Grand Pic de Belledonne (2977m)

02 & 03 juillet 2015, Belledonne, France

 

Itinéraire : arête nord

Configuration : aller-retour

Départ : la Sagne

Orientation principale : nord

Cotation alpinisme : PD

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2000 mètres

Compagnon : Xavier Lottin

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Grand Pic de Belledonne est le point culminant du massif éponyme, avec ses 2977 mètres d'altitude. Depuis la vallée, il apparait comme une tour rocheuse imprenable, sombre et austère. Cette dernière offre une multitude de courses d’alpinisme, plus ou moins techniques. Elle forme un chainon montagneux avec le Pic Central et la Croix de Belledonne, respectivement les deuxième et quatrième plus hautes montagnes du massif. La traversée des trois cimes représente une entreprise sérieuse et technique, débutant par l'escalade de l'arête nord du Grand Pic.

 

Réalisée en aller-retour, cette arête constitue l'itinéraire le plus facile pour gravir notre montagne. Dans tous les cas, une longue approche et quelques passages d’escalade sont obligatoires pour y venir à bout ! Après plus de trois mois sans être allé en montagne, je me réjouis de revenir en altitude. En compagnie de mon ami grenoblois Xavier, nous bivouaquerons au lac Blanc, situé à mi-chemin.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

02 juillet 2015

 

Retrouvant Xavier à Villard-Bonnot, nous prenons sa voiture pour atteindre le départ de la randonnée, à 910 mètres d'altitude. Malgré l’heure tardive, la chaleur est encore insoutenable en cette période de canicule. N'ayant pas fait de dénivelé depuis un bon moment, je vais tant bien que mal essayer de suivre mon collègue ultra-trailer. La première section se déroule sur une ancienne piste forestière puis sur un raide sentier, sous les arbres. S'en suit une progression à proximité du ruisseau de Vorz.

 

À la sortie de la forêt, nous retrouvons un soleil cuisant. Le vallon devant nous est magnifique, j'admire les nombreuses cascades qui se dessinent au milieu de la végétation, dont celle du Boulon. J'aperçois ensuite l'esthétique passerelle du Mousset, permettant de traverser le cours d'eau cité précédemment, qui prend sa source au lac Blanc. Nous laissons le refuge Jean Collet à notre gauche, situé sous le sommet de Jas Mouton, en optant pour la sente en direction du sud.

 

Peu visible au départ, cette dernière remonte le ravin des Excellences et se situe en rive droite du cours d'eau. Ici, il est nécessaire d'avoir un pied sûr car une chute pourrait faire très mal. J'ai hâte d'en finir avec cette journée car la combinaison chaleur-sacs lourds ne m'est plus familière depuis un moment.

 

Après avoir gagné suffisamment de hauteur, je découvre pour la première fois le lac Blanc, fidèle à sa réputation du plus beau lac de Belledonne. Xavier lui, était déjà venu auparavant et m'affirme qu'à cette heure-ci, son habituelle couleur turquoise a laissé place à un bleu foncé plus ordinaire. J'aperçois également la muraille rocheuse que forment le Grand Pic, le Pic Central et la Croix. Nous installons la tente puis mangeons nos plats lyophilisés avant d’aller dormir.

 

 

03 juillet 2015

 

Le réveil sonne à cinq heures du matin, une grasse matinée en montagne ! Nous petit-déjeunons rapidement avant de se mettre en route. La première partie de cette deuxième journée se déroule sur un chemin peu marqué et rocailleux. Nous prenons rapidement pied sur le glacier de Freydane, ou du moins ce qu'il en reste. Crampons fixés aux chaussures, le dénivelé s'avale rapidement car la pente est raide. Sous le col de la Balmette que nous devons rejoindre, le terrain redevient rocheux mais surtout très instable. Nous nous engageons dans un couloir en aval, où il est nécessaire de vérifier chaque prise avant de s'appuyer.

 

Arrivés au col à 2677 mètres d'altitude, j'observe l'impressionnante arête nord qui parait d'ici très difficile. Cependant, lorsque l'on dépasse le pas d'escalade surplombant notre position, l'aspect technique de l'itinéraire disparait petit à petit. Nous remontons tout droit jusqu'à trouver deux couloirs puis optons pour celui de gauche, réputé plus facile. Durant la progression, j'assure Xavier sur quelques longueurs puis continue en corde tendue, jusqu'à revenir sur un terrain relativement plat.

 

Nous voici maintenant dans la complexe face est du Grand Pic. Cette dernière ressemble à un immense tas d'éboulis. En tirant à gauche, tout en esquivant le grand névé caractéristique, nous empruntons la voie la plus facile. Sous le sommet se dresse un ressaut quasiment vertical. Grâce à deux câbles fixés contre la paroi, l'escalade est grandement facilitée. Les difficultés derrière nous, il ne nous reste qu'à randonner vers le sommet.

 

Nous sommes enfin sur le point culminant de ce beau massif ! D’ici, la vue sur la face nord de la Meije est somptueuse. De l’autre côté, le lac Blanc ressemble à une minuscule flaque d’eau turquoise. Nous jouissons également d'une vue aérienne sur la vallée du Grésivaudan. Je prends quelques photos puis propose à Xavier de partir aussitôt car la descente promet d'être longue !

 

Le terrain est plus que pourri, il est donc primordial d'être prudent et de prendre son temps. Lorsque nous nous apprêtons à tirer un rappel dans le couloir en amont du col de la Balmette, nous recevons des pierres sur le casque. Grâce ce précieux outil, nous avons évité la catastrophe ! Plus de peur que de mal, nous rejoignons aisément le lac Banc, magnifique à cette heure-ci. En regagnant le bivouac, je me dis que le retour jusqu'au parking sera éprouvant à cause des températures extrêmement élevées.

 

Le point culminant de Belledonne se mérite vraiment ! L'approche est longue et l'escalade finale, bien que peu difficile, se déroule sur un terrain très délité et dangereux.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".