Aiguilles de Varan (2636m)

15 novembre 2015, Haut-Giffre, France

 

Sommets gravis, voie & cotations :

  • Aiguille Grise de Varan (2544m)

    • par les chalets de Varan, T5

  • Aiguille Rouge de Varan (2636m)

    • face sud, PD-

Configuration : aller-retour

Départ : le Coudray

Engagement maximal : I

Place dans la cordée : en second

Orientation principale : sud

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1530 mètres

Fréquentation : peu fréquenté

Compagnon : ​Fabien Chevallay

Présentation des sommets

 

 

Les aiguilles de Varan constituent un couple de sommets rocheux, appartenant au massif du Haut-Giffre. Ces derniers dominent la commune de Passy et la vallée de l'Arve, en rive droite. Ils trônent à l'extrémité sud du désert de Platé, face à l'imposant Mont Blanc. Nous distinguons l'Aiguille Grise, bien visible depuis la civilisation et la Rouge, plus haute et plus technique. Les chalets de Varan font office de refuge l'été et sont construits sous le col de Barmerousse, passage clé de l'ascension.

 

La face sud de la Rouge s'apparente à une petite course d'alpinisme, offrant un ressaut final d'escalade. La voie classique de la Grise elle, n'est qu'une affaire de randonnée alpine. L'approche est commune jusqu'au col susmentionné, perché à 2325 mètres d'altitude. Ainsi, il est facile d'enchainer les deux à la journée. En ce week-end d'automne, où les conditions sont restées estivales, je propose à Fabien d'aller faire cette sortie, réputée magnifique et sauvage.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Après avoir récupéré mon ami à Thonon-les-Bains, nous arrivons au hameau du Coudray vers huit heures. Les températures y sont fraiches. La météo quant à elle, annoncée très belle, est quelque peu décevante. Effectivement, le massif du Mont-Blanc est plongé dans un brouillard épais. Heureusement, au dessus de nos têtes, le ciel bleu se fait prometteur. Sacs prêts et motivés, nous nous mettons en route à un rythme relativement rapide.

 

Premièrement, nous progressons sur une large piste carrossable, se dessinant dans les sous-bois. Nous gagnons rapidement les chalets de Varan, perchés à 1620 mètres d'altitude. D'ici, il est nécessaire de bifurquer plein nord, afin d'emprunter un itinéraire bien plus raide. Orientés plein sud donc, je suis heureux de faire cette approche en automne et de bonne heure. Le lieu-dit du Vellard est surmonté. L'univers végétal laisse place à un terrain de plus en plus minéral, à l'approche du col de Barmerousse.

 

Une fois atteint, nous rencontrons un bon nombre de bouquetins mais aussi notre objectif principal: l'Aiguille Rouge de Varan ! Une petite pause s'impose, avant de continuer. En prenant la direction nord-ouest, nous laissons l'Aiguille Grise sur notre gauche. Nous nous élevons ensuite au beau milieu de gradins et d'assiettes, jusqu'à une brèche caractéristique. Celle-ci laisse entrevoir la vallée, dominée par un immense précipice. Le chemin est bien cairné, ce qui facilite grandement l'orientation. 

 

Nous butons désormais sous une barre rocheuse, issue de l'Aiguille Rouge. Pour être franchie, une cheminée doit être escaladée sur la droite. Cette dernière constitue la porte d'entrée d'une croupe herbeuse suspendue, aboutissant au bastion sommital de la cime. Au pied des principales difficultés techniques, il est temps de s'encorder. Fabien passe en tête. Une vire, très aérienne et exposée, est traversée pour gagner la face sud proprement dite.

 

Très bien équipée, cette portion d'escalade ne pose aucun problème et nous accédons au sommet rapidement. En haut, je reconnais la Tête du  Colonney, se dressant au nord. La vue sur le massif du Mont-Blanc, découpant l'horizon au sud-est, est de plus en plus dégagée. Au sud, l'Aiguille Grise surgit devant la vallée de l'Arve. Ayant pris une corde de 30 mètres, trois rappels sont nécessaires pour revenir à la croupe herbeuse.

 

Nous revenons sur nos pas puis entamons la voie classique de l'Aiguille Grise. Au fur et à mesure, celle-ci s'incline et offre un passage grimpant sur la fin. Cependant, si le pied est sûr, la corde n'est pas jugée utile. Sur le point culminant, la vue sur la Rouge est imprenable. Je suis témoin d'une vue d'avion sur la civilisation. Sans trainer; nous revenons successivement au col, puis aux chalets de Varan et à la voiture.

 

Cette traversée est somptueuse. Après une longue approche, il est très agréable de finir sur un terrain plus alpin, pour gravir deux sommets esthétiques et impressionnants !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".