Dent d'Oche & Château d'Oche

04 juillet 2017, Chablais, France

 

Sommets gravis, voies & cotations :

  • Dent d'Oche (2222m)

    • ​Traversée ouest >> est, T4

  • Château d'Oche (2197m)

    • ​Face sud, T4

Configuration : boucle

Départ : la Fétuière

Orientation principale : sud

Conditions rencontrées : bonnes

Fréquentation : peu fréquenté

Dénivelé positif : 1500 mètres

Présentation des sommets

 

 

La Dent d'Oche est une montagne emblématique du massif du Chablais, surplombant le lac Léman et le pays de Gavot. Il s'agit du sommet dépassant les 2000 mètres le plus au nord de France, offrant voies d'escalade et randonnées alpines. Un refuge portant son nom est construit une centaine de mètres en aval du point culminant, inauguré en 1914. Notre montagne domine son voisin, le Château d'Oche, plus petit de 25 mètres. Peu fréquenté, il domine le lac de Dardon plus au sud. Son ascension, même par la voie la plus facile, fait également partie du domaine de la randonnée sérieuse.

 

La traversée ouest >> est de la Dent d'Oche constitue aujourd'hui l'itinéraire le plus parcouru. Débutant en forêt, il continue dans les alpages avant d'emprunter les rochers sommitaux escarpés. La dernière partie de l'ascension, bien qu'exposée, est très fournie en mains-courantes. Cette sortie peut être complétée par l'ascension de la face sud du Château d'Oche. Habitant proche des deux cimes, je connais déjà très bien ces deux itinéraires. Cependant, l'envie de les enchainer au pas de course est réelle. Je partirai seul, en profitant pleinement d'une belle matinée estivale.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

J’arrive à la Fétiuère, sur les hauteurs de Bernex, un peu avant sept heures du matin. Sac léger et baskets aux pieds, je commence à prendre de la hauteur à gauche du restaurant cité précédemment, sous des températures bien fraiches. Le terrain se fait raide et rocailleux d’entrée de jeu. En forêt, la progression est donc rapide. Je longe la rivière de l'Ugine sur ma gauche, avant de quitter les sous-bois et d’emprunter un pont. 

 

Le sol quelque peu technique sur lequel je marchais a laissé place à un sentier en terre, bien plus agréable et roulant. Sous la face sud de la Dent d’Oche, je suis machinalement le chemin jusqu’aux chalets d’Oche. Le Château d’Oche, deuxième objectif de cette matinée, trône devant moi plus au sud. En amont des bâtisses évoquées, le chemin se redresse et s’engage sur le versant méridional de la Dent d’Oche, à dominance herbeuse. Ce dernier serpente de plus en plus, jusqu’à aboutir au col de Rebollion. La vue se dégage, la chaine du Mont-Blanc commence à émerger au loin.

 

Désormais, il est nécessaire d’emprunter une sente à droite, qui se dessine entre les rochers sommitaux de la cime. Quelques lacets plus tard, je rencontre les premières mains-courantes et la fameuse cheminée, court passage vertical équipé. Une fois franchi, d’autres chaines métalliques sont surface et mènent au refuge de la Dent d’Oche, construit sur une épaule de la montagne. Je fais une courte pause sur la terrasse du refuge, offrant une vue superbe et aérienne sur le plus grand lac d'Europe, le Léman. Les randonneurs débutants s’arrêtent ici en général. La partie sommitale, malgré un équipement abondant, est exposée par endroits.

 

La dernière rampe, raide et pouvant impressionner les personnes souffrant de vertige, aboutit à un segment d’arête assez étroit. Ce dernier mène naturellement à l'esthétique croix sommitale de la Dent d'Oche. Celle-ci ne marque cependant pas le point culminant de la cime. Pour y aboutir, il est nécessaire de continuer encore deux minutes sur une sente presque horizontale, ponctuée de rochers et d'une vire facile.

 

J’atteins le sommet après une heure et quart de montée, au pas de course. Je souffle, je bois et bien évidemment, j’immortalise le spectacle. Malgré le fait que je connais déjà cette vue, il m’est impossible de laisser l’appareil photo dans son étui. Seul au monde, je reste ici un quart d'heure environ. Je jouis d'une vue d'avion sur le magnifique lac Léman, ainsi que sur les nombreux massifs qui m'entourent. Chablais, Jura, Alpes vaudoises, Alpes bernoises, Alpes pennines, Mont-Blanc et Aravis, le panorama est digne d'un assemblage de cartes postales.

 

Suite à cette halte magique, je décide de descendre sur le versant oriental. Le début de l’itinéraire, impressionnant et exposé, se compose d’une vire juste au dessus du précipice de la face nord. Cette section est, comme le reste, bien fournie en chaines métalliques. La suite alterne passages raides et courtes désescalades faciles. En amont du col de Planchamp, un passage sur dalles doit être négocié. Encore une fois, les mains-courantes sont là pour faciliter la progression.

 

Je décide de monter jusqu’au col cité précédemment, avant d’attaquer l’ascension du Château d’Oche, qui me domine d'environ 200 mètres. Je redescends une centaine de mètres, avant de cerner une sente qui contourne le versant nord du Château d’Oche. En suivant ce dernier, la prise de hauteur est rapide. D’abord en lacet, il s’aplanit ensuite pour devenir exposé et étroit, dominant le célèbre col des Portes d’Oche. Une fois traversé, j’atteins le pied de la face sud, raide et herbeuse. Toujours à un rythme soutenu, j'enchaine le dénivelé. Je butte ensuite contre les rochers sommitaux, où la suite de l'itinéraire se dessine timidement jusqu'aux croix sommitales.

Le sommet du Château d'Oche est atteint, où je rencontre deux autres randonneurs. La vue en direction du nord est sublime ! La face sud de la Dent d'Oche trône droit devant, sur fond de lac Léman. Au sud, ce sont les Cornettes de Bises qui dominent, sans évoquer l'éternel massif du Mont-Blanc plus lointain.

Je redescends sur la face sud et réemprunte le même itinéraire. Je regagne les chalets d'Oche rapidement, en passant par le lac de la Case d'Oche. Les lieux, bien plus peuplés que trois heures auparavant, offrent désormais des températures bien élevées. La voiture, garée à la Fétiuère, est regagnée avant onze heures.

Cet enchainement est sublime. Débutant en prairie, il offre quelques passages exposés sur les parties sommitales de la Dent d'Oche et du Château d'Oche. Les paysages verdoyants qui prédominent ici contrastent parfaitement avec l'immensité du lac Léman et avec les cimes enneigées du massif du Mont-Blanc !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".