Grande Sassière (3747m)

13 août 2016, Alpes grées, France

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : barrage du Saut

Orientation principale : ouest

Cotation alpinisme : F

Engagement : II

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1500 mètres

Compagnon : Michel Haasser puis seul

 

 

Présentation du sommet

 

 

La Grande Sassière est la deuxième plus haute cime des Alpes grées, trônant entre la Savoie et la vallée d'Aoste. Perchée en plein cœur de la réserve naturelle éponyme, sur la commune de Tignes; la montagne offre des parcours variés en termes d'activités et de difficultés. En effet, les amateurs de ski de pente raide se feraient une joie d'aller skier sa face sud, alors que les VTTistes motivés adoreront descendre sa voie normale à vélo. Pour le commun des mortels, la Grande Sassière est une affaire de randonnée ou d'alpinisme facile.

 

L'arête ouest constitue l'itinéraire au sommet le plus facile. Il débute au barrage du Saut, à 2280 mètres, et est l'un des rares d'une telle altitude ne nécessitant aucun matériel spécifique. En effet, si la cime est sèche, il est possible d'atteindre son sommet sans piolet ni crampons. Après plus de dix ans sans avoir randonné avec mon père, je lui propose de m'accompagner sur les flancs de cette dernière. Sans objectif particulier de sommet pour lui, je suis heureux de retourner en altitude avec celui qui m'a donné goût à la marche.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Ayant dormi dans l'appartement de mon oncle à Val d'Isère, nous prenons un petit déjeuner consistant puis conduisons jusqu'au barrage du Saut. Débuter une randonnée à quasiment 2300 mètres n'est pas chose courante, il faut l'avouer. La Grande Motte et la Grande Casse, perchées en face de nous, commencent d'ores et déjà à prendre leurs teintes rosées matinales. Équipés, nous partons plein nord puis suivons machinalement une sente très raide, jusqu'à contourner une barre rocheuse par la gauche.

 

Enfin au soleil, le panorama sur le lac artificiel du Chevril et sur les hauts sommets de la Vanoise est déjà imprenable. Le terrain s'aplanit peu à peu puis se redresse jusqu'à un petite barre de schistes, premier obstacle de la course. Mon père s'arrête ici, n'étant pas habitué à ce genre de terrain instable. Il continuera sur la magnifique randonnée menant au glacier de Rhême Golette, dominé par l'imposante Tsanteleina. Mieux vaut prévenir que guérir, il faut désormais avoir le pied sûr. Sans être technique, le ressaut rocheux s'avère particulièrement délité.

 

Seul, je continue donc mon ascension par un sentier qui remonte de larges prairies, jusqu'à la base de la large arête occidentale de l'objectif du jour. D'abord plate, il est nécessaire de faire une longue traversée, entrecoupée de quelques gendarmes à esquiver. Vers 3300 mètres d'altitude, je négocie prudemment une vire gelée puis rejoins le glacier de la Grande Sassière. Je continue ma route et débouche sous la pente finale, très raide. Sans prendre de grands plaisirs sur ce terrain, je parviens à réaliser les derniers mètres de dénivelé qui me font face.

J'arrive au sommet de la montagne, m'offrant un sublime panorama à 360 degrés. D'ici, toutes les Alpes sont visibles. Du massif du Mont-Blanc aux Écrins, en passant par les cimes suisses et italiennes, que rêver de mieux ? La météo est sublime, je pourrais rester ici des heures. Cependant, seulement un quart d'heure s'écoule lorsque je me remets en route. Effectivement, je dois retrouver le paternel au départ, Descente je retrouve mon père à proximité de la voiture, 1500 mètres plus bas.

Cette randonnée est tout bonnement exceptionnel ! Le ratio altitude/équipement nécessaire est imbattable, en plein été. De plus, le panorama sommital récompensera tous les efforts fournis auparavant, entre la France et l'Italie.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".