Aiguille du Tour (3542m)

02 juin 2012, Mont-Blanc, France

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : le Tour

Orientation principale : sud-ouest

Cotation alpinisme : F

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 2060 mètres

Fréquentation : très fréquenté

Compagnon : Pierre Credoz

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

L’Aiguille du Tour est une montagne qui se dresse au nord du massif du Mont-Blanc. Elle est composée de deux sommets distincts, le méridional et le septentrional, culminant tous les deux à 3540 mètres environ. Situés entre les glaciers du Tour et du Trient, ils sont proches de la frontière franco-suisse. Cette position géographique en fait de magnifiques points de vue sur les cimes voisines, mais aussi sur l'ensemble des Alpes pennines. L'ascension de la pointe sud, la plus facile, peut être divisée en deux jours, en dormant au refuge Albert 1er ou à la cabane du Trient.

 

La voie normale de l'Aiguille du Tour méridionale constitue une bonne course d'initiation. D'ailleurs, elle se présente comme l'une des plus aisées et fréquentées du massif. L'itinéraire combine un magnifique parcours glaciaire avec une courte escalade rocheuse, sous le point culminant. Avec Pierre, nous voulons réaliser cette montée en un jour. Ayant gravi Tête Blanche juste à côté, je connais d'ores et déjà une grande partie du chemin. Cela nous facilitera l'orientation en pleine nuit.

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je récupère mon ami à Annemasse. Il est deux heures du matin lorsque nous arrivons au village du Tour. Cette nuit, la Lune est pleine, elle pourrait presque nous faire éteindre les lampes frontales. Prêts à entamer cette longue journée, nous commençons la marche d'approche tranquillement, le long des remontées mécaniques. Les chalets de Charamillon sont gagnés peu de temps après. Il est ensuite nécessaire d'opter plein est pour suivre le sentier du lac éponyme.

 

À proximité de l'étendue d'eau, nous partons cette fois-ci plein sud, toujours en suivant un chemin balisé. Cependant, ce dernier est désormais encombré d'une multitude de névés. Plus haut, nous longeons le Bec du Picheu, en obliquant vers le sud-est. C'est ainsi que la moraine du glacier du Tour est rejointe. Le terrain, maintenant totalement enneigé, se raidit significativement. Je propose à Pierre de sortir piolets et crampons. Sous le refuge Albert 1er, des cordes fixes sont présentes pour sécuriser son accès.

 

Sur la terrasse de la bâtisse, je suis témoin d'un magnifique lever de soleil. L'Aiguille Verte et l'Aiguille du Chardonnet prennent leurs teintes roses matinales. Le massif des aiguilles Rouges, dominé par le Buet, se dévoilent au nord-ouest. Ici, une petite pause s'impose. Une fois les batteries rechargées, nous remontons ensuite la rive droite du glacier du Tour. En amont, la silhouette de l'Aiguille du Tour entre en jeu ! Nous nous encordons pour la suite.

 

La prise de hauteur sur le glacier est facile et très agréable. Les traces présentent sur la neige, formées par les anciens passages d'autres alpinistes, facilitent l'orientation et la progression. En contournant notre l'objectif sur sa droite, nous devons viser un couloir neigeux évident, aboutissant au col Supérieur du Tour. Une fois cerné, son escalade propose une pente raide en bonne neige. Encore une fois, "l'escalier" présent nous permet d'avancer rapidement et sans trop d'effort.

 

En plein soleil au col, nous découvrons l'immensité du massif des Alpes pennines, en face ! Ce paysage montagneux est à couper le souffle ! Plus proche de nous à droite, la Tête Blanche et la Grande Fourche entrent également en jeu. Il faut désormais se diriger vers le nord, en laissant l'Aiguille Purtscheller à gauche. Un peu plus loin, le col éponyme nous permet de contempler le Mont Blanc et les Drus, qui s'alignent parfaitement. Une rimaye doit être franchie, avant d'accéder à la partie terminale de la course. Il s'agit d'une section rocheuse facile, proposant une escalade ludique.

 

Les 3542 mètres du sommet sud sont sous nos pieds ! La vue centrale qu'il offre est somptueuse ! Le sommet nord de l'Aiguille du Tour apparait droit devant. À sa gauche, la chaine des Dents du Midi composent l'horizon. À sa droite, les géants suisses se dressent sans égal. Entre autres parmi eux; je reconnais le Weisshorn, le Cervin la Dent Blanche, le Mont Blanc de Cheilon et le Grand Combin. Au sud, l'Aiguille du Chardonnet, l'Aiguille Verte et le Mont Blanc nous écrasent.

 

Après une belle pause tout là-haut, il est temps de revenir à la civilisation. Successivement, nous désescaladons la partie rocheuse. S'en suit la traversée jusqu'au col Supérieur du Tour, ainsi que sa descente. Sous des températures élevées, nous retrouvons le refuge Albert 1er. Le retour jusqu'au village du Tour est long et éprouvant. Nous empruntons la combe de la Vormaine, jugée plus directe. En prenant notre mal en patience, le parking est gagné tôt dans l'après-midi.

 

L'Aiguille du Tour permet au plus grand nombre de pouvoir jouir d'un panorama somptueux, sur les plus beaux sommets alpins. Elle est idéale pour faire un premier pas dans le monde de l'alpinisme.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".