Grande Casse (3855m)

15 & 16 mars 2014, Vanoise, France

 

Itinéraire : Grands Couloirs

Configuration : aller-retour

Départ : Pralognan-la-Vanoise

Orientation principale : sud-ouest

Cotation descente : 4.2

Exposition : 1

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2210 mètres

Compagnons :

  • Boris Pivaudran

  • Déodat Richard

 

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

La Grande Casse constitue le point culminant du massif de la Vanoise et du département de Savoie. En 1860, la première ascension a été réalisée par Michel Croz, Etienne Favre et William Mathews, qui donna son nom à l'antécime principale de la montagne. Pour réussir leur objectif commun, ils ont taillé plus de 1000 marches dans la neige à la hache. Constituée de schiste noir, la face nord de la Grande Casse se dresse comme une imposante muraille et offre ses itinéraires d'alpinisme les plus techniques et les plus engagés. Sa face sud elle, est l'une des plus difficiles à skier du massif.

 

Les Grands Couloirs, considérés comme la voie normale, sont orientés sud-ouest. C'est pourquoi ils ne prennent le soleil que tard dans la journée et n'imposent donc pas d'horaires strictes. La descente à skis est devenue une classique au printemps, lorsque les conditions nivologiques sont stables. Boris et Déodat, deux vieux amis d'école, sont motivés pour m'accompagner sur le toit de la Savoie. Boris venant d'Antibes et Déodat de Versailles, nous arrivons à nous retrouver malgré une logistique compliquée.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

15 mars 2014

 

Boris m'ayant rejoint la veille à Grenoble, nous partons le samedi matin pour chercher Déodat à la gare d'Albertville. Une fois l'équipe au complet, nous gagnons le point de départ de la course, Pralognan-la-Vanoise. Le but de cette journée se résume à rejoindre le tout nouveau refuge du col de la Vanoise, anciennement refuge Felix Faure, perché à 2517 mètres d'altitude.

 

En remontant entièrement la station par les pistes de ski, nous traversons le charmant petit village des Fontanettes et dépassons le refuge des Barmettes. À la sortie du domaine skiable, le paysage est déjà très beau. En effet, l'Aiguille de la Vanoise, que nous contournons au nord, est magnifique et impressionnante ! La Grande Casse se dévoile et les Grand Couloirs, l'objectif du lendemain, se dessinent dans sa face sud-ouest. Nous remontons le vallon accueillant le torrent de la Glière et passons à proximité des chalets éponymes, avant d'esquiver le lac des Vaches, sous la neige actuellement. Nous partons à droite et laissons le lac Long sur notre gauche, également caché en cette saison.

 

Le col de la Vanoise, où se trouve le refuge flambant neuf éponyme, est rejoint. Le vent devient très puissant et le ciel se couvre de façon menaçante. Durant l'après-midi, nous faisons une sieste afin d'avoir un maximum d'énergie pour la suite. Lorsque nous nous réveillons, je suis sceptique concernant la météo du lendemain, pourtant annoncée bonne. Durant la soirée, nous sympathisons avec un petit groupe de skieurs, qui tentera également le même sommet.

 

Sans demi-pension, nous préparons le repas avec notre propre matériel puis regagnons nos lits respectifs vers 22 heures. Avant de replonger dans un sommeil profond, je fixe le réveil pour six heures et demi. Il est en effet inutile de partir trop tôt car la face prend le soleil que vers midi. Il est plus agréable et moins dangereux de descendre cet itinéraire avec une neige transformée plutôt qu'une neige gelée.

 

 

16 mars 2014

 

Suite à une bonne nuit, je me lève et regarde par la fenêtre du gîte. La visibilité est nulle, un brouillard épais nous cerne. Nous prenons un petit-déjeuner rapidement et nous nous joignons au groupe avec lequel nous avons sympathisé la veille. Il sera ainsi plus facile de s'orienter à plusieurs par de telles conditions.

 

Sortis du refuge, nous fixons les skis aux pieds pour commencer à marcher. Je suis machinalement le groupe, qui progresse au beau milieu de cette purée de pois opaque. Après une vingtaine de minutes d'effort, nous revenons exactement au refuge du col de la Vanoise. Quelques rires plus tard, concernant cette action digne d'un gag et nous repartons en direction du lac Long. C'est  à proximité de l'étendue d'eau que nous distinguons enfin le bas de l'itinéraire, au sud-ouest.

 

La rive droite des Grands Couloirs, sur laquelle nous prenons de la hauteur, est raide et monotone. En maitrisant les conversions, le gain de temps n'est pas négligeable ! Sur terrain pentu et neigeux, nous enchainons le dénivelé et surpassons le brouillard matinal. Content de retrouver un ciel pur et bleu, je découvre les nombreux dômes de la Vanoise derrière moi, formant la plus grande calotte glaciaire d'Europe ! Plus haut, nous faisons une petite halte sur le glacier des Grands Couloirs, sous la section raide de la face. Les couteaux ne sont pas un luxe pour avancer sur ce sol gelé.

 

En aval de la rimaye, nous fixons les skis sur le sac et fixons les crampons aux chaussures. Une section de 300 mètres, inclinée entre 40 et 43 degrés nous attend. Sur ce glacier bouché, où la corde est inutile, la rimaye est franchie sans aucune difficulté. La formation de marches dans la neige, grâce aux nombreux passages d'alpinistes, facilite grandement la montée. 

Le col des Grands Couloir, séparant la Grande Casse de la Pointe Mathew, est rejoint. Vers le nord, notre objectif est enfin visible. La pente redevient douce, ce qui nous permet de remarcher skis aux pieds. Un dernier raidillon puis une arête de neige doivent être traversés avant d'atteindre le toit de la Vanoise. Heureusement que la fin est proche, l'altitude et les efforts fournis précédemment commencent à se faire sentir.

 

Le sommet, pas large du tout, est atteint ! La vue centrale que nous avons sur l'ensemble des Alpes est magique. Quelques photos et barres de céréales plus tard, nous sommes prêts à skier cette montagne mythique, un peu après midi. Nous dépeautons puis réglons nos skis en position de descente.

 

Le col des Grands Couloirs est très vite rejoint. Nous nous engageons dans la face sud-ouest, raide sur les 300 mètres du haut. Légèrement transformée grâce au soleil, certains passages demeurent bien durs. Les Grands Couloirs, bien que relativement raides, ne sont pas exposés. Revenus au refuge, nous faisons une courte pause avant de se laisser glisser en direction de la voiture.

 

La Grande Casse est une montagne qui se mérite, quelque soit la voie empruntée. La vue depuis le haut est sublime et sa face sud-ouest promet une descente technique et intéressante, lorsque les conditions sont réunies pour minimiser les risques.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".