Dômes de Miage (3673m)

05 & 06 juillet 2013, Mont-Blanc, France

 

Itinéraire : traversée classique des arêtes

Configuration : boucle

Départ : le Cugnon

Orientation principale : ouest

Cotation alpinisme : PD

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2570 mètres

Fréquentation : très fréquenté

Compagnon : Pierre Credoz

Présentation du sommet

 

 

Les Dômes de Miage se localisent au sud du massif du Mont-Blanc et dominent la station de ski des Contamines Montjoie. Il s'agit d'un ensemble de six sommets, tous perchés le long d'une arête de trois kilomètres. Du sud-ouest au nord-est se dressent l'Aiguille de la Bérangère, le dôme 3670, le dôme 3666, le dôme 3633, le dôme 3673 et le dôme 3672. À pied ou à skis, ces majestueuses montagnes sont très populaires de par leur faible difficulté technique et leur esthétisme. Néanmoins, la face nord-ouest du dôme 3673 propose un itinéraire technique connu sous le nom d'arête Mettrier.

 

La traversée classique est un itinéraire glaciaire somptueux. Elle débute au refuge des Conscrits, installé à 2600 mètres d'altitude. Généralement, elle passe par le col des Dômes puis se conclut au sommet de l'Aiguille de la Bérangère. Cette course d'alpinisme offre un panorama sublime sur le versant italien du Mont Blanc. Je propose à mon ami Pierre cette sortie, afin de découvrir un secteur du massif qui nous est jusqu'alors inconnu.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

05 juillet 2013

 

Nous nous garons au parking du Cugnon, en amont de la station de ski des Contamines-Montjoie, à 1180 mètres d’altitude. La randonnée jusqu'au refuge des Conscrits est réputée longue mais magnifique. Cette dernière débute en forêt, sur un sentier balisé à l'abri du soleil. Nous atteignons sous des températures élevées le refuge de Tré la Tête à 1970 mètres, où la vue sur le Mont Joly et la Pointe d'Areu se dégage.

 

À partir d'ici, l'environnement change radicalement. L'univers forestier laisse place à un monde bien plus minéral. Un panneau nous indique que le chemin d’été est déconseillé, en raison de la neige encore présente. Il domine le glacier de Tré la Tête en rive droite. Le chemin d’hiver lui, consiste à le traverser. Nous continuons à prendre de la hauteur jusqu’à l’intersection des deux itinéraires.

 

Nous optons pour l'alternative estivale, le Mauvais Pas, qui n’a pas l’air si mal. Des cordes fixes sont installées pour faciliter la progression sur les passages raides et exposés. Un gros névé est présent mais la neige est molle, les crampons ne sont donc pas nécessaires pour progresser. L’orientation n’est pas facile car avec ces conditions, la sente est entièrement masquée. 

 

Après une longue traversée, nous arrivons devant un pont suspendu très esthétique, long d'une soixantaine de mètres. Il suffit de l'emprunter pour rejoindre une moraine pentue. Le refuge est enfin visible, les paysages de haute montagne commencent à faire leur apparition. Le Mont Tondu et l’Aiguille de Tré la Tête dominent le secteur.

 

Arrivés au gîte à 2600 mètres, nous nous dirigeons vers une petite salle réservée pour cuisiner. N'ayant réservé que la nuitée, nous devons nous faire à manger. Au programme et comme à son habitude, nourriture lyophilisée et barres de céréales font office de dîner. Nous sympathisons ensuite sur la terrasse avec un groupe de trois alsaciens. Seulement l’un d'entre eux est en forme pour continuer le lendemain. Je propose à ce dernier, Thiébaud, de rejoindre notre cordée s'il veut effectuer la traversée avec nous. Après un magnifique coucher de soleil, nous gagnons notre chambre pour y passer une courte nuit.

 

 

06 juillet 2013 

 

Il est deux heures du matin lorsque le réveil sonne. Nous retrouvons Thiébaud dans la salle à manger du refuge, totalement déserte à cette heure-ci. Nous sommes les premiers à partir. En effet, il est nécessaire de partir plus tôt que les autres car nous voulons atteindre le point culminant des Dômes. En gravissant le sommet oriental depuis le col des Dômes, la course devient plus longue.

 

Nous nous encordons puis sortons des Conscrits. La progression sur le glacier de Tré la Tête est efficace. Il est quatre heures et demi du matin lorsque nous distinguons les lampes frontales des autres alpinistes sortir du refuge, derrière nous. À notre droite trône la magnifique Aiguille de Tré la Tête avec ses immenses séracs suspendus. Nous atteignons à ce moment précis le col Infranchissable, à 3349 mètres d'altitude.

 

Les premières lumières apparaissent au dessus du Mont Blanc et de l'Aiguille de Bionnassay. Nous bifurquons plein nord à ce moment précis, en direction du col des Dômes. Le temps est magnifique et le lever de soleil donne au ciel des couleurs sublimes. La pente se raidit significativement. Thiébaud décide de faire demi-tour à cet endroit car il se sent trop fatigué pour continuer. Heureusement que le glacier n’est quasiment pas crevassé et que la trace est bonne, il peut ainsi revenir sur nos pas en sécurité. Nous partons avec Pierre en direction du sommet est.

 

Au sommet de celui-ci, la vue sur les cimes voisines est imprenable et une mer de nuage se dessine du côté italien. Après quelques photos, nous revenons au col pour débuter la classique et somptueuse traversée. Nous rencontrons quelques personnes ayant dormi au refuge, parties après nous.

 

Une fois le sommet du dôme 3633 atteint, nous admirons le profil du dôme 3666. Je sors mon appareil pour prendre la fameuse photo, celle que nous voyons tout le temps lorsque nous évoquons les Dômes de Miage. Il est temps d’aller rejoindre cette merveilleuse arête de neige, si connue dans le milieu de la montagne. Nous progressons en direction du dôme 3670 où nous découvrons la suite du parcours. Le cheminement jusqu'à l'Aiguille de la Bérangère se corse peu à peu. Effectivement, l’arête est beaucoup plus fine et les quelques passages mixtes sont délicats et exposés.

 

Une petit pause s'impose pour admirer le panorama. D'ici, les Dômes de Miage ont complètement changé d'allure. Nous redescendons au refuge des Conscrits par le col de la Bérangère, à 3348 mètres d'altitude. La descente est très raide et nous regagnons le gîte en très peu de temps. Nous retrouvons nos amis alsaciens au refuge des Conscrits puis revenons à la civilisation par l’itinéraire que nous n’avons pas emprunté, celui du glacier éponyme et des séracs de Tré la Grande.

 

Cette traversée est l'une des plus belles que j'ai réalisé jusqu'à maintenant. Le fait d'emprunter des chemins différents à l’aller et au retour rend l'approche encore plus belle et variée. À conseiller grandement pour les alpinistes débutants !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".