Dôme des Écrins (4015m)

25 & 26 juin 2011, Écrins, France

 

Itinéraire : par le glacier Blanc

Configuration : aller-retour

Départ : Pré de Madame Carle

Orientation principale : nord

Cotation alpinisme : F

Engagement : II

Place dans la cordée : en second

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2140 mètres

Compagnon : Simon Rouquet

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Dôme des Écrins est le voisin de la Barre des Écrins, point culminant du massif éponyme. Il est entouré de quatre glaciers; celui de Bonne Pierre au nord-ouest, celui du Vallon de la Pilatte au nord-est, le glacier Blanc au nord-est et enfin le glacier Noir au sud-est. Son sommet glaciaire offre une vue imprenable sur l'arête ouest de sa grande sœur mais aussi sur la Meije, reine incontestée de l'Oisans. Lorsque la visibilité est bonne, il est même possible de distinguer le Mont Blanc, situé bien plus au nord. Notre montagne propose des itinéraires très différents, allant de la randonnée glaciaire à la goulotte extrêmement difficile.

Sa voie normale est considérée comme la plus facile parmi toutes celles qu'offrent les sommets français dépassant les 4000 mètres. Cette dernière contourne les immenses séracs et crevasses du large versant nord. Après une longue hésitation avec mon ami Simon entre faire le Mont Blanc et le Dôme, nous optons pour les Écrins par manque d’acclimatation. Il s'agira de ma première fois dans ce massif réputé magnifique et sauvage, pour tenter de gravir ma première cime dépassant l'altitude mythique des 4000 mètres.

 

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension​

25 juin 2011

Après six heures de route, nous nous apprêtons à commencer l’ascension depuis le parking du Pré de Madame Carle, situé à 1874 mètres d'altitude. Le but de cette première journée est de rejoindre le refuge du glacier Blanc, 750 mètres en amont. Lorsque l’on prend un peu de hauteur par de nombreux lacets, les hauts sommets du massif des Écrins tels que le Pelvoux, le Pic Sans Nom et l'Ailefroide se dévoilent. La randonnée est très belle mais les températures sont insoutenables.

 

Nous dépassons l'ancien refuge Tuckett puis arrivons à celui du glacier Blanc, perché sur un éperon rocheux. Une surprise nous attend, il s'agit du jour de la fête des refuges. Des petits fours sont à notre disposition, sur la magnifique terrasse de la bâtisse qui donne directement accès au front glaciaire. Ayant réservé la demi-pension, nous passons à table après un apéritif plus que copieux. Le ventre plein, nous partons nous coucher car le réveil est fixé à trois heures du matin.

26 juin 2011

J’entends la sonnerie de ma montre, après avoir somnolé une ou deux heures. C’est la première fois que je me lève si tôt pour grimper, j'ai hâte ! Nous prenons rapidement le petit-déjeuner puis nous sortons du refuge. Le ciel étoilé me rend bouche bée. Après avoir gagné une centaine de mètres sur le dénivelé du jour, nous chaussons les crampons pour progresser sur l'immense glacier Blanc en rive gauche.

 

Le soleil commence à se lever, le paysage est somptueux. Il y a beaucoup de monde sur le versant septentrional de la Barre et du Dôme. Nous apercevons de nombreuses cordées sur les pentes enneigées, situées sous d'immenses séracs défiant toute loi de la gravité. Nous laissons le col des Écrins sur notre droite pour commencer l'ascension de l'immense face nord.

 

Nous progressons à un bon rythme et doublons beaucoup de monde. La pente est raide mais l'effort est vite oublié grâce aux paysages alentours. Nous contemplons les différents pics de la Meije qui trônent derrière nous. Arrivés sous l'impressionnante face rocheuse de la Barre des Écrins, nous bifurquons sur la droite jusqu'à rejoindre la brèche Lory, un col à 3974 mètres d'altitude.

 

D'ici, nous atteignons facilement le sommet du Dôme des Écrins. Je gravis à cet instant mon premier sommet de 4000 mètres, fatigué mais heureux ! Il faut bien que le métier rentre, j’en aurai besoin pour la suite. Je sors mon appareil photo et j'immortalise ce moment unique. Des alpinistes sont perchés sur l'arête ouest de la Barre des Écrins, constituant sa voie normale. Nous jouissons d'une vue imprenable sur tous les sommets du massif et j'arrive même à distinguer le Mont Blanc à l'horizon.

 

Nous revenons au refuge du glacier Blanc par le même itinéraire, sous une chaleur étouffante. Après une courte pause, nous redescendons jusqu’au parking d'une traite. Sur le retour dans la voiture, nous entendons les informations par radio sur le massif. Nous apprenons à cet instant qu’il y a eu six morts aujourd’hui. Il s’agissait d’alpinistes qui tentaient le Pic de Neige Cordier, montagne de 3614 mètres d'altitude. Même par beau temps, la montagne peut s’avérer cruelle...

 

Le Dôme des Écrins offre une ascension dépourvue de difficultés techniques. Cependant, elle est néanmoins réservée aux personnes endurantes et comporte des risques objectifs non négligeables, à cause des séracs surplombant l'itinéraire.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".