuxième et troisième plus hauts sommets du Mexique; le Popocatepetl et l'Iztaccíhuatl. L'enregistrement auprès des gardiens du parc national avant l'excursion est obligatoire. La route menant au Popocatepetl est barrée, son l'ascension est interdite au public à cause de ses éruptions quotidiennes.

 

Nous reprenons ensuite la route en direction du refuge non gardé d'Altzomoni, perché sur une butte rocheuse à 3800 mètres. Une heure après notre arrivée, le Popocatepetl entre en éruption, le spectacle est somptueux ! Les guides apprennent à mes deux amis le fonctionnement des crampons, car il s'agira d'une première pour eux. À l'heure du dîner, nous prenons chacun une ration conséquente de pâtes.

 

Ne connaissant pas exactement la météo du lendemain, les guides nous expliquent qu'ils se lèveront à chaque heure de la nuit, entre deux et cinq heures du matin. Si à cette heure-ci, le beau temps n'est toujours pas au rendez-vous, nous devrons renoncer au sommet et revenir à México. Durant la nuit, je dors mal et j'entends des rats circuler dans le gîte.

 

 

29 août 2014

 

À deux heures du matin le guide nous réveille et nous annonce un beau ciel étoilé. Nous nous levons pour nous préparer, motivés comme jamais ! En prenant le 4x4 des guides, nous descendons une cinquantaine de mètres et rejoignons le début de la voie. Au loin, j'aperçois les nombreuses lumières de la ville de México et devine également la masse imposante de Iztaccíhuatl. Les guides prient avant de marcher, nous faisons de même pour respecter leur tradition.

 

D'entrée de jeu, le chemin est raide et l'altitude se fait ressentir. Un rythme lent est préférable pour s'économiser au maximum, la journée promet d'être longue. Il y a des éclairs au loin, derrière le Popocatepetl, l'ambiance est unique ! Un premier col, à 4250 mètres d'altitude environ, est atteint. D'ici, il est possible de voir à la fois les lumières de México et de Puebla. Une traversée facile nous mène à un deuxième col à 4515 mètres, puis à une brèche appelée Ojo de Buey.

 

Il est ensuite nécessaire de basculer sur le flanc occidental de la montagne pendant cinq minutes. Nous gagnons le refuge Grupo de los Cien, situé à 4780 mètres où une pause est nécessaire à l'intérieur. Lorsqu'on s'arrête, le froid est saisissant, l'ambiance est glaciale ! Nous chaussons ensuite les crampons en amont du gîte, où la neige fait enfin son apparition. C'est ici où la pente est la plus raide et où nous sommes le plus exposés aux chutes de pierres. Quelques pas d'escalades pimentent un peu la course. Je me dis à ce moment-là que je vais battre mon record d'altitude, celui du Mont Blanc à 4810 mètres !

 

Le jour se lève timidement lorsque nous atteignons le premier sommet de l'Iztaccíhuatl. Nous redescendons puis remontons jusqu'au deuxième sommet. Le jour s'est levé et les paysages sont magnifiques. J'arrive à distinguer sur ma droite la Malinche et le plus haut sommet du Mexique, le Pico de Orizaba. Une halte s'impose, nous sommes déjà à plus de 5000 mètres ! Une autre descente est obligatoire pour atteindre le plus haut sommet de l'Iztaccihuatl, appelé le "Pecho". Il faut désormais traverser un plateau glaciaire, plat et sans crevasse. L'arête finale est neigeuse et la combinaison fatigue-altitude nous pousse à ralentir la cadence.

 

Le sommet est enfin atteint, notre premier 5000 à tous les trois est coché ! Le Popocatepetl entre en éruption à ce moment là, la cerise sur le gâteau pour ce moment si privilégié ! Je mitraille cet instant unique, avant de sortir le sombrero et la bandera pour quelques photos amusantes. Nous restons une vingtaine de minutes au sommet, à contempler et à reprendre des forces. Les conditions sont idéales, il y a très peu de vent et la température n'est pas si basse que cela.

 

Le retour est épuisant, du fait de devoir retraverser l'ensemble des sommets de la montagne. Nous retrouvons le brouillard en aval du refuge Grupo de los Cien. Je découvre le paysage désertique par lequel nous sommes passés de nuit.

 

Revenus à la voiture, après une bonne journée en altitude, je souffre d'une migraine terrible. Tout le monde est exténué mais tellement heureux d'avoir vu de si belles choses !

 

Physiquement parlant, l'Iztaccíhuatl se mérite vraiment ! Atteindre le réel sommet demande de gravir tous les autres et sous-entend donc une longue et pénible traversée à plus de 5000 mètres d'altitude. Un grand merci à HG México pour leur professionnalisme !

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".