Aiguille de la Vanoise (2796m)

09 juillet 2018, Vanoise, France

 

Itinéraire : traversée est >> ouest

Configuration : boucle

Départ :  Pralognan, les Fontanettes

Orientation principale: sud

Cotation alpinisme : AD-

Engagement : II

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 1140 mètres

Fréquentation : non fréquenté

Compagnons :

  • Guillaume Houard

  • Sandie Houard

Présentation du sommet

 

 

L'Aiguille de la Vanoise est un sommet emblématique du massif éponyme, perché au beau milieu d'un cirque de haute montagne. Au nord-est, la cime est cernée de près par la Grande Glière et la Grande Casse, point culminant du département de Savoie. Au sud, c'est la Pointe de la Réchasse et les Dômes de la Vanoise qui cloisonnent la vue. Le refuge du col de la Vanoise, anciennement appelé refuge Felix Faure, est construit très proche de l'Aiguille au sud-est. Sa face nord, haute de 400 mètres par endroits, propose des grandes voies d'escalade techniques.

 

Sa traversée d'est en ouest est réputée pour sa beauté, plus modeste en termes de difficultés. Cet itinéraire rocheux se déroulerait sur un terrain d'abord facile, alternant vires et ressauts, jusqu'au sommet est. S'en suivrait une section d'arête plus intéressante, très aérienne et bien équipée jusqu'au sommet occidental. Ce parcours d'alpinisme est devenu un grand classique du secteur. Désirant profiter d'une belle journée estivale annoncée, je propose cette course à mon ami Guillaume.

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Je retrouve mes amis Sandie et Guillaume à Bassens, à proximité de Chambéry. Ensemble, nous gagnons les hauteurs de Pralognan-la-Vanoise, et plus précisément le grand parking des Fontanettes. Il est neuf heures du matin, le temps est au beau fixe. Nombreux sont les randonneurs qui s'activent pour partir. Un hélicoptère fait des va-et-vient, rendant l'ambiance paisible de moyenne montagne quelque peu sonore.

Les premiers mètres de dénivelé sont effectués sur une piste de ski, sous le télésiège du Génépi. Sur la gauche de celui-ci, nous trouvons un sentier bien plus joli, se dessinant dans un sous-bois aéré. C'est ici que Sandie nous quitte, voulant débuter sa journée à rythme tranquille. Elle a pour but de randonner vers le col Rosset, à proximité du Mont Bochor. Nous la retrouverons après avoir effectué notre course.

Je suis donc Guillaume de près, à bonne vitesse. En amont de la partie boisée, le paysage apparait droit devant ! De gauche à droite au loin, je reconnais les silhouettes massives de la Grande et de la Petite Glière, ainsi que celle de la Grande Casse. Juste devant le point culminant du massif trône l'Aiguille de la Vanoise, sous son meilleur angle ! Difficile de s'imaginer là-haut dans quelques heures... Nous laissons le refuge des Barmettes sur notre droite puis traversons le torrent de la Glière par le pont du même nom, construit juste derrière la bâtisse susmentionnée.

 

S'enchaine l'ancienne route du sel, reliant Pralognan à Termignon par le col de la Vanoise. Cette dernière, utile pour les muletiers de l'époque, est devenue un chemin historique du parc national. Le large sentier est cerné de parts et d'autres par des murs en pierre, rendant cette marche d'approche très esthétique. Nous dépassons un nombre incalculable de promeneurs, de tout âge. Plus au nord-ouest, j'aperçois le chalet des Gardes, perché sur sa bute et dominant une cascade. En amont, nous longeons le fleuve puis empruntons le pont du Chanton. Nou serpentons ensuite au milieu d'alpages verdoyants, contrastant parfaitement avec les glaciers de la Grande Casse.

Le magnifique lac des Vaches est rejoint, reflétant l'imposante silhouette de la montagne citée précédemment. À droite, c'est la sombre et austère face nord de l'Aiguille de la Vanoise qui domine. Nous traversons l'étendue d'eau, par des dalles entreposées en son milieu. Le spectacle est grandiose, impossible de laisser l'appareil photo dans son étui ! L'un après l'autre, nous profitons de cet instant privilégié, avant de rejoindre le sentier de randonnée plus loin. Le terrain se raidit et devient de plus en plus minéral. 

 

Une courte pause s'impose, à proximité du lac Long. Après avoir mangé et bu, nous longeons sa rive occidentale, encore occupée par de larges névés. Au point côté 2498, le versant méridional de l'Aiguille de la Vanoise est en visuel. Nous devons, pour gagner le fil de l'arête, surmonter au mieux le couloir le plus à droite. Nous prenons de la hauteur sur un cône d'éboulis, raide et instable. Presque à quatre pattes, la progression est peu agréable mais efficace.

En haut du pseudo couloir se trouvent deux bâtons de marche, indiquant le début de l'itinéraire. Désormais encordés, je prends la tête puis franchis le premier obstacle. S'en suit une petite traversée au dessus des versants est et nord. Revenus dans la face sud, vires et cheminées sont gravies. Quelques goujons sont présents pour sécuriser la progression, ainsi que pour me guider. Après une courte désescalade, Guillaume passe en tête. Des vires, entrecoupées de ressauts sont surmontés à nouveau en face septentrionale. Nous arrivons sur le fil, plutôt large et facile, où le sommet oriental fait son apparition droit devant.

Au milieu des pentes d'herbe, le premier point culminant est timidement marqué par un cairn. Le vent se lève, une petite couche en plus sur les épaules n'est pas de refus. Nous empruntons une sente, dominant la face sud. Cette dernière aboutit à des dalles rocheuses inclinées. Très impressionnantes, elles offrent une magnifique ambiance aérienne. La section est si fine qu'il est nécessaire de prendre l'arête à pleines mains, en posant les pieds en adhérence sur la roche ! Elle est cependant bien équipée, un goujon est présent tous les 10 ou 15 mètres. Deux petits gendarmes doivent être gravis sur le fait.

Le sommet occidental de l'Aiguille de la Vanoise est rejoint vers midi et demi. Toujours derrière nous, la Grande Casse domine le reste. À sa gauche, la Petite et la Grande Glière trônent dignement. Au sud, la Pointe de la Réchasse découpe l'horizon. Heureux d'avoir atteint l'objectif, les difficultés ne sont pas pour autant terminées. En effet, la descente de l'Aiguille de la Vanoise est réputée pour être déroutante, où concentration et recherche d'itinéraire sont primordiaux.

Il est donc temps de revenir sur le plancher des vaches. Tout d'abord, il est nécessaire de rejoindre une croupe herbeuse droit devant, par une sente facile mais aérienne. Cette dernière se transforme donc en une plateforme, masquant le reste du parcours à descendre. La prochaine étape est de progresser plein ouest, jusqu'à retrouver un terrain rocheux et escarpé. Mon ami, bien plus à l'aise que moi en désescalade, propose de me mouliner sur les parties techniques.

 

Ainsi, je me laisse descendre, tout en mousquetonnant les goujons que je rencontre. Nous restons donc attachés à la montagne, en sécurité. J'assure Guillaume pendant sa désescalade; parfois à l'épaule, parfois au demi-cabestan. Un pas plus raide, équipé d'une main courante, est abordé. Plus bas, nous quittons le fil de l'arête puis entrons prudemment dans le versant sud. Guillaume me mouline encore sur 20 mètres, le temps que je trouve le relai pour revenir sur un terrain facile. Il me rejoint, avant que l'on fasse un rappel d'une autre vingtaine de mètres.

Désencordés, nous marchons sur quelques vires plus à gauche. En contrebas, deux séries de barres rocheuses sont esquivées par une sente discrète. Nous retrouvons Sandie à proximité du lac des Assiettes, heureuse du tour qu'elle a réalisé. Pas loin de 1700 mètres de dénivelé positif pour sa part, nous sommes battus d'environ 500 mètres. Une halte est nécessaire, afin de retrouver des forces et de profiter de l'instant présent.

 

Ensemble, nous perdons de la hauteur dans l'esthétique vallon de l'Arcelin, décoré de gorges et de cascades. Au printemps, celui-ci accueille le fleuve éponyme, totalement sec aujourd'hui. À gauche, nous laissons successivement les aiguilles de l'Arcelin, puis l'imposant Grand Marchet. Nous revenons au parking des Fontanettes, sous une chaleur écrasante, vers les 16 heures.

La traversée de l’Aiguille de la Vanoise est sublime, elle offre une escalade ludique dans un cadre de haute montagne. Parcours bien équipé sur les parties techniques; il ravira tous les alpinistes, amateurs ou confirmés. Dans le sens opposé à celui qu'on vient de réaliser, l'ascension deviendrait plus difficile.

Carte

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".