Bishorn (4153m)

14 & 15 juillet 2014, Alpes pennines, Suisse

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : Zinal

Orientation principale : nord-ouest

Cotation alpinisme : PD-

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2500 mètres

Compagnon : Mylène Deffrennes

Présentation du sommet

 

 

Le Bishorn, appelé couramment "4000 des Dames", est une magnifique glaciaire du val d'Anniviers. Cette dernière est composée de deux sommets : la Pointe Burnaby au nord-est culminant à 4135 mètres et le sommet principal de 4153 mètres. Sa position géographique centrale en fait un somptueux belvédère sur les plus beaux sommets des Alpes pennines. Depuis le sentier de randonnée en amont de Zinal ou du sommet du Bishorn se dressent les cimes élancées de la Couronne Impériale; composée du Cervin, de la Dent Blanche, de l'Ober Gabelhorn, du Weisshorn et du Zinalrothorn. Les alpinistes entrainés peuvent continuer sur la traversée du Weisshorn, en passant par son arête nord puis en descendant par l'arête est.

 

La voie normale du Bishorn permet de découvrir l'univers de la haute montagne. Facile sur le plan technique, elle nécessite néanmoins une bonne forme physique car l'approche est relativement longue. La course est généralement coupée en deux jours, grâce à l'emplacement stratégique de la cabane Tracuit qui est perchée à 3256 mètres. Le Bishorn nous offre un point de vue unique sur la face orientale du Weisshorn, entièrement composée de neige et de séracs. Je propose cette ascension esthétique à Mylène, désireuse de gravir son premier sommet de 4000 mètres.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

14 juillet 2014

 

Nous arrivons à Zinal sous un ciel gris. Je prends la décision d'aller à l'office du tourisme du hameau afin d'obtenir des informations précises sur la météo du lendemain. Le temps est annoncé clément pour le jour du sommet, le soleil serait au rendez-vous. Nous partons donc garer la voiture pour partir à l'assaut du Bishorn. Une dizaine de minutes s'écoulent lorsque nous nous mettons en route pour ce premier jour, utile pour rejoindre la cabane Tracuit.

 

Après une demi-heure de marche, la pluie fait son apparition. La Dent Blanche et son voisin plus petit, le Grand Cornier, surgissent par intermittence entre les nuages. Aujourd'hui, rares sont les promeneurs ou les alpinistes de sortie. La première partie de l'approche se déroule en forêt. Nous passons à proximité du torrent de Tracuit avant d'attaquer une montée plus raide, laissant le Roc de la Vache au sud.

 

Le refuge, dominant une barre rocheuse importante, est enfin visible. C'est à cet instant précis que je me rends compte ce qu'il reste à parcourir avant la soirée. Normalement, la vue est splendide et les sommets de la Couronne Impériale nous domineraient de quasiment 2000 mètres. Actuellement, nous ne voyons rien, quel dommage ! Sous le refuge, la neige fait son apparition et un court passage rocheux doit être franchi. Une main courante est en place et facilite la progression.

 

Tracuit est enfin rejoint, nous déposons les affaires et soufflons un peu. Sans demi-pension, je cuisine rapidement des pâtes à l'extérieur, sur la terrasse panoramique. Nous dînons face au Turtmanngletscher, dominé par le Bishorn et le Weisshorn. Le réveil est prévu à cinq heures du matin, une grasse matinée en montagne !

25 juillet 2013

 

Après une bonne nuit de sommeil, nous prenons un petit déjeuner conséquent avant de s'équiper pour l'ascension. Il y a beaucoup de monde ce jour-là. Sortis du refuge, je m'émerveille de la vue dont nous jouissons, masquée la veille par d'épais nuages. Les couleurs matinales d'altitude sont magnifiques et les sommets de la Dent Blanche et du Weisshorn s'embrasent déjà. 

 

Nous partons avant la foule et commençons à enchainer les premiers mètres de dénivelé, avant de prendre pied sur le Turtmanngletscher. C'est à ce moment-là où l'Ober Gabelhorn, le Zinalrothorn et le Bishorn prennent leurs teintes matinales. Le rythme adopté est rapide, nous rattrapons les premières cordes aperçues depuis la cabane.

 

La pente devient de plus en plus raide au fur et à mesure que nous progressons dans la face nord-ouest. Malgré les efforts fournis, il est difficile de se réchauffer face au froid intense qui règne, accentué par un vent puissant. Lorsque nous arrivons entre les deux cimes du Bishorn, la majestueuse face est du Weisshorn apparait. Les massifs du Mont Rose et des Mischabels se dévoilent également. Le sommet principal du Bishorn est somptueux et ressemble à une énorme meringue glacée. Nous bifurquons à droite et grimpons la dernière section de la montagne.

 

Le point culminant est atteint relativement tôt dans la matinée. Continuer en direction de l'arête nord du Weisshorn est plus que tentant. Cependant, nous n'avons ni le niveau, ni le temps, ni les conditions. Depuis 4153 mètres d'altitude, toutes les plus hauts sommets suisses sont visibles, à l'exception du Cervin caché par le Weisshorn. Je prends quelques photos mais le vent et le froid nous poussent à vite redescendre.

 

Le retour sera long mais splendide grâce à la tempête de ciel bleu qui compose cette journée. Quel bonheur de faire cette approche dans le sens inverse, mais avec une visibilité parfaite !

 

Ce sommet, bien que peu intéressant sur le plan technique, est très esthétique et parfait pour découvrir le monde de l'alpinisme. Le cadre est sublime du début jusqu'à la fin et le Bishorn comblera tous les amoureux de montagne.

 

 

 

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".