Dent de Chamosentse (2721m)

01 novembre 2016, Alpes vaudoises, Suisse

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : Chamosentse

Orientation principale : nord-est

Cotation alpinisme : AD

Engagement : I

Place dans la cordée : en second

Conditions rencontrées : hivernales

Dénivelé positif : 710 mètres

Compagnon : Fabien Chevallay

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

La Dent de Chamosentse, souvent écrite "Dent de Chamosentze" par les locaux, est une montagne helvétique des Alpes vaudoises. Impressionnante depuis la vallée du Rhône, c'est en réalité son antécime qui est visible. Elle est munie d'une croix métallique sur son sommet, alors que le véritable point culminant caché juste derrière est matérialisé par un simple cairn. Tous deux perchés en amont de la commune Chamoson, au beau milieu d'un cirque, il est plus courant de réaliser le tour de ces derniers plutôt que de les gravir à proprement parlé.

 

La voie normale d'ascension se dessine sur le versant nord-est, entre le col de la Forcla et le pas de Chamosentse. De par sa forme magnifique, j'étais tout particulièrement attiré par la Dent de Chamonsentse. Je propose à Fabien de profiter des dernières belles journées automnales pour aller tenter de gravir la cime. Ayant peu d'informations sur les quantités de neige présentes sur l'itinéraire, la réussite n'est pas garantie.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Ayant co-voituré depuis Thonon-les-Bains, les hauteurs d'Ovronnaz sont rejoints à neuf heure du matin. C'est sous une tempête de ciel bleu que je gare la voiture, sur les rebords de la route carrossable sur laquelle nous sommes. Les hautes cimes suisses découpent déjà l'horizon au sud. Parmi elles, les silhouettes massives du Weisshorn, de la Dent Blanche et du Grand Combin se distinguent tout particulièrement. Sacs soigneusement préparés, le départ est donné peu de temps plus tard. Une vingtaine de minutes s'écoulent lorsque nous gagnons le véritable départ de la course, Chamosentse et sa maisonnette en pierre.

 

Sans aucun remord d'avoir rallongé cette approche déjà courte, la large piste laisse place à un sentier raide. Progressant vers le nord-ouest, nous rejoignons rapidement l'alpage des Outannes. Notre objectif se dresse devant nous, difficile de se dire que nous serons peut-être là-haut dans quelques heures ! Arrivés sous les contreforts sud de la montagne, c'est à l'est que la suite se déroule. Une main courante sécurise un passage exposé obligatoire, précédant le vallon des Palantsons.

 

Sur un terrain raide et exigeant, nous gagnons la cabane non gardée de Jules Biollaz, construite à 2440 mètres d'altitude. C'est à cet endroit que nous constatons que la face nord-est de notre objectif, où se trouve la voie normale, est bien plâtrée de neige. La pente n'est plus aussi prononcée pour rejoindre le pas de Chamosentse. Un peu plus à l'ouest, je chausse mes crampons et dégaine le piolet, il est l'heure d'attaquer la face. Mon ami Fabien, bien plus à l'aise que moi, n'a pas besoin de cet équipement.

 

Le brassage est au rendez-vous, nous enfonçons parfois jusqu'au genou. La marche est usante, nous nous relayons pour tracer le versant austère et ombragé. Quelques pas de mixte faciles sont intéressants et constituent un excellent exercice. La prochaine étape consiste de rejoindre une cheminée plus au sud, séparant les deux sommets de la Dent de Chamosentse. Le terrain étant délicat et exposé, je propose à Fabien de nous encorder. Mon collègue bien entrainé passe en tête et pose quelques coinceurs et sangle pour sécuriser la progression.

 

Suite à une succession de vires enneigées, la fameuse cheminée est devant nous. Fabien escalade l'obstacle rocheux sans souci, pendant que je l'assure à un relai de très bonne qualité. Une fois franchi, il m'assure depuis le haut durant mon effort. Le soleil retrouvé, nous sommes désormais entre les deux sommets de la Dent de Chamosentse. Il ne reste plus qu'à gravir prudemment une deuxième cheminée, bien plus facile, sur un terrain cependant délité.

Nous y sommes ! Quel plaisir d'être ici, perchés sur cette magnifique montagne encerclée par la Pointe de Chemo, le Grand Muveran, la Tête du Pacheu ainsi que le Haut de Cry. En direction du sud, ce sont les massifs des Alpes pennines et du Mont-Blanc qui dominent le paysage. Quelques minutes plus tard, nous revenons à la première cheminée puis gravissons l'antécime avant d'entamer la descente.

Ce court aller-retour effectué, nous faisons deux rappels de 30 mètres. Cela nous permet d'éviter une désescalade suivie d'une traversée de vires périlleuses. Les pieds de nouveau dans la neige, il ne suffit plus que de retrouver nos traces avant de regagner la civilisation.

 

La Dent de Chamosentse serait, selon moi, un incontournable des Alpes vaudoises. Montagne magnifique depuis le bas, la sortie offre une course d'alpinisme ludique, dans un cadre somptueux. À recommander pour les amateurs de solitude et de paysages !

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".