Dôme de la Sache (3588m)

06 mai 2018, Vanoise, France

 

Itinéraire : versant nord-est

Configuration : aller-retour

Départ : la Gurraz

Orientation principale : nord-est

Cotation descente : 3.1

Exposition : 2

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2000 mètres

Compagnons :

  • Stéphane Mégevand

  • Boris Pivaudran

Présentation du sommet

Le Dôme de la Sache constitue la septième plus grande montagne de la Vanoise, perchée en Haute Tarantaise. Située dans la partie septentrionale du massif, son arête nord la relie avec le Mont Pourri, second plus haut sommet du département de Savoie. Notre cime est composée d'imposants glaciers, dont ceux de la Gurraz et de la Savinaz, en face nord. Ces derniers ont réputation pour être relativement tourmentés, surtout en périodes estivales, lorsque les crevasses sont ouvertes.

Son versant nord-est représente la voie normale. Au printemps, l'itinéraire est skiable et emprunte successivement les glaciers susmentionnés. D'un dénivelé conséquent, il est possible de couper l'ascension en deux jours grâce au refuge de la Turia, présent à 2410 mètres d'altitude. Ayant pris un échec sur cette voie en 2016, je désire prendre ma revanche. Je propose à Boris, déjà présent sur les lieux, et à Stéphane de m'accompagner pour cette sortie.

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

Ayant dormi chez Stéphane la veille, à Présilly, nous partons à trois heures et demi du matin. Deux grosses heures plus tard, à l'aube donc, nous rejoignons la Haute Tarantaise. Je conduis jusqu'au hameau de la Gurraz, sur une route très fine par endroits. Nous y retrouvons Boris dans sa voiture, en train de se réveiller tranquillement. L'équipe au complet, nous partons skis sur les sacs, en direction du sud.

 

Les premiers mètres de dénivelé s'effectuent sur une route carrossable, à flanc de paroi. Nous chaussons les peaux de phoque peu après, sur une langue de neige bordant la route sur sa droite. Nous nous élevons puis enlevons nos instruments de glisse rapidement. En effet, d'anciennes coulées ont ravagé les lieux et doivent être traversées. Mêlant boules de neige, boue et cailloux, ces obstacles sont laborieux à surmonter. S'en suit le Bois Dessus, raide chemin forestier. La prise de hauteur s'enchaine parfois péniblement, sur une neige non regelée.

En amont, à 1900 mètres d'altitude environ, nous gagnons le Carrolet. Il s'agit d'un lieu-dit, matérialisé par une cabane en ruines. Le Dôme de la Sache et ses imposants glaciers apparaissent devant nous. Il y a deux ans, j'avais continuer plein ouest et m'étais perdu. Cela m'avait coûté le sommet, car nous étions en retard sur l'horaire. L'astuce pour continuer efficacement est de prendre une vire sur notre droite. Totalement sèche, nous mettons les skis sur les sacs est avançons prudemment. L'itinéraire est quelque peu exposé, l'attention est au rendez-vous.

Plus haut, nous retrouvons la neige puis re-progressons à ski. Sur une terrasse naturelle, nous admirons le massif du Mont-Blanc, bien visible depuis notre position actuelle. Nous partons plein ouest, où la pente s'accentue nettement. Nous gagnons en altitude, au milieu de grandes pentes, par de multiples conversions. Vers 2600 mètres, des portions sèches apparaissent, nécessitant un déchaussage. Il est ensuite nécessaire de serpenter entre quelques petites barres rocheuses.

Le glacier sud de la Savinaz est rejoint. Les nuages nous rattrapent à ce moment-là, réduisant grandement la visibilité. La direction plein sud est désormais adoptée. Stéphane, fatigué par l'effort et la nuit quasi-blanche, décide de s'arrêter vers 3000 mètres d'altitude, sur un replat confortable et sans risque. Je continue ma route avec Boris. En amont, nous croisons quatre skieurs qui redescendent en vallée. La plupart ne sont pas allés au sommet du Dôme, à cause du brouillard.

 

Vers 3200 mètres d'altitude, nous prenons pied sur le glacier de la Savinaz. Nous passons à proximité d'imposants séracs, faisant leur apparition plus à l'ouest, en direction de la brèche Puiseux. Nous doublons ensuite un couple de raquetisttes, puis empruntons une trace de montée, longeant une barre rocheuse. Ensuite, une section esthétique louvoie entre les crevasses, donnant accès à un plateau glaciaire peu raide. Nous gagnons le col côté 3556, où la météo s'améliore sensiblement. Quelques skieurs peuplent les lieux. Il ne suffit plus que de surmonter la pente sommitale, soutenue mais très courte.

Au sommet, c'est le miracle, la vue se dégage significativement ! Nous pouvons entrevoir le lac du Chevril, que nous dominons de quasiment deux milles mètres. Plus au sud, le point culminant du massif, la Grande Casse, fait également son apparition. Au nord, l'arête reliant le Dôme de la Sache au Mont Pourri se dévoile. Heureux d'avoir insisté pour monter là-haut, j'immortalise le spectacle, avant de retrouver des altitudes plus raisonnables.

Nous chaussons les lattes sur le point culminant, puis rejoignons le col côté 3556. S'en suit une belle descente sur les glaciers de la Savinaz et de la Gurraz. Cette dernière est rendue encore plus esthétique par le soleil, de plus en plus présent. La neige, un peu trop revenue par les températures chaudes qui règnent, est rendue collante et moyennement agréable. Nous retrouvons Stéphane, bien reposé, puis repartons à trois. Les grandes pentes sous le glacier sud de la Savinaz sont vite skiées.

 

Revenus à la vire, dominant le Carroley au nord, nous cernons à gauche un petit couloir en neige. Ce dernier permet de franchir les barres rocheuses, sans déchausser. Nous retrouvons ensuite le Bois Dessus et skions jusqu'au point côté 1514, menant à la route. Skis sur les sacs, nous reprenons un peu de hauteur sur le bitume et ce, jusqu'au parking. Heureux d'avoir passé une belle journée en montagne, nous partageons une bière à Seez, avant de saluer Boris le grenoblois. Avec Stéphane, nous repartons direction la Haute Savoie.

Le Dôme de la Sache constitue un magnifique parcours glaciaire, offrant des pentes idéales pour les sports de glisse. Le dénivelé conséquent à réaliser sera largement récompensé par le panorama sommital grandiose !

Galerie

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".