Albaron (3637m)

19 avril 2017, Alpes grées, France

 

Itinéraire : par les Évettes

Configuration : aller-retour

Départ : Bonneval-sur-Arc

Orientation principale : nord

Cotation descente : 3.1

Exposition : 2

Place dans la cordée : en second

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2000 mètres

Compagnons : Raphaël Salomon

 

 

 

Présentation du sommet

L'Albaron est une montagne appartenant au massif des Alpes grées. Entièrement située en territoire français, cette dernière constitue sûrement la cime la plus emblématique de la Haute Maurienne. Elle a la particularité d'offrir un sommet très plat, alors que ses abords sont abrupts à 360 degrés. Par ailleurs, l'Albaron est entouré par d'importants glaciers. Nous pouvons citer celui du Vallonnet au nord-ouest, celui des Évettes au nord-est, celui du Grand Fond à l'ouest et enfin celui du Colerin au sud.

L'itinéraire empruntant le glacier des Évettes est une longue et magnifique course. Elle peut être divisée en deux grâce au refuge éponyme. La voie se conclut par l'arête sud-est de l'Albaron, très abordable techniquement. Ayant prévu de passer deux jours avec Raphaël en Haute Maurienne, nous désirons gravir cette montagne ainsi que le point culminant du massif; la Pointe de Charbonnel le lendemain. Nous dormirons dans le camion de son père aménagé, afin d'éviter une logistique compliquée.

 

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

Nous nous réveillons à Bessans à six heures du matin, à quelques kilomètres du départ de la course. Dans le camion, les températures sont encore glaciales. En sortant, je m'émerveille devant la Pointe de Charbonnel, prenant d'ores et déjà ses teintes matinales ! Suite à un rapide petit-déjeuner, Raphaël nous conduit à Bonneval-sur-Arc. Plus tard en saison, il est possible de se garer au hameau de l'Écot, en amont. Actuellement, la route est partiellement enneigée. Nous sommes donc contraints de rejoindre le village à pied.

Véhicule garé et skis sur les sacs, nous débutons l'ascension sur le goudron. Derrière nous, la Croix de Dom Jean Maurice et la Pointe des Buffettes trônent en amont. Après une demi-heure d'effort, la neige fait son apparition au niveau de l'Écot. La montée au Plan des Évettes, raide et un poil exposée sur le haut, est efficace. Une fois le lieu gagné, le soleil nous rejoint. Désormais, il est nécessaire de descendre légèrement et de traverser plein sud pendant quelques kilomètres jusqu'au lac des Évettes.

Une dizaine de personnes se trouvent déjà sur le glacier éponyme. La plupart ont sûrement du dormir au refuge. En amont de l'étendue d'eau, une section raide doit être gravie, avant de rejoindre le glacier. Une fois atteint, le vent se lève. Les températures deviennent en un rien de temps très froides ! En prenant la direction du sud-ouest, un passage sous les séracs est obligatoire. L'exposition augmentant significativement, nous passons à tour de rôle en accélérant le rythme. En amont, toutes les personnes peuplant la montagne aujourd'hui font demi-tour.

 

Nous gagnons la Selle de l'Albaron. Désormais, l'arête sud-est s'avère l'ultime obstacle. Les skis et bâtons soigneusement déposés au pied des difficultés techniques, nous chaussons les crampons et sortons le piolet. Raphaël passe en tête et suit une trace existante sur le fil; parfois neigeux, parfois rocheux. La progression est esthétique et très ludique. Aucun passage n'est très difficile, l'attention doit cependant être au rendez-vous car une chute serait très certainement fatale. À mi-chemin, une petite croix métallique est confortablement installée. Sous le sommet, quelques passages d'escalade faciles pimentent la marche et débouche sur le plateau sommital.

Le point culminant est sous nos pieds ! Marqué d'un cairn, il est étrange d'aboutir sur une section aussi plate, alors que nous sommes cernés de part et d'autres par d'importantes parois. Le temps se couvre, nous comprenons qu'il ne faut pas trainer ici plus longtemps. J'immortalise quand même les alentours. Même si la visibilité n'est pas parfaite, le spectacle vaut le détour. La Pointe de Charbonnel, au sud-ouest, est bien visible alors que plein sud, c'est la Grande Ciamarella qui domine l'horizon.

À un rythme rapide, nous revenons sur nos pas. L'arête est vite désescaladée. Nous retrouvons nos skis respectifs alors que le ciel commence sérieusement à devenir gris. La descente se fait agréable. De retour sous les séracs, l'ambiance est au rendez-vous. Pour retraverser le long replat jusqu'au Plan des Évettes, nous empruntons les contre-pentes latérales du vallon. Il est cependant nécessaire de repeauter une dizaine de minutes. La neige commence à tomber et l'Albaron est désormais dans un brouillard épais. La descente est rapide jusqu'à Bonneval, où nous arrivons à rejoindre les pistes de la station sans revenir à pied.

L'Albaron est une montagne somptueuse. L'itinéraire par les Évettes est esthétique et se conclut par une arête ludique. Cependant, le replat au milieu de la course n'est pas très skiant.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".