Brunegghorn (3833m)

08 juin 2019, Alpes pennines, Suisse

 

Itinéraire : face ouest

Configuration : aller-retour

Départ : Gruben

Orientation principale : ouest

Cotation descente : 3.2

Exposition : 1

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2000 mètres

Fréquentation : peu fréquenté

Compagnon : Fabien Lefaix

 

 

Présentation du sommet

 

 

Le Brunegghorn est un sommet appartenant au vaste massif des Alpes pennines, situé en territoire Suisse. Il se dresse au nord-est du Bishorn et du Weisshorn, deux géants du Valais culminant à plus de 4000 mètres d'altitude. La Turtmannhütte, construite à 2523 mètres, permet de couper l'ascension de notre montagne en deux jours. Sa face nord-est, bien visible depuis le Mattertal, offre un itinéraire de ski de pente raide. Malgré sa silhouette de pyramide esthétique, le Brunegghorn n'est pas très connu.

Son versant ouest constitue sa voie normale. Cette dernière débute au fond du Turtmanntal et passe par la cabane précédemment citée. S'en suit la courte escalade du couloir Gässi puis la remontée du grand Brunegggletscher. En septembre 2016, j'avais réalisé la plus haute randonnée balisée d'Europe, se dessinant sur son voisin le Barrhorn. Le Brunegghorn m'avait fait de l'œil ce jour-ci. C'est ainsi que je propose à Fabien de m'y accompagner, afin de clore la saison de ski en beauté.

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve mon ami au relai du Grand-Saint-Bernard, vers les cinq heures 30 du matin. En voiture, nous gagnons le fond du Turtmanntal, vallée sauvage coincée entre le val d'Anniviers à l'ouest et le Mattertal à l'est. Véhicule garé et très motivés, il est grand temps de commencer l'ascension. Skis fixés aux sacs, le départ est donné vers 7 heures. Nous progressons tout d'abord sur une large piste, en rive gauche de la rivière Turtmänna. Le temps est couvert, mais cela devrait s'améliorer en cours de journée.

La première étape consiste à rejoindre le barrage des Turtmannsee, magnifiques lacs d'altitude. Une fois atteints, il est nécessaire de traverser toute la rive orientale de l'étendue d'eau citée précédemment. Quelques ruisseaux, à fort débit, sont enjambés. La seconde partie de la montée se déroule sous la magnifique Turtmannhütte, bâtisse construite à 2523 mètres d'altitude. Nous suivons un sentier bien cairné, toujours sous un brouillard épais.

Après une bonne heure et demie de portage, la neige est enfin sous nos pieds, permettant de chausser les skis. Nous buttons rapidement sous une barre rocheuse, devant être franchie pour pouvoir continuer. Pour se faire, il faut cerner le couloir Gässi. Quelques minutes d'hésitation s'écoulent, avant de trouver le point faible de la muraille. Instruments de glisse à nouveau sur les sacs, nous gravissons la pente dépassant les 40 degrés. S'en suit un cours passage câblé sur rochers, menant à une arête.

Celle-ci aboutit rapidement à un large replat. Désormais, nous devons rejoindre le pied de l'immense Brunegggletscher, situé plus au sud. Sur cette masse glaciaire, les nuages se dissipent au fur et à mesure que nous prenons en hauteur. Le soleil entre en jeu, le spectacle est magique ! Face à nous, le magnifique Brunegghorn et sa face ouest apparaissent au loin. À droite, c'est la face nord-est du Bishorn qui domine sans égal ! À gauche, les pentes débonnaires du Barrhorn (plus haute randonnée balisée d'Europe, en été) surgissent.

Plus haut, nous doublons un groupe de raquettistes, avant de gagner le pied du versant occidental susmentionné. La suite du parcours emprunte un col perché entre le Brunegghorn et son antécime 3671. Le terrain se raidit et offre une neige bien plus dure. Je propose donc de remettre les skis sur le dos et de sortir piolets et crampons. Le col gagné, la direction nord-est est adoptée. Nous remontons une grande face neigeuse, sur sa droite. Une petite série de rochers est surmontée. À la descente, il sera possible de l'esquiver plus à gauche. L'obstacle surmonté, la croix sommitale marquant les 3833 mètres de la cime est maintenant

à portée de main ! 

Le point culminant est gagné, la vue se fait grandiose ! Inutile de préciser que le duo Weisshorn-Bishorn se dresse au sud-est ! La chaine des Mischabels à l'est dominent sans égal, alors qu'au sud-est, l'ensemble des 4000 du Mont Rose découpent l'horizon. À l'ouest, nous profitons d'une vue plongeante sur l'immense Brunegggletscher, entièrement remonté. Ayant repéré l'itinéraire à la montée, nous nous préparons à faire du grand ski et ce, depuis la croix.

Prêts à revenir à la civilisation, nous entamons les premiers virages. L'attention est au rendez-vous car des barres rocheuses plongent sur notre droite. La face ouest, légèrement gelée sur sa partie terminale, devient rapidement bonne à skier. Les rochers empruntés à la montée sont esquivés à droite. Nous retrouvons le groupe de raquettistes, avant d'enchaîner des virages de rêve sur l'interminable Brunegggletscher. Dans un décor de rêve, toujours écrasés par l'imposant Bishorn, nous perdons en altitude de manière rapide et très agréable.

Plus bas, nous skions le couloir Gässi intégralement, grâce à une pente de neige qui se dessine à droite du passage câblé pris ce matin. La neige est pourrie et l'attention est au rendez-vous, une chute ici pourrait faire mal. À son pied, quelques virages sont encore possibles. Sous la Turtmannhütte, les lattes sont rangées. À un rythme rapide, nous retrouvons le Turtmannsee. En refaisant le tour du barrage, nous retrouvons la large piste menant à Gruben. Je jette un dernier coup derrière moi, en direction du relief enneigé du Bishorn, contrastant parfaitement avec les arbres verdoyants environnants.

Le Brunegghorn offre des pentes idéales pour le ski de randonnée. La route pour gagner le fond du Turtmanntal ouvrant tard au printemps, il s'agit d'une sortie parfaite pour clore une saison.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".