Aiguille du Peigne (3192m)

21 septembre 2012, Mont-Blanc, France

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : Plan de l'Aiguille

Orientation principale : sud-ouest

Cotation alpinisme : AD

Engagement : III

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 850 mètres

Fréquentation : non fréquenté

Compagnon : Nicolas Condevaux

 

 

Présentation du sommet

 

 

L'Aiguille du Peigne est une montagne appartenant au massif du Mont-Blanc. Son nom proviendrait de la forme dentelée de son arête sommitale. Elle désigne l'une des nombreuses aiguilles de Chamonix, ensemble de cimes rocheuses dominant la capitale mondiale de l'alpinisme. Localisé face à l'impressionnante face nord de l'Aiguille des Pélerins, le Peigne est constamment plongé dans l'ombre. Il est possible d'effectuer son ascension en un jour grâce au téléphérique de l'Aiguille du Midi, en s'arrêtant à la station intermédiaire du Plan de l'Aiguille.

 

La voie normale représente déjà une ascension sérieuse et relativement technique. La proposition de mon ami Nicolas, consistant à gravir ce sommet, m’a semblé très intéressante. Il faudra adopter un rythme rapide car tous les itinéraires sur la montagne sont réputés pour être longs et complexes. Ne dormant pas au refuge du Plan de l'Aiguille, construit à proximité, nous ferons tout notre possible pour être rapide et efficace.

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Arrivés au Plan de l'Aiguille, à 2317 mètres d'altitude, nous apercevons déjà l'objectif. Ce dernier apparait comme une montagne sombre et austère ! Après une courte marche d'approche d'une demi-heure, sur le sentier du refuge des Grands Mulets, le terrain devient morainique. Nous franchissons le névé du Peigne, avant de gagner la base du couloir des Papillons. Celui-ci est composé essentiellement de gradins, faciles à escalader. Il se corse au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur.

 

À son sommet, nous nous encordons pour réaliser une traversée sur vire, rejoignant la fin de l'arête des Papillons. Je commence en tête puis j'assure mon collègue. Sur le fil, les difficultés et l'exposition augmentent significativement. D'un meilleur niveau que le mien, Nicolas passe devant. Le vide se fait omniprésent, l’ambiance haute montagne est au rendez-vous ! L'arête surmontée, nous rejoignons des dalles recouvertes de neige. N’ayant pas pris de crampons, les névés rendent l'avancée délicate. Nous posons quelques coinceurs et sangles pour notre sécurité. Après avoir contourné le gendarme 3009 par sa droite, nous remontons une pente bien enneigée, conduisant naturellement à la brèche 3043.

 

Enfin au soleil, la sensation d'isolement est très fort. En effet, nous nous trouvons seuls au monde, en plein cœur des aiguilles de Chamonix. J'ai l'impression d'être prisonnier par les immenses parois sombres et verticales des environs. L’Aiguille des Pèlerins droit devant et le sommet du jour sur notre gauche, nous sommes cernés de part et d'autre. Une traversée technique s'impose, sur les contreforts de l'arête sud-ouest du Peigne. La progression, à flanc de rochers, est très aérienne.

 

Plus haut, nous arrivons au col du Peigne, perché à plus de 3100 mètres d'altitude. La vue se dégage sur les autres aiguilles de Chamonix, trônant plus à l'est. Parmi elles (de gauche à droite), je reconnais les silhouettes de l'Aiguille de Blaitière, de l'Aiguille des Ciseaux et de l'Aiguille du Fou. Une courte halte s'impose, avant de gravir la section la plus difficile de la course. Il s'agit d'une cheminée en IV+. N'ayant qu'une paire de chaussons d'escalade pour deux, je prête la mienne à Nicolas qui s'apprête à partir en tête.

 

Après avoir négocié les 70 mètres de grimpe, nous atteignons le sommet du Peigne ! Ayant été concentrés durant toute la montée, nous n'avons pas vu l'heure tournée. Il est déjà 15 heures. De plus, le mauvais temps s'installe petit à petit. J’aperçois d'ores et déjà des orages sur le Dôme du Goûter. Nous n'avons plus le choix. Il est primordial de redoubler d'efficacité et ne pas traîner ici, la situation est loin d'être rassurante.

Nous devons revenir au col du Peigne, en deux rappels. Nicolas descend en premier. Je le rejoins au relai, puis essaye de tirer la corde pour attaquer le second rappel. Celle-ci se coince malencontreusement entre deux rochers, situés en amont. Pressés car stressés par le mauvais temps qui arrive, il faut néanmoins garder son sang froid pour être le plus efficace possible. Nicolas m’aide à décoincer le précieux outil, avant de continuer à descendre. La grêle fait son apparition lorsque nous contournons à nouveau le gendarme 3009. Un dernier rappel est nécessaire pour rejoindre le couloir des Papillons.

 

De retour sur la terre ferme, nous suivons le sentier menant au Plan de l'Aiguille. La tension baisse grandement, les dangers étant derrière nous. Il est 21 heures, inutile de préciser que le téléphérique ne fonctionne plus depuis un moment. Nicolas a heureusement pensé à sa lampe frontale. Pour ma part, il faudra que j'utilise la lumière de mon téléphone pour revenir à la civilisation. Nous passons à proximité du refuge du Plan de l'Aiguille, avant d'emprunter l'interminable chemin de la forêt des Grands Bois. Ce dernier nous conduit à Chamonix, et plus précisément au parking du Grépon. Garés dans le centre, nous retrouvons la voiture vers 23 heures.

 

Même si la distance à parcourir et le dénivelé sont faibles, la voie normale de l'Aiguille du Peigne est une longue course rocheuse. Il est très facile de perdre du temps quant à la recherche d'itinéraire.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".