Aiguille Centrale du Soreiller (3338m)

23 août 2017, Écrins, France

 

Itinéraire : arête sud

Configuration : aller-retour

Départ : refuge du Soreiller

Orientation principale : sud

Cotation alpinisme : PD

Engagement : II

Place dans la cordée : réversible

Conditions rencontrées : bonnes

Dénivelé positif : 630 mètres

Fréquentation : non fréquenté

Compagnon : Déodat Richard

 

 

 

Présentation du sommet

 

 

L'Aiguille Centrale du Soreiller est une montagne appartenant au massif des Écrins, culminant à 3338 mètres. Elle fait partie d'un trio de sommets distincts homonymes, l'Aiguille Orientale en étant le point culminant. Quant à la Centrale, c'est elle qui domine de près la cime phare du coin: la célèbre Aiguille Dibona trônant légèrement plus au sud. L'arête méridionale de la Centrale est reliée à la nord de la Dibona et sont séparées par les Clochetons Gunneng, proéminences rocheuses se dressant entre elles.

 

Il s'agit de cette arête sud, évoquée précédemment, qui est l'itinéraire le plus facile. Sa marche d'approche est commune avec la voie normale de la Dibona. Dans sa version intégrale, les difficultés débutent à la brèche des Clochetons. Dans sa version raccourcie, elle peut se rejoindre plus au nord, en franchissant quelques gradins sur ses contreforts occidentaux. Ayant gravi la Dibona la veille, nous partirons directement du refuge du Soreiller ce jour-ci, pour tenter la version intégrale.

 

 

Galerie

Récit de l'ascension

 

 

Nous nous réveillons au gite vers six heures et demie du matin, à une altitude égale à 2719 mètres. Après une nuit réparatrice, le petit-déjeuner est pris dans la salle à manger. Dehors, la météo semble très bonne, nous donnant une grande motivation pour débuter l'ascension. Connaissant déjà la marche d'approche, ayant été notre voie de descente de la veille, l'orientation n'en sera que facilitée.

 

En prenant la direction de l'ouest, nous gagnons le signal du refuge, repère rectiligne trônant plus loin. L'impressionnante face sud de la Dibona est ainsi contournée. Désormais, il est nécessaire de remonter une sente au nord, serpentant entre de nombreux éboulis. La pente se fait raide et le terrain n'est pas des plus commodes. En amont vers l'est, une série de gradins doit être surmontée. Une fois les obstacles franchis, il est possible d'écourter l'arête sud en continuant vers le nord, sous les contreforts ouest de la Centrale du Soreiller. Nous préférons cependant rallonger quelque peu la sortie, en gagnant la brèche des Clochetons.

Le lieu susmentionné rejoint, nous nous y encordons. C'est ici que la voie du Nain s'achève, ayant été le programme de la fabuleuse journée d'hier. Le soleil pointe le bout de son nez et réchauffe l'atmosphère. Déodat passe en tête. Facilement, nous progressons sur le fil rocheux, parfois très fin et esthétique. Rapidement, nous rattrapons l'itinéraire classique, débutant depuis le versant occidental. L'arête se transforme ici en un large plateau rocheux.

Je passe en premier dans un couloir, composé de rochers gris. Ce dernier offre une escalade ludique et aboutit à une terrasse. Déodat, meilleur grimpeur que moi, repasse en tête et escalade une partie bien plus technique sur dalle. Il installe ensuite un relai en amont et m'assure du haut. Le crux est désormais droit devant et s'apparente à une autre dalle plus grande, finissant à un ultime relai chainé. L'ascension s'achève sur un segment d'arête en amont, entouré par un abime considérable.

 

Le sommet de la Centrale, étroit et très aérien, est gagné vers 11 heures. La vue sur le massif des Écrins y est tout bonnement superbe ! Le Grand Pic de la Meije trône au nord-est et me donne des idées quant à mes futurs projets alpins. Au sud-est, c'est l'immense Barre des Écrins qui domine. À l'ouest, l'Aiguille du Plat de la Selle se dresse sans aucune rivalité alors qu'au sud, les Rouies, la Tête des Fétoules et l'Olan découpent l'horizon.

Après maintes photos, il est temps de revenir sur nos pas. Nous retraversons l'arête sommitale très prudemment, avant de revenir au relai, légèrement en aval. Un rappel de 60 mètres plus tard (permettant de descendre entièrement la dalle terminale), nous retrouvons un autre relai relativement solide. Je décide de continuer en rappel, alors que Déodat préfère désescalader.

Une pause s'impose, en aval du couloir en rochers gris, pour reprendre des forces. Gradins et éboulis de l'approche descendus, nous récupérons les quelques affaires laissées au refuge du Soreiller, avant de rejoindre la combe de la Balme. Nous retrouvons ainsi la belle randonnée que nous avions fait deux jours auparavant, pour monter au gite. L'incroyable passage entre les gorges, (proche de l'Amas du Clot), les vires verdoyantes (dominant le ruisseau de l'Amont) et les nombreux lacets en amont du hameau des Étages sont enchainés efficacement.

L'Aiguille Centrale du Soreiller et son arête sud sont idéales pour réaliser une course ludique. Courte depuis le refuge, elle offre un rocher de qualité et quelques longueurs grimpantes. La vue au sommet sur le massif des Écrins est somptueuse !

N.B. Les légendes présentes dans les galeries désignent toujours les sommets les plus visibles, de gauche à droite.
Toutes les photos sont non retouchées et prises par Hugo Haasser ou ses amis, excepté celles de l'onglet "Projets".