Aiguille du Belvédère (2965m)

23 septembre 2012, Haut-Giffre, France

 

Itinéraire : voie normale

Configuration : aller-retour

Départ : col des Montets

Orientation principale : sud-ouest

Cotation alpinisme : PD-

Engagement : II

Place dans la cordée : en tête

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1560 mètres

Fréquentation : peu fréquenté

Compagnons :

  • Mathilde De Rancourt

  • Pierre Credoz

Présentation du sommet

 

 

L’Aiguille du Belvédère représente le point culminant des Aiguilles Rouges. Jouissant d'une position centrale au sein du Haut-Giffre, elle constituerait (comme son nom l'indique) un magnifique point de vue sur les alentours, notamment sur le massif du Mont-Blanc. Elle est généralement gravie en un jour grâce au téléphérique de la Flégère qui écourte la marche d'approche, emmenant les alpinistes à 1870 mètres d'altitude. Il est également possible de réaliser l'ascension depuis le col des Montets, où les prétendants au sommet ont la possibilité de s'arrêter au refuge du lac Blanc.

 

Sa voie normale s’apparente plus à de la randonnée qu’à de l’alpinisme, avec cependant quelques brefs passages d'escalade. Cette montagne m'attirait tout particulièrement, après m'être rendu au célèbre lac Blanc, où la vue est déjà somptueuse. En étant plus haut, elle ne devrait qu'être plus belle, impressionnante et aérienne. Je propose à mes amis Pierre et Mathilde de réaliser cette course en partant très tôt, afin de profiter des lumières et des températures matinales.

 

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Après avoir co-voituré ensemble, nous gagnons le col des Montets en voiture, vers quatre heures et demi du matin. Ayant pour ma part randonné jusqu'au lac Blanc, je guide sans problème mes compagnons sur le sentier de la Remuaz. La première partie de l'approche est raide et s'effectue parfois sur des marches, taillées pour faciliter la progression. À la lumière de nos lampes frontales, nous avançons dans un silence nocturne agréable.

 

L'aurore pointe le bout de son nez lorsque les esthétiques lacs de Cheserys sont gagnés. Les plus hautes cimes du massif du Mont-Blanc, toujours enneigées, rossissent dès les premières lueurs matinales. Vers 2200 mètres d'altitude, le paysage est d'ores et déjà idyllique. L'Aiguille du Chardonnet, l'Aiguille Verte, les Drus, les Grandes Jorasses, la Mer de Glace, les Aiguilles de Chamonix et le Mont Blanc trônent comme des rois juste en face, plus au sud.

Des échelles sont présentes pour faciliter la progression, en aval du célèbre lac Blanc. Au bord de celui-ci, Mathilde décide de s'arrêter là car fatiguée. Nous continuerons donc seuls avec Pierre pour l'Aiguille du Belvédère, perchée 500 mètres en amont. Il est d'ici difficile de cerner la suite du parcours pour atteindre son sommet. Une pause photo s'impose, avant de reprendre cette belle ascension.

 

Il est désormais nécessaire de contourner l'étendue d'eau par le nord-ouest, afin de rejoindre des gradins rocheux. Au beau milieu d'un univers très minéral, la progression est pénible. S'en suit la courte traversée du glacier des Dards, ou du moins ce qu'il en reste, se localisant au pied de notre objectif. Nous chaussons les crampons puis les retirons juste après. Nous gravissons ensuite un immense éboulis, précédant le col des Dard. C'est ce dernier qui donne accès à l'arête rocheuse de l'aiguille, à environ 2800 mètres d'altitude. Le fil se dessine à droite et s'avère esthétique. La corde est maintenant nécessaire pour avancer, de courts passages d'escalade devant être négociés.

 

Un couple est également sur place mais sans équipement. La fille ne voulant pas continuer, je propose à son ami de venir sur notre corde pour lui offrir le sommet. À trois désormais, nous contournons un gendarme avant d'arriver au passage clef de la course: une cheminée facile de 12 mètres à gravir. Je pars en tête puis j’assure mes deux collègues. En amont, il est nécessaire d'emprunter une section exposée, composée principalement de vires et de dalles inclinées. Nous faisons le tour du bastion calcaire sommital, et gagnons un itinéraire plus facile, situé sur le versant nord-est.

 

J'aperçois enfin le cairn matérialisant le point culminant, défi relevé ! À 2965 mètres d'altitude et à cet endroit précis, la vue sur les massifs du Mont-Blanc et du Haut-Giffre est imprenable. D'ici, toutes les hautes cimes du secteur sont visibles. De l'Aiguille du Chardonnet à celle de Bionnassay, en passant par la Mer de Glace et les Grandes Jorasses, il serait difficile de compter toutes les montagnes trônant plus au sud. Le lac Blanc, en aval, ressemble à une minuscule flaque d'eau. Il fait chaud et le vent est timide, parfait pour profiter du panorama unique dont nous sommes témoins.

 

Nous redescendons par le même itinéraire, sans rencontrer de difficultés majeures. Un rappel, facultatif mais sécurisant, est le bienvenu pour descendre la cheminée. Nous souhaitons une bonne descente à notre nouvel ami, qui retrouve sa copine au col des Dards. Quant à Pierre et moi, nous rencontrons Mathilde au lac Blanc, où nous faisons une pause avant de rejoindre la voiture.

 

L’Aiguille du Belvédère possède bel et bien l'un des meilleurs points de vue que l'on puisse avoir du coin. Cette montagne est une valeur sûre pour les amateurs d'alpinisme ludique, sans grand engagement ni difficulté technique.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".