Catogne (2598m)

08 juin 2015, Alpes pennines, Suisse

 

 

Itinéraire : arête sud-est

Configuration : boucle

Départ : Champex-Lac

Orientation principale : sud

Cotation randonnée : T5

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1350 mètres

Compagnons :

  • Robin Georges

  • Raphaël Salomon

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Catogne est une montagne appartenant au massif des Alpes pennines, située en territoire suisse. Bien visible depuis la vallée du Rhône et dominant les communes d’Orsières et de Champex, sa silhouette vue du nord s’apparente grandement à celle d’un volcan. Aujourd’hui, de nombreuses randonnées et de voies d’escalade sont recensées sur ses pentes. Parmi elles, le site de la Dyure offre une multitude d’itinéraires d’escalade sportive, en face orientale. De l’autre côté, sur la face ouest, c’est la voie normale qui s’y dessine.

 

La traversée de l’arête sud-est, perchée entre les deux versants, relève du domaine de la randonnée alpine. D’une longueur non négligeable, elle est réputée très esthétique et quelque peu exposée par endroit. Lorsque je me rends en Valais, j’observe à chaque fois l’allure originale du Catogne, l’envie de le grimper est donc réelle. Je propose à Robin et Raphaël de m’accompagner et d’emprunter l’arête sud-est, afin de profiter au maximum du créneau de beau temps.

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Après avoir récupéré mes amis à Thonon-les-Bains, nous arrivons ensemble à Champex. Motivés et prêts à en découdre, nous partons du centre du village puis rejoignons la base de la face occidentale du Catogne. C’est sur un raide sentier en forêt que le point coté 1794 est gagné. Depuis celui-ci, nous prenons ensuite la direction du Belvédère.

 

Une fois cette étape de passée, il est nécessaire de suivre un chemin qui part sur notre droite et ce, jusqu’à sortir des sous-bois. En amont de la forêt, la vue se dégage significativement, la silhouette bien connue du Grand Combin domine tout le reste au sud. Devant nous à droite, c’est la pointe élancée de la Li Blanche qui trône, antécime du Catogne connue pour ses voies techniques. À l’ouest, les sommets suisses du massif du Mont-Blanc composent l’horizon. En contrebas, le lac de Champex apparaît déjà petit.

 

L’extrémité de l’arête sud-est est donc gagnée. La progression est désormais pimentée par quelques gradins faciles à franchir, jusqu’au point coté 2228. Ce dernier est matérialisé par un panneau où il est écrit « plat du 700ème ». D’ici, on rejoint le chemin de la voie normale, légèrement exposé par endroits. Par une traversée ascendante, nous arrivons au Fratsey.

 

Depuis cette épaule herbeuse, dominée par l’antécime du Bonhomme, nous troquons la voie normale contre une sente très raide. Cette dernière aboutit au col des Guides, entouré de gendarmes rocheux. Suite à une courte halte, nous suivons machinalement une sente qui plonge dans le versant oriental, herbeux et escarpé. L’exposition augmente et je comprends à cet instant que nous nous écartons de l’itinéraire initial.

 

Après quelques instants de réflexion, la décision commune est de rejoindre le fil de l’arête jusqu’à butter contre une paroi. Au pied de l’obstacle, il est nécessaire de perdre quelques mètres versant Champex, sur un terrain instable et décoré de rochers jaunes. Une vingtaine de mètres de dénivelé en moins, nous rencontrons sur notre droite un couloir raide et herbeux à gravir. L’attention doit être au rendez-vous car un faux pas pourrait s’avérer conséquent...

 

S’en suivent quelques pas d’escalade faciles, menant à la Pointe des Chevrettes, autre antécime du Catogne. L’arête devient ensuite très étroite et doit être prise à pleines mains. Le passage est impressionnant, la prudence doit être au rendez-vous. Une désescalade relativement importante s’enchaine sur quelques dizaines de mètres, avant d’aboutir sur la partie finale de la voie normale, bien plus commode.

 

Le sommet est atteint vers midi et demi. Le bassin lémanique et le coude de la vallée du Rhône apparaissent au nord. L’autoroute A9, bien visible également, est dominée de part et d’autre par les Dents du Midi à gauche et les Alpes vaudoises à droite. À l’ouest, le glacier du Trient compose le paysage. Au sud, inutile de rappeler que les masses glaciaires du Grand Combin s’imposent. La Dent Blanche, le Mont Blanc de Cheilon et la Ruinette sont désormais de la partie.

 

Nous débutons la descente vers 13 heures, sous un soleil puissant. Nous revenons sur nos pas puis basculons dans la face occidentale du Catogne, raide et exigeante pour les cuisses. Avant de retrouver l’épaule du Fratsey, une centaine de mètres doit être à nouveau gravie. Les 1000 derniers mètres à descendre sont également soutenus, où quelques rares mains courantes aident parfois à la progression.

 

L’arête sud-est de cette montagne constitue une magnifique randonnée alpine. Sur le fil, nombreux sont les passages exposés et un faux pas serait proscrit. La descente par la voie normale est sans répit. En effet, la perte de hauteur peut être très efficace mais se déroule sur un terrain pentu de haut en bas.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".