Aiguille des Sasses (3014m)

14 avril 2019, Alpes pennines, Suisse

 

Récit de l'ascension

 

 

Retrouvant la troupe à Martigny, nous nous suivons et arrivons sur les hauteurs de la Fouly. Par l'enneigement actuel très maigre, nous parvenons à monter en voiture jusqu'aux alpages des Ars Dessous. C'est sous des températures glaciales, accentuées par une forte bise, que nous nous préparons. Cette souffrance est vite oubliée lorsque nous regardons en direction du Mont Dolent, captant déjà le soleil et prenant ses teintes rosées matinales !

 

Le départ est donné vers huit heures et demi, skis sur le sacs. Après dix minutes de portage, la neige fait son apparition, nous permettant de progresser désormais skis aux pieds. Nous prenons de la hauteur en rive droite de la Dranse de Ferret, en évitant quelques parties gelées, et gagnons sans problème l'alpage du Mont Percé. Lorsque je me retourne pour contempler le paysage, je m'émerveille devant la Tsavre, sommet élancé également connu sous le nom de Mont Ferret.

Sous les contreforts du Mont Fourchon, perché juste en face, il est nécessaire d'obliquer sud-ouest pour rejoindre les Taves du Mont Percé. Le Grand Golliat et sa face nord-est, découpée par ses nombreux couloirs, surgit au fond du vallon ! Quelques conversions plus tard, nous contournons une barre rocheuse sur la gauche et prenons pied sur le glacier des Angroniettes. D'ici, l'itinéraire que nous allons skier parait totalement vertical.

Nous voici au pied de l'immense couloir nord-est. Skis sur le sac et crampons aux pieds, il est l'heure de remonter les 500 mètres de dénivelé sur une pente inclinée à plus de 40 degrés. Xavier, le plus en forme, passe devant et trace l'itinéraire. Au fur et à mesure que l'on remonte, le vent s'accentue et le ciel se couvre. Sur la partie supérieure du couloir, quelques rochers doivent être esquivés pour gagner la brèche. D'ici, nous déposons les skis et suivons une arête d'abord neigeuse, puis rocheuse qui aboutit à l'antécime nord-ouest.

Au sommet de cette dernière, nous constatons que le véritable sommet n'est accessible que par un cheminement dangereux et exposé. En effet, une couche de glace a recouvert les rochers. C'est décidé, nous nous arrêtons ici. Les dix mètres supplémentaires ne valent pas ce genre de risque. Le vent intense nous pousse à redescendre rapidement et à entreprendre prudemment la désescalade de l'arête.

Revenus aux skis, nous chaussons et plongeons dans l'immense couloir. Les virages sautés s'enchainent, la pente est raide ! La concentration doit être maximale, la neige est dure et une faute de carre pourrait faire mal. Revenus sur le glacier des Angroniettes, nous nous laissons glisser quasiment jusqu'à la voiture, sous un jour blanc.

 

Le couloir nord-est du Grand Golliat est un itinéraire somptueux ! Malgré une longue approche et une montée soutenue, les skieurs seront récompensés par un paysage grandiose et une descente d'ampleur !

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".