Dômes de la Vanoise (3601m)

14 & 15 juillet 2015, Vanoise, France

 

Sommets gravis & cotations : 

  • Dômes des Nants (3570m), PD

  • Dôme de l'Arpont (3601m), PD

  • Dôme de Chasseforêt (3586m), PD

  • Dôme des Sonnailles (3361m), PD

Configuration : boucle

Départ : les Prioux

Engagement maximal : II

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1250 mètres

Compagnon : Gabriel Voisin

Présentation du sommet

Les dômes de la Vanoise constituent un ensemble de sommets du massif éponyme, situés entre la Pointe de la Réchasse au nord et la Dent Parrachée au sud. Ils représentent à eux tous la plus grande calotte glaciaire d'Europe, en plein de cœur du département de Savoie. Populaires à pied ou à skis, nombreux sont ceux réalisant diverses traversées sur ce vaste terrain d'altitude. Les possibilités d'ascensions sont grandes et il est tout à fait faisable d'enchainer rapidement les plus hauts points, proches les unes des autres.

 

Ayant gravi le Mont Viso la veille, nous recherchons avec Gabriel une course sur deux jours sans risques majeurs. En effet, la canicule du moment a nettement détérioré les conditions en haute montagne. En partant sur les glaciers de la Vanoise, très faciles techniquement, nous serons très peu exposés aux dangers objectifs. Notre objectif commun serait de gravir quatre sommets le deuxième jour, en dormant la veille à la belle étoile proche du refuge de la Valette.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

14 juillet 2015

 

Nous arrivons au hameau des Prioux, en amont de Pralognan la Vanoise où nous garons la voiture. À 1700 mètres d'altitude, nous nous mettons en route pour cette première journée, sous une tempête de ciel bleu. Il est tout d'abord nécessaire de remonter une forêt, à l'abri du soleil avant de traverser l'esthétique torrent des Nants, à 2045 mètres. Une centaine de mètres plus hauts, nous rejoignons le chalet des Nants, bâtisse en pierre tombant en ruines.

 

Les sentiers deviennent alors légèrement plus pentus, en direction du nord. L'Aiguille de Polset et de Péclet trônent au loin derrière nous. Le col de la Valette atteint, nous découvrons l'authentique refuge éponyme. D'ici, la vue sur la face sud-ouest de la Grande Casse est magique et me rappelle ma descente à skis des Grands Couloirs l'année dernière. J'aperçois même au loin la forme unique de la Pierra Menta, reine incontestable du Beaufortain. 

 

Nous cuisinons sur une table en bois à l'extérieur du refuge avant d'installer notre bivouac sauvage. Sans tente, j'admire le changement de luminosité et lorsque la nuit noire tombe, il n'est pas difficile de distinguer la Voie lactée dans le ciel étoilé. Il est cependant très difficile de dormir car notre position est peu confortable et l'humidité rend l'atmosphère très fraiche.

 

 

15 juillet 2015

 

Le réveil sonne. Nous petit-déjeunons rapidement avant de rejoindre le gîte pour y déposer l'équipement inutile pour l'ascension. Effectivement, sans le matériel de bivouac, nous serons bien plus légers et rapides. En prenant la direction sud-est en pleine nuit, nous laissons l'ancien refuge puis le lac de la Valette sur notre droite, avant de rejoindre le col des Thurges à 2679 mètres d'altitude. 

 

Le terrain devient alors de plus en plus pentu et la sente de moins en moins marquée. Au beau milieu de ce chaos rocheux, les cairns marquant l'itinéraire sont très utiles pour pouvoir s'orienter. Le soleil se lève timidement, ce qui me permet d'admirer la magnifique vue depuis notre position. Il est même possible de deviner le massif des Écrins à l'horizon ! Nous devons désormais traverser tant bien que mal une barre rocheuse, avant de mettre le pied sur le glacier de Sonnailles. Ce dernier, ressemblant à un immense névé prisonnier des ressauts rocheux, est raide. Le cramponnage doit être maitrisé pour éviter de faire une glissade pouvant être très douloureuse. Quelques pas d'escalade, obligatoires en amont de la pente neigeuse, pimentent l'accès au plateau glaciaire.

 

Une fois atteint, nous voulons gravir quatre cimes, commençant par la plus loin géographiquement. Le Dôme de l'Arpont, point culminant des dômes de la Vanoise, est le premier sur la liste. Nous laissons ainsi le Dôme des Sonnailles à notre gauche pour nous diriger plein sud. La distance est importante, il faut donc adopter un rythme rapide si nous voulons réussir notre défi. Le Dôme de Chasseforêt trône à notre gauche lorsque nous nous rapprochons du premier objectif de cette belle journée.

 

Sur la route, nous passons rapidement au Dôme des Nants, timide relief neigeux de 3570 mètres. D'ici, nous découvrons l'esthétique Dôme de l'Arpont, sensiblement plus haut. Nous nous posons quelques minutes puis descendons au col de l'Arpont avant d'attaquer les pentes sommitales bien plus raides. Au sommet, je prends quelques photos avant de faire demi-tour.

 

Une petite heure s'écoule lorsque le Dôme de Chasseforêt est gagné, suite au passage obligatoire du col éponyme. La vue y est magnifique et nous pouvons distinguer des sommets à 360 degrés. En redescendant au col des Thurges, nous cochons rapidement le Dôme des Sonnailles pour boucler la boucle.

 

En courant dans les éboulis en amont du col, la descente au refuge est très rapide. Nous déjeunons à la Valette puis revenons à la voiture sous une chaleur épuisante.

 

Les dômes de la Vanoise sont idéals pour débuter l'alpinisme. Il s'agit également d'une très bonne alternative si les conditions en haute montagne sont mauvaises. À conseiller grandement pour tous les amateurs de randonnées glaciaires !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".