Aiguilles de la Pennaz (2688m)

08 juillet 2017, Beaufortain, France

 

Itinéraire : traversée des arêtes

Configuration : boucle

Départ : plan de la Gittaz

Orientation principale : sud-est

Cotation alpinisme : PD

Engagement : I

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1010 mètres

Fréquentation : non fréquenté

Compagnon : Stéphane Mégevand

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

Les Aiguilles de la Pennaz constituent un petit chainon montagneux, trônant au nord du massif du Beaufortain et séparant les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie. Culminant à 2688 mètres sur une arête rocheuse effilée, elles dominent le célèbre col du Bonhomme situé plus à l'est, faisant partie du tour du Mont-Blanc. En hiver ou au printemps, la grande face orientale des Aiguilles de la Pennaz offre un itinéraire praticable en ski de randonnée, soutenu et relativement exposé.

 

La traversée des arêtes elle, s'effectue en général par conditions estivales. Elle peut soit s'effectuer en boucle, soit en aller-retour. Si la première option est choisie, il est nécessaire de descendre un couloir par 120 mètres de rappels faciles. La sortie constituerait ainsi une course d'alpinisme. Si elle est réalisée en aller-retour, elle s'apparenterait plus à de la randonnée alpine. Je propose à Stéphane de m'y accompagner et de réaliser ce parcours en boucle.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Après avoir récupéré mon ami sur les hauteurs d'Annemasse, nous co-voiturons jusqu'au départ de l'ascension. Le hameau du plan de la Gittaz, décoré par sa chapelle éponyme, est gagné vers huit heures. Sacs prêts et motivés pour profiter au maximum du beau temps, nous franchissons la passerelle qui traverse le torrent de la Gittaz. S'en suit la montée des alpages de la Planta, essentiellement peuplés de vaches. Le sentier part ensuite vers le nord et se raidit, au fur et à mesure que nous nous approchons de la Venétia. Encore abrités du soleil, la progression dans cet environnement verdoyant se fait très agréable.

Plus loin, le parcours bifurque vers est. Au point 1835, nous nous engageons dans des gorges, sur un chemin taillé à flanc de paroi. Ce dernier domine le cours d'eau cité précédemment, de quelques dizaines de mètres. Il m'est ici impossible de laisser l'appareil photo dans son étui: les lieux sont bien trop esthétiques pour en être indifférent ! Nous débouchons naturellement au plateau de la Sausse, accueillant un chalet solitaire plus loin. Une pause s'impose avant de continuer plein nord, sur un itinéraire en lacets. Le terrain se fait ici nettement plus raide, sous des températures qui montent en flèche.

À 2219 mètres d'altitude; nous gagnons les Cavets, matérialisés par une bâtisse. Droit devant, j'aperçois le col du Bonhomme, étape notable du tour du Mont-Blanc. Pour aboutir sur l'arête des Aiguilles de la Pennaz, il est nécessaire de tourner à gauche. Nous traversons le ruisseau des Cavets, avant de poursuivre hors sentier. En prenant l'orientation nord-ouest; un replat herbeux est rejoint. Nous enfilons baudriers et casques rapidement. Sous la ligne de crête, une large pente herbeuse puis schisteuse doivent être surmontées. La progression est instable et désagréable, au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'arête.

 

Une fois sur le fil, la suite du cheminement parait évidente. La crête est débonnaire sur sa première partie et relativement large. Petit à petit, cette dernière s'épure et devient aérienne. Derrière nous, les lacs de la Gittaz et de Roselend apparaissent l'un à côté de l'autre. Le Mont Pourri domine l'horizon, en direction du sud. Vers le nord, c'est la partie méridionale du massif du Mont-Blanc qui trône ! Vers l'altitude 2640, la montagne est sectionnée en deux par une brèche. Il est ici nécessaire de désescalader en face est pour pouvoir poursuivre.

La cime est de nouveau fracturée, et cette fois-ci par une brèche plus large. Il s'agit de la porte d'entrée du couloir, où la descente en rappel s'effectuera. Avant de rejoindre le haut de l'entaille en question, il est nécessaire de réaliser une désescalade très délicate, toujours en versant oriental. Nous trouvons un relai sommaire, utile pour gagner le haut de la brèche. À cet endroit, je constate que l'accès au véritable point culminant, 30 mètres en amont, est totalement improtégeable et trop exposé. Dans ces conditions, la pente est excessive et la montée serait rendue encore plus délicate par les nombreux schistes entreposés. Étant donné qu'il est obligatoire de redescendre par le même endroit, le retour relèverait du suicide.

Mon ami étant d'accord, nous débutons donc notre retour à la civilisation. J'attaque le premier rappel, entre les parois rocheuses et un grand névé, obstruant de manière gênante ces lieux étroits. Avec une corde longue de 60 mètres, 30 mètres de rappel sont possibles. Je loupe volontairement le second relai. En bout de corde, je décide de continuer à pied pour rejoindre le troisième relai (le terrain peu raide me permettant de le faire). Stéphane en fait de même. Le quatrième rappel, vertical, constitue le seul obligatoire de la ligne. De nombreuses chutes de pierres sont provoquées durant nos passages, heureux d'être l'unique cordée aujourd'hui...

Les difficultés derrière nous, je range la corde. Nous faisons un court détour par le col des Chasseurs. Celui-ci offre une belle vue sur le val Montjoie, ainsi que sur le massif du Mont-Blanc. La descente jusqu'au plan de la Gittaz débute hors sentier, à flanc du sommet gravi. Elle se perd ensuite dans des pentes herbeuses, assez raides. Il est difficile de cerner le passage le plus commode. Je propose à Stéphane de descendre jusqu'au fond de la vallée (alimenté par un ruisseau), puis de remonter au chalet de la Laichère. Une fois cette étape passée, il ne reste plus qu'à suivre le sentier débouchant au point de départ.

 

Cette sortie, réalisée en boucle, est un mélange intéressant entre randonnée sérieuse et manipulations de corde. Elle ravira les débutants en matière d'alpinisme, ou les personnes cherchant un cadre magnifique et sauvage. À recommander vivement !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".