Dent du Géant (4013m)

19 août 2012, Mont-Blanc, France

 

Itinéraire : par les plaques Burgener

Configuration : aller-retour

Départ : refuge Torino

Orientation principale : sud-ouest

Cotation alpinisme : D-

Engagement : II

Place dans la cordée : en second

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 710 mètres

Compagnon : Nicolas Condevaux

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

La Dent du Géant culmine à plus de 4000 mètres d'altitude et est située en plein cœur du massif du Mont-Blanc, sur la frontière franco-italienne. Elle s'impose comme un monolithe granitique de 200 mètres de haut. Cette montagne élancée possède deux sommets distincts; la Pointe Graham au nord-est et la Pointe Sella au sud-ouest, plus petite. Ces derniers dominent les fameuses arêtes de Rochefort et sont distants de seulement deux kilomètres des Grandes Jorasses, perchées plus à l'est. En l'observant de loin, la face sud de la Dent du Géant paraitrait presque déversante.

 

De par sa forme spectaculaire, nous pourrions croire que son ascension serait très difficile et engagée. Cependant, la progression est grandement facilitée par les nombreuses cordes fixes installées dans sa face sud-est. Elle constitue ainsi sa voie normale. Avec Nicolas, nous décidons d'aller emprunter cet itinéraire, en cette période de canicule. Nous pourrons ainsi profiter d'une belle escalade sous des températures agréables, à haute altitude.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Sortis du tunnel du Mont Blanc, je gare la voiture au petit village italien de la Palud. Nous empruntons le téléphérique de la Pointe Helbronner et sommes directement propulsés dans l'univers de la haute montagne. Hors de la benne, nous foulons les 225 marches menant à la terrasse du refuge Torino, confortablement installé à plus de 3300 mètres d'altitude. Le spectacle est déjà grandiose et l'objectif est juste en face de nous, l'imposante Dent du Géant et son allure vertigineuse !

 

Encordés, il est temps de traverser le glacier éponyme, long et plat. Sous un soleil de plomb, nous passons à proximité des Aiguilles Marbrées, dressées à notre droite et continuons jusqu'à une rimaye, facile à franchir. En amont, le terrain devient rocheux et délité. L'attention doit déjà être au rendez-vous car les chutes de pierres y sont fréquentes. La prochaine étape consiste à rejoindre la "salle à manger", plateau glaciaire dominé par l'impressionnante face sud de la Dent du Géant. Nous y déposons le matériel inutile pour l’escalade purement rocheuse qui nous attend. 

 

En contournant la dent par sa gauche, les premières cordes fixes font leur apparition. Beaucoup de personnes y sont déjà suspendues, l'attente est parfois longue pour pouvoir progresser. Quelques efforts plus tard et nous voici en contrebas des dalles Burgener, paroi quasiment verticale. La vue, en amont ou en aval, est très impressionnante. Je décide à cet endroit de remplacer mes chaussures d’alpinisme par mes chaussons d’escalade, pour être ainsi plus à l'aise. Nicolas installe coinceurs et dégaines, à proximité des cordes fixes. 

 

Le mur rocheux franchi sans difficulté, il ne reste qu'à escalader une cheminée facile mais exposée, offrant une belle fissure. À l'antécime, sur la Pointe Sella, nous devons désescalader un court passage pour atteindre une selle rocheuse. Nous butons ainsi contre la Pointe Graham, point culminant de la course.

 

Quelques pas d'escalade facile et c'est le sommet, matérialisé par une statue de vierge. Le temps est idéal, il fait étonnement chaud à plus de 4000 mètres d’altitude ! D'ici, la Mer de Glace parait si basse... Le panorama est sublime, nous sommes sur un belvédère idéal pour observer les cimes italiennes du Grand Paradis, de la Grivola ou encore du Ruitor. Inutile de rappeler que les géants du massif du Mont-Blanc s’imposent comme des rois juste devant nous. L'Aiguille de Rochefort, le Mont Mallet et les Grandes Jorasses se dessinent à l'est.

 

La descente débute par trois grands rappels consécutifs de 40 mètres chacun, en face sud. Certaines cordées ont déjà pris place au niveau du premier relais. Nous sommes contraints d'attendre notre tour mais avec la météo du jour, passer une heure là-haut ne nous a pas dérangé. Manipulations de cordes effectuées, il faut se lancer dans 120 mètres de vide. Les pieds de nouveaux dans la neige, je ne tarde pas pour remettre mes chaussures d'alpinisme. Matériel récupéré, nous entamons le retour vers le téléphérique de la Pointe Helbronner.

 

L'ascension de la Dent du Géant, bien que grandement facilitée par les remontées mécaniques et les cordes fixes, reste une course sérieuse et technique. L'approche n'est pas sans risque et l'escalade du sommet est parfois athlétique. De plus, il est primordial de maitriser parfaitement la technique du rappel pour descendre de la cime.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".