Dôle, Crêt de la Neige & Reculet

06 décembre 2017, Jura, Suisse & France

 

Sommets gravis, voies & cotations : 

  • Dôle (1677m)

    • ​Par les pistes, 1.1

  • Crêt de la Neige (1720m)​

    • Versant sud-ouest, T1

  • Reculet (1719m)

    • ​Versant sud-est, 2.2

Configuration : allers-retours

Départ : Les Dappes puis le Tiocan 

Exposition maximale : 1

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1500 mètres

Compagnon : Geoffroy Bonnet

 

 

 

Présentation des sommets

 

 

La Dôle est la seconde plus haute montagne du Jura suisse, précédée par le Mont Tendre. Deux stations de ski occupent ses versants nord-ouest et est, alors que son sommet offre un radôme contrôlant la circulation aérienne du secteur. Du côté français, bien plus au sud-ouest, le massif culmine timidement au Crêt de la Neige. Cette proéminence est distante de deux kilomètres du Reculet. Deuxième plus haute cime de la chaine jurassienne, elle est plus marquée et est équipée d'une grande croix métallique.

 

Ne connaissant pas le coin, j'aimerais le découvrir par ses plus hauts reliefs durant l'hiver. En partant tôt et en étant rapide, je pense qu'il est possible d'enchainer les trois montagnes citées précédemment. La Dôle étant géographiquement éloignée des deux autres, un trajet en voiture s'imposerait après son ascension pour rallier le parking des Dappes à celui du Tiocan. Voulant profiter du beau créneau météo, je propose à Geoffroy de me suivre dans cette aventure, non loin de la maison.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

Je retrouve mon ami à Annemasse, devant chez lui. Comme convenu, nous traversons ensemble les bouchons matinaux du bassin genevois, afin de gagner la chaine du Jura. En prenant de la hauteur en voiture, nous dépassons l'épaisse mer de nuages du jour, avant d'atteindre le parking enneigé des Dappes. Par des températures bien basses, au pied de la Dôle, nous nous préparons pour aborder la longue journée sportive qui nous attend.

 

Skis aux pieds et très motivés, nous remontons les pistes du "Massif de la Dôle", nom donné à la station construite sur le versant nord-ouest de la montagne. À cette période de l'année, les remontées sont fermées, rendant les lieux déserts et agréables. Le rythme adopté est soutenu d'entrée de jeu, le dénivelé s'enchaine donc rapidement. En amont, le soleil fait son apparition et réchauffe l'atmosphère. Le sommet de la Dôle, marqué par son grand radôme blanc, est déjà visible droit devant.

 

Nous passons désormais à proximité du Reculet Dessus, alpage marqué d'une grande bâtisse atypique. En amont, toujours sur les pistes, quelques randonneurs peuplent déjà les lieux. Le terrain se raidit sensiblement, imposant quelques conversions à ski. Il est désormais nécessaire de partir légèrement au sud-est, en direction du radôme principal, suivi de près par son petit frère. À côté des deux sphères se trouve l'arrivée du télésiège débrayage "Dappes-Dôle".

La première cime du jour est cochée. En face de nous trône la somptueuse chaine des Alpes, émergeant de l'épaisse mer de nuages recouvrant le lac Léman. De gauche à droite, nous pouvons distinguer un nombre incalculable de montagnes, partant des Alpes bernoises jusqu'aux Écrins. Les deux sphères blanchâtres ainsi qu'un bâtiment arrondi très original occupent le point culminant. Toutes ces installations humaines lui donnent un caractère curieux et amusant.

 

Après avoir contemplé les environs, nous enlevons les peaux de phoque et descendons rapidement sur les pistes. Nous cernons même quelques portions de neige poudreuse. De retour au point de départ, nous mettons les affaires dans la voiture et partons en direction du parking du Tiocan. La route se fait très belle. Nous passons le col de la Faucille, où la chaine du Mont Blanc se fait majestueuse. Nous replongeons ensuite dans la mer de nuages et gagnons successivement les villes de Gex et Thoiry, avant de trouver le Tiocan en amont.

 

À 870 mètres d'altitude, la neige fait cruellement défaut. Ainsi, nous réalisons les 300 mètres premiers mètres de dénivelé à pied, en suivant un sentier raide en forêt. Rapidement, nous rencontrons une piste enneigé où il est possible de chausser. Le brouillard est retraversé de nouveau, skis aux pieds. À la bifurcation de "la Croisée", nous optons pour le chemin de droite, offrant la direction de Thoiry Devant.

Au dessus de la partie boisée, la chaine des Alpes réapparait dignement derrière nous. Les contreforts sud-est du Reculet composent le paysage à gauche. Désormais sur les alpages, nous passons à proximité de la ferme de Thoiry Devant. Les deux sommets qu'il nous reste à gravir sont accessibles d'ici. Après quelques instants de réflexion, la décision commune consiste à partir au nord-est, afin de gagner en premier le Crêt de la Neige. Ainsi, le pseudo col de "Sur Thoiry" est vite rejoint. Situé sur une large ligne de crête dégarnie en neige et gelée, nous décidons d'y laisser nos skis.

De nouveau à pied, nous nous allégeons sensiblement. Une petite descente s'impose, où la neige refait son apparition. Nous nous relayons à tour de rôle pour tracer sur ce terrain fatigant, avant d'arriver au dessus du refuge du Curson. Toujours au nord-est, nous progressons le plus vite possible, malgré la neige qui ralenti grandement les troupes. Nous prenons pied dans une sorte de petit canyon, formé par les rochers sommitaux du Crêt de la Neige, bien fournis en arbres. 

Le point culminant du Jura est sous nos pieds ! Matérialisé par un petit écriteau en bois, la vue qu'offre la cime se fait très belle. Encore une fois, toute la chaine des Alpes est visible au sud et à l'est. Au nord-est, la Dôle se dessine timidement quant à l'ouest, c'est le département du Haut-Jura qui montre ses timides reliefs. La direction sud-ouest, exposant la silhouette du Reculet, nous rappelle qui reste encore du chemin pour compléter la boucle !

Nous revenons sur nos pas, en suivant rigoureusement nos traces, afin de gagner du temps et de l'énergie. L'heure tourne et il est primordial d'atteindre le Reculet avant la tombée de la nuit, ainsi que de revenir à la civilisation. Toujours à un rythme soutenu, nous retrouvons nos skis déposés à "Sur Thoiry". Désormais, nous devons suivre la large crête jusqu'au troisième point culminant. L'absence de neige sur celle-ci nous empêche de rechausser. Les derniers mètres sont réalisés à pied, sur le court versant nord du Reculet. L'immense croix sommitale de ce dernier s'approche significativement, la fin des efforts est proche !

 

Défi relevé, il est quasiment 16 heures ! Les couleurs de fin de journée rendent le paysage encore plus beau qu'auparavant. Nous profitons du panorama sublime qu'offre le Reculet, très similaire à celui du Crêt de la Neige. Deux autre personnes peuplent encore les lieux, malgré l'horaire plus qu'avancé en cette saison. Les températures baissent significativement, le froid se fait saisissant lorsque nous sommes statiques !

Après quelques mètres inskiables descendus à pied en versant est, nous enlevons les peaux et chaussons les skis. Les quantités de neige sont faibles mais en serpentant dans la face orientale du Reculet, il est tout à fait possible de s'offrir une belle descente. La pente notable sous le sommet, garnie d'une belle moquette neigeuse, est excellente à skier. Revenus rapidement à l'alpage de Thoiry Devant, nous retrouvons vite "la Croisée", avant de reporter les skis en forêt.

Cet enchainement, bien qu'imposant un trajet en voiture, est idéal pour découvrir la chaine du Jura de manière sportive. Sans aucune difficulté technique et offrant un panorama de toute beauté sur les Alpes, il ravira un bon nombre de randonneurs !

Galerie

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".